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Nos séparations

Par Irreguliere

Nos séparations

Parfois j'invente des histoires aux passants, il m'arrive de pleurer et de rire, il m'arrive d'aimer un mauvais film, et je pense souvent à mon grand-père que j'ai tant aimé, et je pense à Iris qui fut importante tout de même, à Emilie aussi, à Céline bien sûr, à Charlotte, et puis d'autres prénoms dans d'autres pénombres, mais c'est Alice, toujours Alice qui est là, immuable, avec encore des rires au-dessus de nos têtes, comme si le premier amour était une condamnation à perpétuité.

Lire un roman qui s'appelle Nos Séparations quand on est une éternelle amoureuse qui croit dur comme fer aux âmes jumelles et à la rime entre "amour" et "toujours", cela peut paraître périlleux et quelque peu contradictoire. Mais cela ne l'est plus quand l'auteur de ce roman est David Foenkinos, en qui votre Irrégulière a une confiance aveugle pour la transfuser à l'optimisme...

Fritz, le narrateur, est obsédé par la mort et aime Alice. Mais ils passent leur temps à se disputer, pour tout et pour rien, pour des choses graves ou non, et à se séparer. Puis à se retrouver parce que, s'ils ont du mal à vivre ensemble, ils en ont encore plus à vivre séparément. Même si des années séparent chacune de leurs retrouvailles, ils se retrouvent toujours...

Je devrais arrêter de lire tous les romans de David Foenkinos qui me tombent sous la main car un jour il ne m'en restera plus à découvrir et je m'en trouverai fort dépourvue en cas de coup de blues. Dès les premières lignes, le charme a agi et j'ai senti malgré moi un sourire ravi se dessiner sur mon visage, malgré la morosité de la saison que je déteste par-dessus tout. Car Foenkinos met de la magie dans le monde, il le réenchante, même si finalement l'histoire n'est pas très gaie. Tous ces petits détails de l'amour, il les rend à merveille, doté de cette capacité unique de mettre des mots sur les plus infimes détails. Et puis, toujours, ce thème de l'écriture, avec la mise en abyme du roman et la description du lecteur en train de lire Nos Séparations, le lecteur étant Fritz lui-même. Des moments parfois d'une poésie rare. Ce roman est beau comme la transfiguration de l'amour, Déraisonnable et invraisemblable, gai et mélancolique, joyeux et triste. Du bonheur en pages ! Merci monsieur Foenkinos !

Nos Séparations

David FOENKINOS

Gallimard, 2008 (Folio, 2009)


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