Magazine Humeur

Une petite «raffarinade» pour la route ?

Publié le 21 octobre 2011 par Kamizole

 Je ne sais s’il vous souvient que Jean-Pierre Raffarin - quand il fut 1er ministre de Jacques Chirac de 2002 à 2005 - multiplia les déclarations plus ineptes mais jubilatoires les unes que les autres dont la plus connue : «La route est longue mais la pente est rude»… j’en ai enregistré une sacrée secouée du même tonneau et il est franchement tordant de les relire. Le néologisme «raffarinade» fut construit selon le modèle «mazarinade» : libelles et autres pamphlets satiriques que firent courir pendant La Fronde les adversaires du Cardinal.

La création d'un néologisme à prétention satirique dépend à la fois de l’euphonie, de l’objectif que l’on veut atteindre et du détournement d’autres mots. Petit plaisir sémantique. Ainsi, j’ai créé «sarkonnerie» sur le modèle que j’avais utilisé pour «berlusconnerie». Référence évidente à connerie. En revanche, pour le verbe «sarkonner» c’est le verbe «jargonner» - en gardant bien entendu déconner à l’esprit - qui m’est venu dans le sens où il est utilisé par les orthophonistes s’agissant de patients atteints d’aphasie de Wernicke : ils parlent (beaucoup, très souvent) mais dans un langage totalement incompréhensible…

Or, hier soir en parcourant la Une du Monde avant de m’aller coucher, je vis ce titre qui me parut relever du registre des raffarinade : "Le PS s'est peut-être trompé de ligne d'arrivée" (20 oct. 2011). J’étais trop fatiguée pour faire autre chose que le noter sur mon bloc mais bien résolue à en tirer un article pamphlétaire.

Il s’agit d’un «chat» donc, la matière est riche mais je ne vous ferai pas languir davantage : la déclaration en question est plus longue - encore plus ridicule s’il est possible ! - et je vous la livrerais en totalité : «le Parti socialiste s'est peut-être trompé de ligne d'arrivée en choisissant un vainqueur en octobre plutôt qu'en mai», ajoutant : «Je pense que François Hollande est maintenant placé dans une situation difficile»…

Petit chef-d’œuvre de «non sens» mais comme Jean-Pierre Raffarin n’est pas britannique il ne s’agit pas d’un trait d’humour pince-sans-rire volontaire. Il nous fait le moquer mais à l’insu de son plein gré, ce qui n’est guère preuve d’intelligence.

Comme visiblement, il n’a fait ni Sciences-Po ni l’Ena (moi non plus d’ailleurs) je vais lui donner une rapide petite leçon de sciences politiques. L’élection du président de la République a bien lieu en avril et mai (pour le second tour) mais je défie tout parti politique de choisir son candidat en… mai. A ce stade, ce sont les électeurs qui choisissent, aurait-il perdu cela de vue ?

Or, les primaires ou la désignation d’un candidat par un parti politique ont nécessairement lieu plusieurs mois à l’avance, sinon comment mènerait-il campagne ? Certes, Nicolas Sarkozy a décidé de se déclarer le plus tard possible (sans doute pas avant janvier voire février) mais c’est un tout autre cas de figure et nous savons qu’il est en campagne permanente depuis (au moins) 2009. Je m’amuse au demeurant en lisant sous la plume de certains journalistes qu’il «battrait la campagne»... Or, cette expression s’utilise pour les élucubrations des fous !

D’ailleurs, Jean-François Copé ne disait-il pas être impatient de connaître le vainqueur de la primaire ? Pour mieux commencer à s’en servir de punching-ball, cela s’entend. Puisque Jean-Pierre Raffarin parle de «ligne d’arrivée» il me semble vouloir placer François Hollande dans la position d’un athlète qui resterait coincé dans ses starting-blocks au moment du coup de pistolet. Que cette idée l’enchantât nul doute mais qu’il n’attende pas que ni le PS ni François Hollande satisfassent à ses vœux. Comment ne pas rappeler une autre raffarinade «L'égalité est une ligne de départ» ?

Une campagne électorale ne s’improvise pas. Il faut mettre en ordre de marche le parti et l’équipe ou les équipes de campagne, préparer les grands axes de la campagne, rencontrer les alliés naturels et ceux qui le sont moins - étant entendu qu’il faut ratisser large selon l’expression consacrée, dans la mesure où il est de notoriété communément admise que l’élection présidentielle ne se gagne pas (ni à gauche ni à droite) en misant sur le seul électorat de son camp.

C’est moins les militants socialistes et ceux qui lors des primaires ont apporté leurs suffrages à François Hollande qu’il s’agit de convaincre mais le corps électoral, le plus largement possible.

J'ai’lu que les Verts qui avaient envoyé certains des leurs voter pour Martine Aubry : pourquoi s’immiscer dans une primaire alors qu’ils avaient participé à celle des écolos ? Cela fait très magouille, non ? Ils se sont trompés de cheval, bien fait pour leur gueule ! Ils risquent au demeurant d’en payer le prix politique : les discussions pour le choix des candidats pour les investitures des élections législatives de juin 2012 n’en seront que plus difficiles. Cécile Duflot manque décidément d’intelligence politique ou l’art de se tirer une balle dans le pied.

En n’ayant garde d’omettre toute l’organisation matérielle qu’implique une campagne présidentielle : affiches et tracts (la présentation autant que le contenu), la profession de foi, les questions financières, les meetings du candidat ou d’autres personnalités, à Paris autant qu’en province, les interventions dans les médias, les rencontres avec telle ou telle personne ou groupes spécifiques, les tâches dévolues aux militants, etc. Un travail de fourmi qui doit avoir lieu sur le long terme pour avoir l’espoir d’en engranger les résultats lors du premier tour et tenter ensuite de transformer l’essai en mai.

Pour le reste, les réponses de Jean-Pierre Raffarin sont un florilège de langue de bois bénie-oui-oui pro-sarkozyste. Encore un élément de langage concocté à l'Elysée ! Les fantassins de Sarkozy, tous le petit doigt sur la couture du battle-dress de campagne (électorale) entonnent le même couplet : "Seul Sarko est grand, parfait, unique et irremplaçable. Point de salut hors de son soleil et de l'UMP. Les mécréants finiront en enfer, etc."

Plutôt stupéfiant lorsque l’on se souvient de toutes ses fort nombreuses diatribes contre Nicolas Sarkozy et qu’il tenta de fédérer les centres, sans doute pour propulser la candidature de Jean-Louis Borloo. Celui-ci n’étant plus dans la course, il se range sous les ordres de Nicolas Sarkozy. Je ne pense pas qu’il ait l’espoir de relancer sa carrière dans un nouveau poste ministériel, mais sait-on jamais.

Nicolas Sarkozy serait le meilleur : «il a montré de grandes qualités personnelles dans l'exercice de ses fonctions : leadership international, compétences techniques, présence sur le terrain... Dans la majorité, il s'est affirmé comme le meilleur. Sa politique est globalement peu contestée dans son camp. Les reproches concernent plutôt ses attitudes ou ses comportements. Au total, il n'y a pas de remise en cause de sa candidature dans la majorité». Tu parles !

Indubitablement, Jean-Pierre Raffarin devrait ôter le gros paquet de peaux de saucisson qui lui tiennent lieu de lunettes et la grosse touffe de persil, qu’à l’instar d’Obélix il a mis dans ses oreilles.

Je ne vais pas reprendre une nouvelle fois les critiques contre l’action et les décisions de Nicolas Sarkozy, cela me lasserait au moins autant que vous. Mais prétendre qu’il n’est pas contesté dans son camp est une vue de l’esprit. Certains le disent sans ambages et d’autres préfèrent le silence ou l’ambiguïté mais n’en pensent pas moins.

A la question d’un internaute évoquant le risque d’une explosion de l’UMP en cas de défaite de Nicolas Sarkozy il a cette réponse qui peut être considéré comme une autre raffarinade : «Les défaites sont des implosions lentes, quand les victoires sont souvent des explosions joyeuses»… Faisant allusion à la défaite de Giscard, il affirme que les divisions font partie du climat post-défaite.

Ce fut vrai à l’époque encore que très relatif puisque les discordes entre le RPR et l’UDF étaient bien antérieures à 1981, que Jacques Chirac fut concurrent (malheureux) devant VGE et de surcroît accusé d’avoir fait voter Mitterrand contre Valéry Giscard d’Estaing le 11 mai 1981...

Il y a bien trop longtemps que je pense et écris que l’UMP a été construite comme une «machine à gagner»  les élections et qu’elle explosera façon puzzle dès qu’elle se transformera en machine à perdre. Certes, c’est déjà le cas pour toutes les élections locales depuis 2008. Mais si, sauf quelques défections personnelles, elle n’a pas encore implosé nonobstant tous les échecs électoraux c’est uniquement parce que jusqu’à présent Nicolas Sarkozy les tient tous «par la barbichette» :

Distribution des postes de ministre et autres fonctions sonnantes et trébuchantes, investitures pour les élections, pépètes pour mener campagne. Ce fut d’ailleurs sans nul doute un des arguments de poids qui fit plier Jean-Louis Borloo lorsqu’il prétendit être candidat à l’élection présidentielle, l’UMP refusant de céder au Parti radical valoisien quelque chose comme 1 million d’euros qui eussent dû lui revenir au titre du financement public des partis politiques.

Jean-Pierre Raffarin ajoute, autre raffarinade : «J'espère que nous n'aurons pas à vivre la défaite. Elle est souvent cruelle». Ben oui, quoi ! La défaite en chantant - contrairement au Chant du Départ «la victoire en chantant nous ouvre la barrière» - je n’en ai jamais entendu encore parler… Je vous livre une autre raffarinade de derrière les fagots : «Savoir se vaincre dans la victoire, c'est être deux fois vainqueur»…

Je ne saurais dire ce qu’il entend exactement par cela mais il devrait le souffler dans le trou de l’oreille à Nicolas Sarkozy. Si celui-ci avait voulu réellement vaincre tous ses mauvais penchants plutôt que de psalmodier comme une antienne mais à la manière de Julio Iglesias «j’ai changé», il y aurait certainement nettement moins de déçus dans son propre camp et plus encore parmi les électeurs qu’il avait réussi à séduire par ses promesses et son prétendu «parler vrai»…

Pour un menteur chronique, fallait le faire. Je rencontre une foule de personnes de tous horizons politiques et conditions sociales qui avouent avoir voté pour la première - et dernière - fois pour lui en 2007 : plus jamais ça !

Quoique ce ne fut pas inintéressant, les sujets abordés par les internautes sont trop divers pour que je m’y puisse attarder, notamment sur les questions essentielles liées à la crise financière, le rôle de Nicolas Sarkozy - G8 et G20, crise européenne. Rien de bien nouveau sous le soleil au demeurant, Jean-Pierre Raffarin étant un libéral convaincu. Non plus sur les questions liées au rôle grandissant de la Droite populaire - Thierry Mariani s’exprimant dans «Minute» ! Pourquoi pas «Présent» ? Il doit également avoir son rond de serviette à Radio Courtoisie. Je ne me trompe donc pas en affirmant que la Droite populaire est l’antichambre du FN.

Raffarin affirme - et je ne vois pas pourquoi je révoquerais cela en doute : il est plutôt dans le camp centriste - qu’il n’est nullement adepte de la droite de la droite. Mais s’agissant du vote des étrangers, il commet une erreur manifeste d’appréciation puisqu’il semble dire que le PS poserait la question pour toutes les élections, locales aussi bien que nationales. Or, il s’agit à mon sens seulement d’appliquer à ceux d’entre eux qui résident en France depuis un certain nombre d’années (j’ai toujours entendu parler de 5 ans) le régime en vigueur pour les étrangers de la Communauté européenne qui prennent part aux scrutins locaux et, c’est logique pour eux, aux élections européennes ou d’ailleurs ils peuvent être candidats sur une liste en France.

Je note par ailleurs, que contrairement à la Droite populaire et Jean-François Copé qui en a également fait son cheval de bataille mais rien d’étonnant au demeurant, il va toujours chercher ses arguments dans les bennes à ordure ! Jean-Pierre Raffarin n’est nullement opposé à la bi-nationalité, y voyant plutôt une chance pour la France.

J’en terminerais avec deux questions d’ordre politique et institutionnel. D’une part, il prétend que les institutions de la Ve République s’opposent - par essence ? Et «de façon immuable» ! - à ce qu’il y ait une candidature de droite contre le président sortant lorsque celui-ci se représente. Il oublie qu’en 1981 Jacques Chirac fit campagne contre Giscard et que ceux-ci appartenaient à deux partis et courants politiques, certes de droite mais diamétralement opposés sur plusieurs sujets et l’échiquier politique. Je ne rentrerais pas dans les détails tels que développés par René Rémond dans son magistral ouvrage «Les droites en France».

Or, si Nicolas Sarkozy a créé l’UMP dans le but de les unir sous une même bannière, il n’a pas fait disparaître pour autant ces clivages, lesquels ne manquent jamais de ressurgir, les oppositions au sein de la majorité actuelle n’étant pas uniquement des questions de personnes (qui ont également leur importance).

D’ailleurs, Nicolas Sarkozy est tellement protéiforme qu’il adopte des traits des trois droites étudiées par René Rémond ! Il est résolument atlantiste alors que le RPR gaulliste ne l’était absolument pas, ce fut d’ailleurs un des clivages avec l’UDF plutôt «orléaniste» ; il est «légitimiste» - entendre contre-révolutionnaire au sens de la Restauration - en témoigne son mépris pour les institutions républicaines et sa politique qui évoque bien plutôt le Régime de Vichy ; il est «césariste» et c’est bien là le seul point qui le rapproche du bonapartisme gaullien : exercice solitaire et autoritaire du pouvoir mais cherchant en même temps le soutien des masses populaires, à ceci près que Nicolas Sarkozy qui n’a réussi que sur une très courte période à les séduire- grosso modo entre 2007 et la fin 2008 selon les enseignements que l‘on peut tirer de l‘étude des sondages - se garde bien de consulter les Français par voie référendaire

A preuve : la réforme constitutionnelle qu’il a voulue prévoit la possibilité du référendum d’initiative populaire. Mais là encore il a réussi à en paralyser l’application : aucune loi n’a été adoptée à ce sujet. Or, comme pour les lois qui exigent des décrets dit d’application pour s’appliquer, il en va de même pour la majeure partie des dispositions constitutionnelles en l’absence d’une loi. Nicolas Sarkozy est un autocrate qui se méfie du peuple (lequel le lui rend bien).

Mais qu’il garde à l’esprit les leçons de l’histoire : l’Ancien Régime prévoyait la tenue plus ou moins régulière d’Etats Généraux (ils eurent lieu en général en période de crise) réunissant les «trois ordres» : noblesse, clergé et Tiers-Etat (pour faire court, essentiellement la bourgeoisie urbaine). Or, les derniers se tinrent en 1648 à Paris et ne furent plus réunis avant 1789... Faisons du 6 mai 2012 un 14 juillet à l’avance !

Enfin, selon Jean-Pierre Raffarin répondant à une question sur l’impopularité constante de Nicolas Sarkozy, prétend avoir une «lecture très "institutionnelle" de cette situation : Le président de la République est toujours en première ligne. Tous les mécontentements s'expriment contre lui. Il est trop exposé, pas assez protégé»… Soit, mais c’est bien lui qui l’a voulu !

Je lis sur Wikipedia qu’il a fait des études de droit. Je n’ai pas l’impression qu’il ait en tiré les mêmes enseignement que moi en matière de droit constitutionnel et d’histoire politique de la Ve République… Jusqu’à Nicolas Sarkozy, si le président de la République avait un rôle plus important que sous les 3e et 4e République - sa fonction ne constituait plus uniquement dans «l’inauguration ldes chrysanthèmes» - aucun des présidents de la République - pas même Charles de Gaulle - ne s’est mis autant en première ligne. Ils se considéraient comme devant être au-dessus de la mêlée et arbitre en dernier recours, et donc n’intervenaient que le plus rarement possible dans les médias, uniquement quand la gravité de la situation l’exigeait ou pour de rares conférences de presse.

De cette situation découlait que le 1er ministre servait de «fusible» lorsque l’opinion publique était par trop excédée : le président de la République l’obligeait à présenter sa démission et donc celle de son gouvernement. Jean-Pierre Raffarin en a fait l’expérience en 2005, après bien d’autres depuis 1958.

Comme dans tous les domaines, Nicolas Sarkozy a voulu transgresser cette règle qui l’eût protégé. S’ils se prend en 2012 toutes les baffes que François Fillon eût dû encaisser à sa place - ou d’autres 1er ministres lui succédant sur fond d’exaspération croissante des Français - ce ne serait que justice. Laisser entendre comme Jean-Pierre Raffarin que Nicolas Sarkozy va redresser la situation en ayant «choisi depuis quelques mois la représidentia-lisation de sa fonction» - pure tactique politicienne - et «espérer que nous en verrons prochainement les effets» relève de la pure illusion en ce qui le concerne et de l’enfumage pour les pauvres d’esprits qu’il tente aussi maladroitement que stupidement de convaincre.

Parviendra-t-il à faire oublier qu’il y a 4 ans ½ que Nicolas Sarkozy a été élu président de la République et qu’à l’évidence aucun de ses prédécesseurs depuis 1875 - si l’on exempte le pauvre Deschanel devenu fou - n’a semble-t-il eu besoin d’un délai de carence - surtout aussi long ! - pour revêtir non seulement l’habit mais également la dignité de sa fonction.

Certes, une grande majorité de ses électeurs voire des Français en général n’y ont pas vu immédiatement malice, d’où les plus de 65 % dans les sondages en août 2007. Mais ils ont compris rétrospectivement et rapidement la portée symbolique de la Nuit du Fouquet’s et du voyage - payé par Bolloré - à Malte : il leur avait fait un bras d’honneur ! Foulant aux pieds la devise républicaine «Liberté, égalité, fraternité». En même temps que la dignité de sa fonction : il était l’otage et le larbin de ses commensaux dont il entendait privilégier les intérêts. Ceux de la France et les Français ne lui important aucunement.

Au fil du temps et des scandales, des passe-droit et autres avantages indus, la «caillera» de la «Bande du Fouquet’s leur est apparue comme elle est : une armée de gloutocrates multimilliardaires mafieux qui tels des ogres jamais repus exigeront toujours plus. Au grand détriment des finances publiques - ce sont avec leurs dents de requin qu’ils ont creusé le gouffre abyssal de la dette ! En n’ayant garde d’oublier que ce sont les mêmes - ils dirigent les multinationales - qui délocalisent à tout va et sont donc en majeure partie de la crise, du chômage de masse, des salaires de misère (prétendument pour s’aligner sur la concurrence des pays émergents auxquels ils ont transféré les usines !) et, donc en dernière analyse du gouffre non moins abyssal de la balance des paiements.

Le bouclier fiscal n’interpella les Français qu’à partir du moment où ils virent que le plus grand nombre de ces hyper-riches se faisaient rembourser les sommes exorbitantes. L’affaire Woerth-Bettencourt du printemps à l’automne 2010 et qui plus est au moment même où une grande majorité de Français descendaient massivement dans les rues pour éviter le massacre du système de retraite, auquel d’ailleurs plus de 60 % des Français étaient opposés ! Et dont précisément le même Eric Woerth était le maître d’œuvre… témoigna s’il en était encore besoin du parfait mépris dans lequel les tenaient Nicolas Sarkozy et sa clique.

Il est bien évidemment beaucoup trop tôt pour savoir si cette pitoyable, bien tardive mais surtout mensongère tentative de Nicolas Sarkozy de représiden-tialiser sa fonction aura quelque impact sur l’opinion publique… J’espère que les Français auront compris que le Nicolas Sarkozy qui ne cesse de parler de la nécessité des réformes n’est lui-même aucunement réformable comme je l’ai déjà souligné.

Les électeurs doivent en tirer les conséquences qui s’imposent : le «Sarkozy nouveau» qui pourrait être élu en 2012 serait en tout point semblable à celui qui sévit depuis 2007 et sans doute - comme les piquettes qui ne peuvent s’améliorer aucunement en vieillissant - bien au contraire : la cuvée 2012 - que nous devrions boire jusqu’à la lie ! - serait encore plus infecte. Que dis-je : absolument imbuvable !


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