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Waitukubuli National Trail: le récit complet (1ere partie...)

Publié le 30 décembre 2011 par Sylvainbazin
Pas énormément de temps et de connexions pour écrire, donc je vais vous livrer ce récit en plusieurs fois, le temps de...
Me voilà rentré des Antilles...Je suis en route vers Chamonix, vous pouvez facilement imaginer le contraste. C’est tout blanc par la fenêtre du train...
Comme mon esprit est encore pas mal sous les tropiques, je vais revenir plus en détail sur ma reconnaissance du Waitukubuli National Trail à la Dominique.
Nous avons donc effectué l’intégralité du tracé de ce chemin, ouvert l’an passé et qui reste en travaux à certains endroits (sécurisation de descentes, ponts à terminer), 190 kms et plus de 9000m de dénivelé, plus une variante d’une vingtaine de kilomètres. L’idée générale de ce voyage était de nous rendre compte des possibilités d’organiser un évènement sur ce chemin. Aujourd’hui, nous sommes convaincu qu’une course sur ce WNT offrirait une très belle découverte et un dépaysement total aux trailers européens et même des antilles françaises. En effet, l’île est très différente de ses voisines, par sa nature et sa culture. Il faudra juste adapter un peu le tracé aux exigences de sécurité et aussi bien tenir compte des infrastructures disponibles, qui ne sont pas toujours au top. Mais je vous communiquerai le programme de cette course très bientôt.
Ce WNT a été en tous les cas pour nous une très belle balade, dans le genre soutenue, et un vrai éblouissement à bien des moments. Nous avons bouclé l’intégralité du trajet en cinq jours, soit 38h d’efforts cumulés. Nous n’avons pas vraiment traîné, suscitant même l’étonnement (et l’admiration...) des guides et responsables du projet. Cependant, malgré un rythme soutenu nous avons tout de même pu apprécier les rencontres. Les dominicains sont très sympas et accueillant dès lors, semble t il, que leur métier ne soit pas lié au tourisme. En effet le point noir de l’île reste les infrastructures touristiques avec lesquelles nous avons eu quelques expériences pas vraiment satisfaisantes. Sur le chemin, on nous a toujours salué avec gentillesse, il faut dire que nos looks, à Christophe et à moi, passent très bien dans ce pays marqué par le rastafarisme.
Le premier jour de notre randonnée, après une nuit à Soufrière dans un camp de tente (plutôt sympa mais il a fallu négocier sec pour obtenir un prix qui corresponde à ce niveau de confort...), ,nous retrouvons Dylan, le guide qui nous a été conseillé la veille par les responsables du projet (qui nous ont reçu très gentiment avec le personnel de l’office du Tourisme. Ils ont tous l’air très partants pour l’organisation d’un évènement sur le chemin, mais ont quelques craintes sur certaines portions), qui doit nous accompagner les deux premiers jours. Il connait bien les quatre premières sections. C’est un tout jeune homme, sympa et dynamique. Il écarquille un peu les yeux quand nous lui expliquons notre projet d’effectuer le chemin en cinq jours...
Waitukubuli National Trail: le récit complet (1ere partie...)
Nous partons donc du sud de l’île sur une première section très bien tracée mais qui offre déjà un dénivelé assez conséquent. J’ai plutôt bien récupéré de la Transmartinique et la chaleur est bien plus supportable ici. J’avance donc bien. Nos amis auvergnats, qui effectuerons une bonne partie du chemin et nous attendrons en voiture à la fin des journées de marche, ce qui nous apporte un certain confort en plus de leur agréable compagnie, se relaient (il faut qu’un chauffeur «garde» la voiture) sur cette première journée. Notre rythme a vite raison du pauvre Dylan, qui nous rejoindra à l’arrivée de la section après avoir pris une voiture sur les derniers kilomètres... Cette première section, qui serpente agréablement entre forêt et plantation, avant de redescendre vers les sources chaudes de Souffrière (c’est la signification du mot... La Dominique compte de très nombreux noms de lieux français. Elle fut en effet française avant d’être anglaise. Le créole français y est encore très pratiqué. Bon, la tendance à le mélanger avec un anglais argotique n’aide pas toujours à la communication...), ne nous pose pas de problème. C’est même très roulant sur la fin. Les vues sur la mer sont déjà magnifiques et c’est une belle mise en bouche. Bouclée en une heure et demi, ce dont Dylan ne revient pas...
La 2e section nous réservera un peu plus de surprise. Après un début de parcours encore très agréable et plutôt aisé, nous arrivons à un croisement, balisé dans les deux sens. Et faisons le mauvais choix. Nous grimpons donc quelques temps un beau morne, arrivant sur le haut dans une zone à la végétation herbeuse très différente de ce que nous avons vu jusqu’à présent. Ca nous semble de plus en plus étrange. Nous rencontrons heureusement un paysan, solidement batti et aux muscles saillants, muni de sa serpe et accompagné de son chien (un gentil pitbull, bien dressé c’est charmant...), dread locks au vent. Il nous confirme ce que nous craignions: nous ne sommes pas du tout dans la bonne direction. Nous redescendons donc, en sa compagnie (il trouve aussi qu’on marche vite et nous le dit en créole), ce que nous venons de monter. Arrivés au croisement, nous reprenons le bout de route, super bien balisé, qu’il fallait suivre. Notre erreur nous a coûté une petite heure mais nous a fait découvrir un bel endroit de plus.  Nous repartons en courant avec Christophe, laissant Damien avec Gégé, un peu fatigué (c’est presque une première pour ce pilote et moniteur de ski émérite!). Le parcours est vraiment agréable, alternant forêt et zones cultivées, passant par de petits villages appelés ici «communauties»  et nous bouclons ce deuxième tronçon par une dernière montée sur route tout de même bien raide, d’autant plus que nous nous sommes encore trompés et l’avons pris à contre-sens (donc en descente) pendant un bon kilomètre.  Parvenu à , le point d’arrivée de la section, nous retrouvons Pascal, notre troisième auvergnat, et Dylan, qui bien sûr ne s’est pas trompé (et a pris un pick up pour terminer sur la route...) qui nous attendent depuis une heure. Nous repartons tous les trois, laissant Dylan là (ça tombe bien, il y habite) pour entamer la 3e section pendant qu’il fait encore jour. Un joli passage en forêt, sur un très bon chemin qui nous mène au prochain village où nous stoppons là pour la journée. Sept bonnes heures de marche et de course, c’est bien suffisant pour aujourd’hui, si peu de temps après la Transmartinique. Il est 16h et le soleil va bientôt plonger dans l’océan. En attendant, nous goûtons le calme et la vue offerte par le village de Giraudel, sur les hauteurs, ainsi qu’un fanta bien frais. Le soir, nous retournons à Roseau, où nous avons la chance de trouver un Bed and Breakfast plutôt bien et pas chère, le St James Guest House, une des rares adresses que nous recommanderons ici.
Waitukubuli National Trail: le récit complet (1ere partie...)
Après une bonne nuit réparatrice, nous repartons donc, Christophe et moi, à l’assaut du chemin. La fin de la 3e section est très vite atteinte, sur des chemins encore roulant. Nous atteignons alors le village de , très agréable, avant de nous engager à nouveau dans la forêt, cette fois-ci dans une zone classée parc national, qui abrite chutes d’eau spectaculaires et sources d’eaux chaudes. La zone est magnifique. Nous commençons à nous enfoncer dans une jungle bien plus dense, qui nous rappelle la Guyane. Le terrain est bien plus technique, et même pas si facile que ça. En plus, les sections 4 et 5 sont bien plus longues qu’annoncées sur le livret officiel. A ce niveau là, nous irons de surprises en surprises! Les kilomètres s’enchaînent. Nous retrouvons un instant un bout de route bitumée, où nous essuyons une averse bien drue, qui nous fait plutôt du bien. Le sol que nous retrouvons dans les bananeraies un peu plus loin est bien entendu détrempé. Nous poursuivons ainsi jusqu’à Castle Bruce, une petite ville où nous longeons une côte véritablement paradisiaque. Le soir commence à tomber alors que nous entrons dans la 6e portion du chemin, un peu plus loin. C’est de nuit que nous effectuerons la majeur partie de ce tronçon, plus plat et plutôt, il nous a semblé, moins intéressant et moins sauvage que les deux précédents. Il est 19 h passé lorsque nos amis auvergnats nous retrouvent sur la route. Nous avons tout de même parcouru 55 kms aujourd’hui, le plus souvent au plus profond de la forêt, sur un chemin parfois boueux zigzaguant entre une végétation dense, les grands fromagers, les fougères géantes et les orchidées étant les plus spectaculaires des hôtes de ces bois...
Waitukubuli National Trail: le récit complet (1ere partie...)
La forme n’est pas trop mauvaise après ce long parcours, j’ai plutôt bien récupéré de cette Transmartinique. Christophe, qui m’avait paru pour une fois fatigué hier, est à nouveau au top. La dernière épreuve du jour consiste à trouver un hôtel ou un gîte. Il n’y a pas grand chose dans le secteur, et les rares hébergement sont fermés. Nous échouons finalement au Caraîb lodge, dont les patrons daignent nous ouvrir deux chambres après négociation. On ne peut pas dire que l’accueil soit très bon, ni que le prix soit des plus attractif...Mais la douche fait du bien et nous trinquons autour d’un rhum (apporté de la Martinique par nos soins...) au 38 ans de Damien.
La suite bientôt, je vais l'écrire du Népal, encore un changement de paysage!

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