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[Critique Cinéma] Les neiges du Kilimandjaro

Par Gicquel

[Critique Cinéma] Les neiges du KilimandjaroDe Victor Hugo à Pascal Danel, il n’y a qu’un film que Robert Guédiguian réalise sans sourciller. A Marseille, dans le quartier de l’Estaque, le cinéaste coule des jours heureux.

C’est simplement l’heure du bilan et de ces années passées, depuis le mariage de Marie-Claire et Michel dont on fête aujourd’hui les noces de perle. Marie-Claire qui rêvait du Kilimandjaro, le reçoit en cadeau. Michel est aux anges, et malgré un récent licenciement, le délégué syndical demeure gaillard pour l’amitié et les coups de main. Jean-Pierre Darroussin , comme on l’aime.

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Jusque là tout va bien. Ou presque. Juste un grain de sable jeté par deux braqueurs et c’est l’argent de la fête qui disparaît. Ligotés, tabassés, on leur extorque leurs cartes de crédit. Le moral en prend coup. La sœur de Marie-Claire ne supporte pas l’intrusion. Elle déprime. Son mari (l’indéfectible  Gérard Meylan) demande vengeance alors que Michel découvre l’un des responsables : un jeune, licencié en même temps que lui. Il le livre à la police.

L’affaire est entendue, mais le couple ne s’en lave pas les mains. Un commissaire de police leur dit « la victime n’est-elle pas parfois  un peu coupable ?  ».

La réflexion lancée au hasard, lance véritablement le film. Elle  les conduit à refaire, chacun de leur côté,  le chemin à l’envers, pour tenter d’y dénicher une part d’ombre, un zeste de maladresse, toujours portés par ce sentiment de culpabilité et cette possible mauvaise conscience. Celle des « pauvres gens » que Robert Guédiguian  emprunte au poème de Victor Hugo pour forger l’esprit social et solidaire qui l’a toujours animé.

[Critique Cinéma] Les neiges du Kilimandjaro

30 ans de mariage, des noces de perle

C’est toujours vrai  dans ce nouveau film qui engrange des thèmes surannés comme la tolérance et l’amitié, le bonheur et le pardon. Quand Marie-Claire, toujours aussi bien jouée par Ariane Ascaride, tente de sortir la tête hors de l’eau et s’acoquine avec un ou deux petits verres, la scène qui l’introduit avec le barman est d’une savoureuse élégance. On y apprend le cocktail du chagrin d’amour, et la recette du bonheur. Une bulle légère dans un  océan qui déborde du trop-plein de ses bassesses, que Guédiguian balance d’un revers de manche. Il croit encore et toujours en l’homme. Il le dit, et chez lui son rêve devient réalité.


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