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Perturbateurs endocriniens : il y en a dans les moutons de poussière !

Publié le 26 septembre 2011 par Bioaddict @bioaddict

Perturbateurs endocriniens : il y en a dans les moutons de poussière ! 

Les perturbateurs endocriniens (PE) sont des substances chimiques d'origine naturelle ou artificielle étrangères à l'organisme qui peuvent interférer avec le fonctionnement du système endocrinien et induire ainsi des effets délétères sur l'individu ou sur ses descendants. (définition de l'OMS, Organisation Mondiale de la Santé)

Les perturbateurs endocriniens se retrouvent partout, dans l'eau, dans le lait maternel, dans les aliments (viandes , produits transformés, fruits et légumes, céréales...), dans les produits cosmétiques, dans les médicaments, et au bout du compte dans nos organismes ou ils s'accumulent, en particulier dans les graisses.

Parmi les plus dangereux il y a les résidus de médicaments hormonaux, les oestrogènes de synthèse comme le diethystilbestrol (DES), les pesticides organochlorés (chlordécone), le bisphénol A contenu dans les biberons et dans le revêtement intérieur des boîtes de conserve et les canettes, les phtalates également utilisés comme plastifiant dans les biens de consommation et les dispostifs médicaux ( seringues jetables, matériel de perfusion dispositifs inplantables), le nonylphénol utilisé comme additif des plastiques, le tributylétain, les dioxines, les PCB, les produits chimiques utilisés comme filtres anti-UV, le paraben, les antioxydants employés dans les cosmétiques, les produits utilisés comme conservateurs dans les aliments, des produits chimiques bromés utilisés comme retardateurs de flammes dans le mobilier et les ordinateurs......


Les perturbateurs endocriniens sont partout. Une récente étude a analysé la poussière présente dans les intérieurs et montré quelle contiendrait de nombreuses substances nocives pour la santé, notamment des perturbateurs endocriniens.

"Les Européens passent en moyenne 90 % de leur temps dans des lieux clos, où l'exposition à des substances chimiques peut être mille fois plus importante que celle relevée à l'extérieur". Une introduction qui annonce la couleur de cette étude, rouge vif, pour alerter l'opinion. Intitulée "Home sweet home, des surprises poussiéreuses sous le lit", cette étude a été menée par plusieurs organisations environnementales dont Chemsec et la Sweedish society for nature conservation. Elle révèle que les poussières présentes en quantité plus ou moins importante sous nos lits, seraient nocives. Agissant comme un réservoir à produits chimiques, les moutons de poussière seraient ainsi est un bon indicateur des types de polluants auxquels nous sommes potentiellement exposés dans notre habitation.

Pour cette étude, les échantillons de poussières étudiés provenaient de 12 pays différents : 6 européens (Allemagne, Belgique, Hongrie, Italie, République Tchèque et Suède), 4 africains (Afrique du Sud, Kenya, Ouganda et Tanzanie), et 2 asiatiques (Malaisie et Philippines). NB : les chambres n'avaient pas été nettoyées depuis une semaine.

Résultat : la poussière contiendrait, entre autres, des perturbateurs endocriniens, nonylphénols et phtalates. Leur provenance ? Principalement les objets en plastique mais aussi les produits d'entretien, meubles, moquettes, peintures, produits électroniques et jouets pour enfants. Leur nocivité ? Toutes ces substances sont fortement suspectées d'affecter les systèmes endocriniens, provoquant des atteintes à la fertilité, des cancers ainsi que des troubles neurocomportementaux.

Problème : la ménagère le sait bien, les " moutons " de poussière s'accumulent souvent dans les endroits difficilement accessibles, notamment sous les meubles et les lits. D'ailleurs, l'étude fait remarquer que les enfants, qui respirent l'air ambiant à proximité du sol, sont alors plus exposés à ces substances toxiques que les adultes. Alors que l'autorité européenne de sécurité des aliments fixe un seuil acceptable de phtalates, l'étude constate qu'un bébé de sept kilos inhalerait 3,5 microgrammes par jour, au lieu des 2,45 recommandés.

En conclusion, le rapport rappelle les nombreux enjeux scientifiques et réglementaires du débat sur les perturbateurs endocriniens, comme les critères de définition même de ceux-ci et la nécessité d'établir de nouvelles méthodologies d'évaluation des risques qui prennent en compte les faibles doses et les effets cocktails. Or, l'Union Européenne peine à faire avancer de tels travaux dans des délais raisonnables. Selon les associations à l'origine de ce rapport, ils sont soumis à la pression des lobbies industriels.

Alicia Muñoz


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