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Voilà pourquoi je ne m'abonne pas au journal Le Point...

Publié le 19 janvier 2012 par Philippejandrok

web- le petit monolith.jpgPourquoi ne lit-on plus la presse écrite ?

Parce qu'elle coûte chère ?

Parce qu'internet offre une information gratuite, mais bas de gamme ? 

On a même le sentiment que les journalistes web sont les rebus d'un journal papier qu'il faut bien caser quelque part.

En période d’austérité on licencie et on embauche des jeunes en stage, en CDD, contrats précaires, dans le monde du journalisme, on trouve les mêmes dérives, on embauche des copains, des gagnants de concours, déjà pistonnés pour gagner, et on voit de plus en plus de journalistes incompétents, incapables, incultes et mauvais rédacteurs.

J’ai déjà souligné ce type de dérives précédemment, mais nous avons avec cet article du journal Le Point, la démonstration remarquable de ce qu'il y a de pire dans le journalisme, du manque de professionnalisme et de la volonté de travestir la vérité pour rédiger un papier sensationnel et sans grande valeur journalistique.

L’article est le suivant :

-   Les héros du Costa Concordia

http://www.lepoint.fr/monde/les-heros-du-costa-concordia-...

Déjà le titre sensationnel « les héros », qui souligne le courage exemplaire de certains, à défaut du Commandant du Costa Concordia, "M. Schrettino", pardon M. Schettino, qui s’est montré lamentable dans cette affaire.

Or, ces heros, sont des employés qui ont fait leur travail, leur mission, tout officier responsable, tout employé d’un vaisseau a le devoir de s’occuper des passagers avant lui-même, c’est ce que certains on fait, c’est ce que le Commandant M. Schettino du Costa Concordia n’a pas fait, sont-ce des héros pour autant ?

Par rapport au Commandant Schettino, oui, mais ils ont fait leur travail, comme un pilote d’avion fait le sien, c’est un devoir de se conduire fidèle aux codes de la marine marchande sur un vaisseau et ce ne sont pas des héros pour avoir suivi les consignes, ce sont des hommes courageux qui ont risqué leur vie pour sauver celle des passagers et on peut saluer ce courage, mais un héro, c’est plus que ça, il faut savoir raison garder lorsque l’on écrit pour un « grand » journal.

Dans cet article, le journaliste joue sur l’acte de bravoure admirable pour amener le lecteur à penser comme lui, mais il insiste trop et se perd dans son lyrisme et dans son manque de professionnalisme.

Ainsi, lorsqu’il reprend les mots de l’officier du port de Livourne, Gregorio di Falco qui invective Schettino et qui l’exhorte à retourner à bord, le journaliste du Point traduit :

-       - «  Vada abordo Cazzo! » par « remonte à bord, bordel! »

C’est le grand n’importe quoi de la traduction, le terme de « Cazzo » est couramment employé dans les conversations entre amis en Italie ou lorsque l’on invective un automobiliste ou un crétin ;

« Cazzo » est en fait un attribut sexuel masculin qui se traduit par "Fascinus", et plus communément par "Bite", donc rien à voir avec « bordel » qui se dit autrement : "Che cassino!", donc vraiment rien à voir avec le "cazzo" en question qui s'applique particulièrement au sujet humain et pas à la situation.

Bravo pour la traduction qui dénote une parfaite négligence de la part du journaliste, incapable de regarder la définition dans un dictionnaire ou d’aller au bistrot du coin pour demander le sens de ce mot à une personne du cru, d’autant que le journaliste en question dont vous trouverez le nom au sommet de l'article du Point, est correspondant du journal Le Point... à Rome, et qu'il vit en Italie depuis 18 ans ???

18 ans sans savoir ce que "Cazzo" veut dire à Rome, ce doit être une épouvantable révélation pour lui.

Si je puis me permettre de donner un conseil à ce journal, il ferait mieux de confier ce travail à quelqu’un qui comprend et qui maitrise la langue Italienne dans ses moindres détails, cela permettrait au lecteur de comprendre également la saveur et le sens de cette langue dans ce type de récit, car la traduction du journaliste ne permet absolument pas de saisir la colère du Commandant de Livourne contre M. Schettino lors de leur échange verbal. Un mot peut changer le sens d'une phrase, le journaliste du Point devrait le savoir.

Mais ce n’est pas tout, non content de nous prouver à quel point cet article est baclé, le journaliste profère également des propos racistes et des généralités inacceptables sur les italiens, qu’il ne connaît visiblement pas :

- « Francesco Schettino est devenu au regard de l'opinion publique italienne le symbole des pires défauts imputés a priori aux Italiens : inconscience, incompétence, lâcheté et vantardise. »

Or, allez dire à Gabriele D’annunzio ce genre de vérité, même avec des « a priori », à Tomaso Marinetti, à Primo Levi, et à tant d’autres italiens connus et moins connus, c’est du grand n’importe quoi que d’écrire de telles bêtises, mais c’est publié, bravo Le Point.

Mais pour l'opinion publique Italienne, Schettino n'est pas ce symbole, il est tout simplement humain, inconscient, incomptétent, lâche, vantard... cela n'a rien à voir avec les Italiens, il pourrait être Monsieur tout le monde Européen, Mondial.

Pardonnez-moi, mais un con est un con, quelque soit sa nationalité.

- « pour réparer l'ego blessé des Italiens », mais enfin, ce n’est parce qu’un capitaine de bateau de croisière est un âne, que tous les italiens sont responsables, qu’est-ce que c’est que ce point de vue ?

- « ou les plongeurs-spéléologues qui ont cherché des survivants en sachant qu'à tout moment le navire pouvait couler à pic et les entraîner dans les abysses… »

Dans les abysses ?

Quelles abysses, à 35 mètres de la rive ?

On comprend également que ce journaliste du Point n’a absolument aucune connaissance géographique concernant les mers abyssales, et si les abysses étaient à cet endroit, le Costa Concordia aurait sombré corps et biens dans les minutes suivant la voie d’eau, était-ce le cas ? 

Il y a en France plus de 4 000 journalistes au chômage, parmi eux, certainement des personnes très compétentes qui doivent hurler comme moi à la lecture d’une telle médiocrité, comment, oui, comment peut-on donner la possibilité à un journaliste de publier un tel article, qu’est-ce que cela révèle-t-il ?

C’est simple, cela révèle que ses supérieurs hiérarchiques sont aussi légers que lui pour autoriser la parution d'un tel article. Le journaliste a-t-il bénéficié d'un traitement de faveur pour occuper cette fonction à Rome ? C'est une question qui mériterait une réponse claire, quoiqu'un journal ait tous les droits d'embaucher qui bon lui semble, pourtant, c'est le lecteur qui paye son salaire, et personnellement je ne puis cautionner un tel niveau de rédaction, ce qui explique le titre de cette note.

À cause de ce type de journalisme léger, le niveau des lecteurs, abrutis par une information sensationnelle, vide de sens et de réflexions intelligentes, sombrent dans les abysses, un terme que le journaliste en question apprécie.

Cela révèle également le manque d’exigence de ces mêmes lecteurs et la volonté des organes de presse, appartenant à des groupes très puissants, de nous retirer notre libre arbitre pour nous orienter vers une pensée unique et stupide.

Un lecteur qui ne pense pas est un lecteur à qui on fera avaler des couleuvres, et cet article du Point est tendancieux, au point de nous faire justement avaler quelques couleuvres nauséabondes sur les italiens, nous sommes à la limite du racisme et c'est intolérable de la part d'un homme qui a passé sa vie dans ce pays.

Bien entendu, on nous rétorquera que nous avons mal intérprété les propos, mais il est aisé d'insulter en se mettant à l'écart sous prétexte de faire parler autrui, c'est de la dialectique. Enfin, le mot de la fin par le responsable du naufrage :

"Je n'aurais pas aimé être le capitaine du Titanic, à devoir naviguer au milieu des icebergs", avait-t-il déclaré en 2010 dans sa seule interview connue, au journal Tchèque Dnes." F Schettino

http://www.europe1.fr/International/Francesco-Schettino-capitaine-dechu-909433/

Alors, je sais bien que l’erreur est humaine et que ce journaliste a fait de son mieux comme le commandant du Costa Concordia, mais admettons tout de même, que dans ce cas, la bêtise aussi est humaine.

Nous vivons une époque formidable…


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