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Causes d'échec ou de réussite

Par Selectionsavicoles

 

Nain à jarres blancs
 

CAUSES D’ECHEC OU DE REUSSITE

Le simple coryza est bien souvent enregistré par les éleveurs et son apparition, initialement très discrète, fait que la plupart d'entre eux n'y attachent que peu d'importance. A tort, puisque ce coryza qui peut être au départ un simple rhume, va léser très souvent les voies respiratoires et favoriser l'entrée et le développement de ger­mes microbiens qui, secondaires au départ, et appelés bien souvent "germes de sortie" devien­nent les principaux responsables des complica­tions graves, dont le coryza pasteurellique.

Le simple coryza peut atteindre parfois le stade de l'écoulement nasal léger et clair sans qu'il y ait encore d'infections complémentaires. Il peut évidemment dans les cas favorables, disparaî­tre de lui-même également, mais le plus souvent il devient chronique et les complications vont apparaître dans un délai plus ou moins bref.

Aussi, est-il nécessaire pour l'éleveur d'inter­venir dès les premiers symptômes.

A l'observation des premiers éternuements, les animaux concernés doivent être dépis­tés et recevoir les soins usuels. Il faut cependant signaler que le traitement du coryza est souvent long et aléatoire en raison de la conformation des cavités nasales et du sinus du lapin.

Si ces symptômes ne sont pas rapidement ju­gulés, il ne faut pas hésiter à traiter en même temps par la voie orale. La guérison est alors souvent de règle. Malgré tout, souvent aussi, il y a rechute chez les mêmes animaux et les nou­velles interventions n'apportent alors que des rémissions passagères et ces rechutes de plus en plus fréquentes deviennent définitives. C'est que la maladie considérée comme bénigne au départ était en fait beaucoup plus compliquée qu'on ne le pensait.

Lorsqu'un élevage se peuple et se renouvelle avec des reproducteurs qui sont nés et ont été élevés jusqu'à un certain âge, dans un milieu différent de celui où l'on va les introduire, ils vont être soumis à l'influence d'un autre microbisme. Un certain temps sera nécessaire pour réaliser un nouvel équilibre.

Mais, ce qui est plus grave, tout animal intro­duit peut être en incubation d'une maladie ou encore atteint d'une infection inapparente. Il faut donc qu'il soit isolé pendant le temps nécessaire à l'extériorisation des symptômes, s'il était en période d'incubation. Aucune durée précise ne peut être fixée pour cette quarantaine tant sont variables, d'une maladie à une autre, les pério­des d'incubation, mais il semble que trente jours constituent un temps raisonnable et suffisant.

Le local de quarantaine doit être nettement séparé des locaux peuplés, de préférence situé à l'entrée de l'exploitation si la disposition des lieux le permet. De toute façon, il faut éviter que les eaux d'écoulement souillées de déjections ne circulent vers les autres parties de l’élevage. Bien entendu, tout ce qui sert à l'entretien et à l'exploitation des animaux placés en quarantaine doit leur être strictement réservé. Le personnel qui les soigne, s'il est également employé ailleurs, revêtira un vêtement protecteur spécial et por­tera des bottes qui ne devront pas quitter le local sans désinfection.

Que de catastrophes ont été cons­tatées lors d'introduction, sans précautions, d'ani­maux récemment achetés, même dans des ex­ploitations réputées saines. Tous, quelle que soit leur provenance, doivent être considérés comme suspects et soumis à quarantaine.

Le stress du voyage peut rendre apparente et clinique une infection jusqu'alors inapparente et méconnue. Ainsi, un acheteur prend livraison d'un lot de lapins sevrés dans un élevage dont l'état sanitaire semble parfait ; il les met dans sa voi­ture, les emmêne à une centaine de kilomètres et les installe dans ses locaux d'élevage, où tout, jusqu'ici a été parfait également. A quelques jours de là, les lapins achetés se mettent à tousser, respirent mal, dépérissent ; certains meurent. Le vétérinaire les autopsie, trouve des lésions ca­ractéristiques de pneumonie ; pour en connaître la nature, il envoie quelques cadavres au labo­ratoire de diagnostic qui lui répond : pasteurellose. Comme cette maladie n'a jamais sévi dans l'exploitation d'arrivée, le propriétaire pense immédiatement qu'elle était en cours d'incubation quand il a pris livraison chez son fournisseur et avertit ce dernier qui lui répond que tout continue à aller très bien chez lui et qu'aucun lapin ne tousse, ni n'est mort.

Alors qu'en penser ?

La pasteurellose est due à un microbe qui, par lui seul, est peu pathogène dans des circons­tances normales. Il cultive dans les voies respi­ratoires sans déterminer de lésions suscepti­bles d'engendrer une symptomatologie quelcon­que. Mais que les animaux infectés subissent un stress, alors, ces microbes pullulent, et dans un organisme qui ne se défend plus, ou mal, ils en­vahissent le poumon et déterminent une pneu­monie, laquelle peut même prendre un caractère contagieux en raison de l'exaltation de la viru­lence des microbes. Et le responsable d'un tel accident qui a causé un dommage certain à l'ache­teur est le transport.

Pour que la quarantaine apporte une sécurité entière, il est conseillé de mettre en contact avec le sujet étranger, dans la même cage ou sépare par un grillage, un jeune sujet de l'élevage et de l'observer ; s'il ne présente aucun signe sus­pect, la quarantaine expirée, le sujet nouveau peut être introduit dans l'élevage avec un mini­mum de risques ; ce test a pour but de s'assurer que le nouveau ne jouissait pas d'une immunité acquise.

Quant à la désinfection, telle que nous l'enten­dons ici, elle doit avoir pour but d'éliminer pério­diquement les microbes et les virus qui se sont accumulés dans les locaux au cours de l'exploi­tation, non seulement sur les parois, mais aussi, ce que l'on oublie trop souvent, sur le matériel mobile.

En effet, que les locaux destinés au logement des animaux soient neufs ou qu'ils aient été ré­novés, ils sont immédiatement souillés dès leur peuplement, et une sorte de symbiose s'établit entre les animaux et le milieu dans lequel ils vi­vent. Cet état d'équilibre qui conditionne la bonne santé, est toujours instable. Il peut être rompu de deux façons. Brutalement, lorsqu'un germe viru­lent, microbe ou virus pathogène, est introduit et provoque une épizootie. Plus insidieusement, len­tement, lorsqu'il s'agit de microbes, peu patho­gènes eux-mêmes, qui s'implantent, persistent, se multiplient sur place, et finissent par modifier la flore normale, déterminant des accidents va­riés, pas toujours spectaculaires, mais qui in­fluencent le rendement économique. C'est ce que l'on appelle le "microbisme d'élevage". Aussi bien conditionnés que soient les locaux, aucun n’échappe à cette règle si des précautions ne sont pas prises.

Pour le matériel, on ne négligera pas les moyens les plus simples et cependant les plus efficaces, que sont l'eau bouillante et, pour les matériaux non inflammables, le feu. Dans ce dernier cas, l'emploi de la lampe à souder est particulièrement pratique (car la chaleur de la flamme qui atteint 2000° à 3000° est le seul moyen pour détruire les coc­cidies des lapins qui résistent à tout désinfec­tant).

Toute opération de désinfection doit obligatoi­rement être précédée de l'élimination mécanique des immondices, des souillures, des détritus, puis d'un lavage. Quel que soit le désinfectant utilisé, aucun n'a le pouvoir de pénétrer profondément dans les substances de nature croûteuse qui resteraient des nids à microbes. Il faut donc im­biber d'eau et gratter, à plusieurs reprises si né­cessaire, tout ce qui est accumulé sur les murs et le sol, dans les interstices et les angles des cases.

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Argenté de Champagne

 


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