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Americano

Par Ninelililabo

Americano
Résumé :Martin apprend la mort de sa mère qui vivait recluse à Venice Beach, Los Angeles. Il faut rapatrier le corps en Bretagne, régler la succession. Martin accepte de retourner dans la ville de son enfance pour se charger de toutes les formalités. Il n’avait pas anticipé que des images fortes de son passé, comme activées par un deuil qu’il refuse de prime abord, vont l’entraîner vers Tijuana à la recherche d’une mystérieuse mexicaine, restée en contact avec sa mère et qu’il a connu enfant.
Critique :Pour son premier film, - Lauréat du prix de la Fondation Gan pour le cinéma en 2009 cliquez ici –  Mathieu Demy n’a pas forcément choisi le sujet le plus aisé. Voilà qu’il fait mourir sa mère,  virtuellement tout du moins, dans la maison de Venice Beach où  Agnès Varda a tourné Documenteur (1981), fiction vraie de cette française que l’homme qu’elle aime – Jacques Demy – a quitté et qui se réfugie en Californie avec son fils de huit ans… Martin.
Cette mise en abîme audacieuse et intrigante prend aux tripes car les images étonnantes du film de Varda sont un écho troublant à l’errance et à l’irrésolution de Martin, devenu adulte.  Et réciproquement, un hommage ou un cri à une enfance volée, lorsque le héros agacé finit par jeter la machine à écrire sur laquelle sa mère confiait exil, tristesse et angoisse.
Le choix du 16mm scope renforce le souffle de ce qui se transforme bientôt en road movie, à tombeau ouvert, au volant d’une Ford Mustang rouge, la voiture de Drive. Jean-Pierre Mocky – étonnant père séparé – pourra bien enterrer son ex-femme dans les brumes de Noirmoutier – autre lieu symbolique pour le clan Demy. Il le fera seul. Martin est appelé vers un Mexique improbable où l’attend l’étonnante Lola – autre référence à Jacques Demy –  interprétée par une sulfureuse Salma Hayek, stripteaseuse par devoir.  Dans une impasse de la crapuleuse Tijuana, où brille l’enseigne de l’Americano, une boîte de nuit douteuse, Martin croise un vieux poivrot allemand – le méconnaissable André Wilms – qui cuve des regrets éternels.
Mais, il faut aller au bout de chemin. Se faire voler décapotable, passeport et carte de crédit, pour avoir le sentiment de comprendre et de pouvoir reprendre la route. Une métaphore d’un deuil intrigant car il renvoie à plusieurs disparus et au désir de renaître à soi-même. Voilà un premier film étonnant et atypique .
Arthur A.


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