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Le Hadj : un défi pour le futur président.

Publié le 13 janvier 2012 par Fouzi53 @fouzi53
Le Hadj : un défi pour le futur président.

Nous sommes à la veille de l’élection d’un nouveau président pour la FNAVM. Les trois candidats ont fait campagne auprès des régions et ont été interpelé essentiellement sur la problématique hadj. Ceci n’est pas surprenant en raison de la composition de l’électorat qui est constitué à majorité de membres dont le coeur de métier est devenu par la force des choses la participation à l’opération hadj.

J’ai été récemment interpelé à travers ce blog par un agent de voyage qui se posait question sur notre régression depuis 2006? D’un quota de 10000 pèlerins , nous sommes aujourd’hui à 3780 soit une perte de 62,20% en l’espace de 5 ans , et cette tendance baissière n’est pas prête de s’arrêter.

 LA GENESE :

Avant toute analyse de ces chiffres, il faut rappeler que les quotas  ont toujours été attribué par la Commission Royale en charge de cette opération depuis 1988, à une époque où la demande était faible et où les engagements du Maroc vis a vis des autorités Saoudiennes étaient fermes sur la base de 30000 pèlerins. Nous étions donc sollicités par le Ministère des Affaires Islamiques à travers le Ministère du Tourisme afin d’honorer ses engagements en proposant une offre touristique complémentaire dans le cadre d’un CPS rédigé par la tutelle et soumis au double contrôle rigoureux des deux ministères pour veiller à son respect et au confort des pèlerins.

Les pionniers de cette opération doivent se rappeler des difficultés qui étaient rencontrées à cette époque, de la commercialisation jusqu’à la réalisation. Beaucoup y ont laissé des plumes, mais d’année en année, les professionnels se sont perfectionnés pour finir par s’imposer comme acteurs incontournables de cette opération.

En 1995, la commission Royale attribua un quota de 10000 pour la première fois et seules quelques agences osèrent postuler . L’écart des prix avec l’état était marginal, mais la prestation largement supérieure sans pour autant qu’il y ai un rush au moment des inscriptions, encore une fois la demande était faible, il n’y avait ni tirage au sort, ni restrictions.

A partir de 2002, la demande s’est intensifiée graduellement jusqu’à devenir supérieure à l’offre. Cet état de fait a eu automatiquement une influence sur les prix( la rareté du produit en étant la cause principale) qui se sont mis à augmenter de manière exponentielle sans commune mesure avec le pouvoir d’achat des citoyens avec parfois des excès frisant l’indécence. Les pèlerins tentaient leur chances auprès de l’état, et lorsqu’il n’y avait plus de place,  se rabattaient sur les agences en mettant le prix quand ils le pouvaient.

En 2005, la demande atteint son paroxysme sur le produit étatique, qui ne pouvait plus répondre. Cela créa des mécontentements et des manifestations mettant en cause la transparence des inscriptions et dénonçant un certain «clientélisme»sans veritable fondement . Ce qui poussa le Ministère des Affaires islamiques à décréter l’interdiction de faire le pèlerinage plus d’une fois en cinq ans et à mettre en place le Tirage au sort. Cette mesure ne fut pas appliquée aux pèlerins des agences de voyages et certaines en profitèrent bien en adoptant une attitude sélective envers les pèlerins et des prix exorbitants dont l’origine était souvent liée à la mauvaise négociation à l’achat.

En 2007, la décision fut prise de soumettre tous les citoyens au tirage au sort, en leur donnant la possibilité de choisir entre le produit Agences et le produit Etat au moment de l’inscription.

J’avais à cette époque la responsabilité de la FNAVM et beaucoup m’ont reproché à tord d’avoir accepté cela. D’abord je n’ai jamais eu le choix et je n’avais aucun argumentaire à y opposer: les pèlerins des agences sont ils des nantis et les autres des soumis? Non, la mesure était démocratique, transparente et équitable. De plus, cela nous donnait l’opportunité dans l’absolu d’asseoir notre notoriété, notre professionnalisme, de gagner des parts de marché et de répondre à la demande de plus en plus pressante de nos membres.

C’est cette approche que j’ai proposé au conseil d’administration et à l’assemblée Générale , accompagnée d’une stratégie marketing innovante (Produit d’appel et campagne de communication), d’autant plus que nous y étions préparé depuis 2005 avec la mise en place d du Fonds de Garantie , de l’ assurance annulation voyage et un budget conséquent. Ceci a été débattu et validé après des réunions marathons jusqu’à convaincre la totalité des administrateurs des membres. S’ensuivie une étude prospective que nous avons réalisé sur le sujet en 2008, faisant apparaitre plusieurs leviers pour influer sur la courbe jusqu’à l’équilibre. Malheureusement les démons de FNAVM veillaient et la suite , tout le monde la connait …….

LE BILAN

Force est de constater que depuis trois ans, nous avons  perdu du terrain, puisque ce chantier est mal géré , pour ne pas dire bâclé et laissé entre les mains de personnes sans scrupules et d’une moralité plus que douteuse. Cela fait quatre ans que nous sommes exclus de la Commission Royale donc n’ayant plus aucun accès pour faire entendre notre voix en nous payant même le luxe de nous «séparer» de la tutelle sous des prétextes fallacieux , non fondés, calomnieux et mus par la mauvaise foi et le mensonge. A l’heure où nous menons des luttes intestines, les pèlerins se dirigent en masse avec l’état, qui leur garanti une prestation même minimum mais qui s’améliore d’année en année avec un prix tenant compte de leur situation financière et sociale.

Qu’avons nous préparé pour cette année ? Nous continuerons à subir la pression des fournisseurs en payant un produit 20% plus cher pour l’aérien et jusqu’à 50% pour les prestations terrestres. Qu’est ce qui justifie la participation financière exigée (500 dh/Pèlerin) ? La FNAVM est totalement de tous les centres de décision et nous en subissons les conséquences.

Comment peut on encore aujourd’hui négocier pour 45 pèlerins à J-50 , tandis que d’autres négocient pour 27000 pèlerins un an à l’avance avec tacite reconduction des contrats? Nous n’avons aucune chance d’endiguer cette baisse tant que nous ne pourrons pas agir sur les prix d’achats.

D’autre part, nous avons un déficit de communication à croire que nous vivons sur une autre planète , pensant que les pèlerins vont venir s’inscrire sur la base de notre réputation et notre savoir faire. Il faut arrêter de fabuler , de mendier et de croire à un discourt dépassé.

Enfin, nous n’avons aucune maitrise sur les inscriptions, dans un système démocratique et transparent, nous devrions assister au dépouillement des inscriptions et valider les résultats. A ce jour, nous n’y avons jamais été invité en tant que partenaires dans cette opération puisque nous répondons à une demande réelle dans le cadre d’une mission de service public partiellement concédée.

L’AVENIR

De naturel combatif , je reste convaincu qu’il y a des actions à entreprendre à l’échelon régional et fédéral. Ce chantier mérite à lui tout seul , une Federation. Or la FNAVM n’a pas vocation à s’occuper de ce seul chantier, elle a un rôle important à jouer dans l’échiquier du Tourisme National. Ce n’est pas pour autant que le chantier hadj doit être marginalisé, au contraire il  doit d’être traité à sa juste valeur.

Le tourisme Religieux (Omra et Hadj) est aujourd’hui une réalité vitale pour un grand nombre d’agences. La Omra est exclusivement traitée par les agences de voyage ( 80000 Pèlerins), sans leurs engagements, les compagnies aériennes et les prestataires terrestres Saoudiens ne pourraient pas recevoir de pèlerins marocains, c’est dire le poids que pèsent les agences et dont elles n’ont même pas conscience aujourd’hui.Il me semble urgent, que les agences spécialisées se regroupent au sein d’une entité ( Coopérative , GIE , Association ou autre) pour être une force de négociation et un organe pesant de tout son poids sur le marché , membre de la FNAVM sans pour autant la phagocyter au même titre que les autres métiers du voyages qui doivent la réintégrer.

Cette entité doit être doté de toutes les ressources humaines et financières nécessaires pour répondre aux attentes légitimes de ses membres, lesquels doivent obligatoirement être sélectionnés sur la base de critères objectifs en vue d’être labélisé à moyen terme.

A ce jour, nous n’avons jamais pu mettre en avant nos forces, nous avons toujours été dans une position de defense, subissant le court des choses au lieu de l’affronter. Il faut passer à une position de conquête en y mettant les formes : promotion,expertise,qualité,éthique,crédibilité,disponibilité….. en clair , les fondamentaux qui font la valeur ajoutée de l’agent de voyage. C’est par la compétition et «l’agressivité» des acteurs que l’on peut agir sur le marché et regagner des parts.

La réorganisation du secteur de la distribution du voyage religieux est une nécessité absolue et le passage obligé pour développer le tourisme national autre enjeu de la vision 2020. Cette formidable force que sont les points de ventes agences de voyage n’a jamais été exploitée à ce jour. L’agent de voyage de proximité est une réalité.

Telle a toujours été ma vision sur ce sujet et je vous invite au débat car encore une fois je n’ai pas la prétention de détenir la vérité mais j’en ai l’intime conviction.


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