Magazine Cinéma

Les millle et une vies fantasmées de A.

Par Isleene
Parfois, il arrive que le net soit un outil assez dangereux. On y trouve, entre autres, des pédophiles, arnaqueurs, des annonces de plan cul et des mythomanes. Aujourd'hui c'est à cette dernière catégorie que nous nous attachons.
Vous avez certainement entendu parler de l'histoire de Salomé/Odile. Pauvre jeune fille qui pendant des mois s'est faite passer pour une malade, une skieuse cancéreuse, qui finalement n'était ni l'une ni l'autre et qui a abusé de l'inquiétude et de la compassion des internautes. Elle avait un blog où elle exposait tous ses malheurs. Pour la suite je vous laisse lire ici et là si cette histoire vous intéresse.
Bref si j'introduis là dessus c'est parce que je vais vous raconter une autre histoire de mensonge sur le Net. Et ce pour plusieurs raisons :
1) mentir c'est mal (oui ça c'est la base de toute éducation en principe)
2) abuser de la compassion des autres c'est abject
3) s'inventer des problèmes quand d'autres qui y sont vraiment confrontés c'est un peu comme les fausses accusations de viols, ça ne fait que contribuer à mettre en doute la parole des vraies victimes
4) savoir et se taire c'est être complice.
Voilà pour la "leçon de morale". Maintenant passons au coeur de l'histoire.
Il y avait une fille, gentille, intéressante. Une fille normale quoi. Une fille que je connaissais finalement depuis peu, mais avec qui je m'entendais bien, que j'ai écouté me raconter ses problèmes de santé, m'expliquant que son médecin voulait la déclarer pro-anorexique alors même adorait une certaine enseigne américaine de fastfood. Elle me racontait ses malheurs de petite fille qui ne mangeait rien, ne dormait plus, mais n'avait jamais l'air fatiguée. Une fille adorable qui t'explique qu'en plus de tout ça, elle a une méchante tumeur, inopérable, et qu'il y a bien 90% de chance qu'elle ne passe pas Juillet (Je vous rassure on est en octobre et elle se porte comme un charme).
Elle a l'air courageuse, pas malade, mais elle dit se battre, c'est touchant, elle sait y faire sans jamais donner trop de détails, sait attirer la compassion, l'admiration aussi.
Quelque part, il y a aussi les doutes. Trop d'incohérences, mais c'est horrible, vraiment horrible de douter de la maladie de quelqu'un. A titre personnel, j'en ai parlé à une amie qui n'était absolument pas en relation avec elle, quelqu'un d'extérieur, quelqu'un qui pourrait me donner son avis sur la question sans a-priori. Nous tombons d'accord sur le fait, que quelque chose cloche. Mais sans parvenir à déterminer exactement quoi.
Puis un jour à mon retour de voyage à Perpignan, je la contacte, pour la voir, prendre un café comme à l'accoutumée. Et c'est là qu'à eu lieu, le fameux retournement de situation.
Elle m'annonce qu'elle se fait opérer quelques jours plus tard, que non, je ne peux pas venir la voir à l'hôpital, d'ailleurs, impossible de savoir quel hôpital, impossible d'avoir un numéro à joindre pour prendre de ses nouvelles "Ma mère aura mon portable, elle t'en donnera.
Une fois encore le doute. Puis en rassemblant les indices perdus ci et là, nous trouvons l'hôpital, j'appelle la veille de son opération, aucune personne à son nom n'y est entrée. Peut-être est-ce un autre hopital. Mais non. Le lendemain matin, cette lettre poignante est postée sur Voldemag j'appelle le service de recherche des malades des hôpitaux de Paris, là aussi je fais chou blanc. Je suis limite prête à appeler chaque hopital, un à un.
Ce n'est pas de l'acharnement juste le besoin de savoir. Parce que à titre personnel, je n'aime pas que l'on joue avec mes nerfs.
Elle me confirmera sur Twitter que oui c'est bien dans cet hôpital qu'elle est. Une réunion dans le coin, me décide le lendemain à aller en personne à l'hôpital.
Sur le chemin, dans le métro, un sms signé de sa mère arrive disant qu'elle a eu "des complications cardio-vasculaires, qu'elle est placée dans un coma artificiel pour la journée" et qu'elle se bat pour s'en sortir.
Une heure et demi plus tard, un second sms toujours signé de sa mère indique que tout est rentrée dans l'ordre qu'elle est "remontée dans sa chambre". Tout ceux qui connaissent un peu les hôpitaux peuvent sourire devant l'absurdité de cet enchaînement. Mais j'avoue qu'entre les deux, le temps de passer à l'hôpital, j'avais quand même une tension dans l'estomac. Parce que oui, si tout était vrai (il y avait toujours cette possibilité) j'étais inquiète.
Alors faisons simple. Au final elle n'était pas à l'hôpital, elle était chez elle tranquillement. Alors on se demandera comment je le sais? Simplement parce qu'après une « petite discussion" j'ai fini par passé la voir dans son appart. Il s'avère que tout cela était un énorme mensonge agrémenté de tant d'autres. Allant du père schizophrène à un pseudo parcours scolaire (qui peut vraiment croire que l'on demande à une étudiante en L1 psycho de pondre un mémoire de 180 pages sur les fous). Si ce n'était que cela, j'aurais probablement laissé filer et passé l'éponge. après tout les phases de dérapages ça existe. Tout le monde en a, elles se manifestent certes de manières différentes pour chacun mais qu'importe.
Mais après coup quelques mois plus tard, j'ai appris que ce n'était pas un "dérapage", mais une aventure inventée parmi mille autres et surtout des mensonges qui durent depuis plusieurs années.
L'avantage d'Internet c'est que l'on fini par rencontrer des connaissances de connaissances et ainsi de suite. Voilà pourquoi après d'autres rencontres j'apprends que la demoiselle, s'amuse à raconter qu'elle est morte une fois pendant une minute et est revenue à la vie parce qu'elle avait des personnes à protéger. Ou encore qu'elle avait des lien avec la mafia, des histoires de trafics et d'autres choses plus sordides encore que l'on évitera d'étaler ici. Certaines peuvent prêter à rire tellement cela relève de l'absurde voire du vaudeville. D'autres en revanche tirerais des larmes à une pierre, d'autres encore... bref.
Et si au final ce billet est posté, ce n'est pas dans l'optique de faire la morale à quiconque (je suis mal placée pour ça. Et puis personne n'est parfait )mais simplement parce je ne voudrais pas que d'autres personnes se fassent avoir.
La conclusion de cette triste affaire, (hormis qu'il y a ici assez de matière pour un scénario digne d'Hollywood) est certes qu'il faut se méfier des gens que l'on croise sur Internet, mais plus encore que dans cette histoire il n'y a malheureusement que des victimes. Une pauvre fille qui ne peut pas s'empêcher de mentir et ceux qui y ont cru.
Comme disait ma prof de philo : « C'est la naïveté qui guide le monde et qui le mènera à sa perte. »

Retour à La Une de Logo Paperblog

A propos de l’auteur


Isleene 4 partages Voir son profil
Voir son blog

l'auteur n'a pas encore renseigné son compte l'auteur n'a pas encore renseigné son compte