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Across The Universe

Publié le 29 janvier 2012 par Olivier Walmacq

Années 60. Jude, émmigré clandestin venant d'Angleterre, arrive aux Etats Unis. Il vient pour voir son père et finira par rencontrer Max, ainsi que sa soeur dont il tombe amoureux...

Across The Universe

La critique musicale de Borat

En 2007 sortait dans un anonymat ahurissant Across the Universe, pourtant produit par Sony. Un film ambitieux de Julie Taymor (connue pour son biopic Frida) mettant en scène des chansons des Beatles. Ce qui est toujours casse-gueule étant donné que les Beatles restent indéniablement dans la culture générale et qu'il est rare de passer à côté des scarabés les plus célèbres au monde. Distribué invisiblement dans les salles françaises (comme partout ailleurs), le DVD avait réparé un peu cela avec plusieurs éditions, bien qu'en très petites quantités. Depuis largement visible dans les bacs à soldes et même passer sur Canal+ (probablement son seul passage télé en quatre ans d'existence), ce film vise à devenir plus connu car il est tout simplement remarquable. 

Bono. Sony Pictures Releasing France

Across the Universe est tout simplement mon film de chevet par excellence, celui dont je ne peux me passer et dont je connais tous les passages par coeur. Ce n'est pas un film parfait mais c'est pour moi MON film culte et ne vous étonnez donc pas de voir la note maximale. Si on regarde bien, plusieurs acteurs de ce film sortent curieusement du lot. Le fameux Jim Sturgess fera ses débuts fracassants dans ce film avant de se retrouver dans le pitoyable Las Vegas 21, Heartless et surtout Les chemins de la liberté, le dernier film de Peter Weir. Evan Rachel Wood était déjà connu pour Thirteen et Down in the valley et confirme donc ses talents d'actrice indéniables. Des chanteurs comme Joe Cocker et Bono sont également de la partie et on retrouve également Joe Anderson (que l'on retrouvera dans quelques semaines dans The Grey), Dana Fuchs, Martin Luther McCoy, TV Carpio, Salma Hayek et Tim Curry.

Jim Sturgess et Evan Rachel Wood. Gaumont Columbia Tristar Films

Tout d'abord,c'est un plaisir de découvrir les chansons des Beatles aussi bien chantées par des acteurs et chanteurs (Fuchs et McCoy sont des artistes qualifiés). Après avoir comparé les différentes versions, certaines du film sont parfois meilleures, mais j'y reviendrais plus tard dans cet article. Clairement s'il y a bien une comédie musicale pour la dernière décennie, c'est bien celle-là. Et ce n'est pas forcément parce que je suis fan de rock. De plus, les acteurs sont unanimement bons,avec une préférence pour Sturgess et Wood. Taymor utilise admirablement la période 60 où débutait les Beatles, dévoilant les points principaux de la meilleure des façons: drogue, Guerre du Vietnam, mouvement hyppie, manifestations violentes, jeunes perdus, soldats revenant traités comme des mort-vivants, l'homosexualité grandissante, apogée du rock...Mais il y a toujours l'amour et l'espoir.
A part toute les scènes partant du docteur au cirque plutôt dispensable, ce film est une véritable merveille. 

Jim Sturgess. Sony Pictures Releasing France

Un chef d'oeuvre à voir, revoir, rerevoir et évidemment à écouter.

Note: 21/20 (désolé d'être sévère)

La Bande Originale

Histoire de vous familiariser encore plus avec ce film méconnu, voici quelques extraits détaillés de ce film en parlant notamment de la musique. Commençons par le début avec Helter Skelter interprété par Dana Fuch.
Reprise pendant le film en même temps qu'Across the Universe (voir par la suite), ce titre est vraiment excellent et puissant. Clairement associé ensemble, les deux titres sont fantastiques. Une version assez brut (dû à la voix rauque de Fuch) et de qualité.

Dans l'extrait suivant, T.V. Carpio reprend I want to hold your hand. Par rapport à l'original qui était ultra-rapide au point de devenir sévèrement foutraque, cette version est beaucoup plus lente et mélancolique. Le personnage de Carpio, Prudence (référence au chien de John Lennon), avoue ici son amour pour l'une de ses camarades pom pom girl. Cela devient alors très différent de la version des Beatles et rentre indéniablement dans la complexité des rapports homosexuels à cette époque charnière de la liberté sexuelle.

Let it be est repris ici par Carol Woods et Timothy T. Mitchum. Dans cette scène, un jeune noir est retrouvé mort lors des manifestations sanglantes de Detroit. Suivra alors son enterrement entrecoupé par le retour au pays dans un cercueil du fiancé de Lucy (Evan Rachel Wood). Une scène assez émouvante et poignante portée par la voix pleine de rage (ça se voit encore plus durant les répétitions présentes sur le DVD) de Woods. Clairement l'impact de cette chanson est toujours aussi percutant, d'autant qu'il s'agit d'un des derniers titres du groupe. La fin d'une histoire en d'autres termes.

La séquence suivante suit celle de Let it be. Le frère du jeune noir (Martin Luther McCoy) part pour New York sur le son de Come Together. Après avoir signer une des meilleures reprises de With a little help from my friends, un des moments mythiques du festival de Woodstock (chanson reprise également dans le film). Le chanteur reprend ici l'une des plus célèbres chansons du groupe et se révèle toujours aussi mémorable dans ce job. On le voit également à l'écran où il passe de clochard à proxénète, en passant par hyppie. Une très bonne scène, une de mes préférées.

Dans la séquence suivante reprenant I Want you (She so heavy), l'Oncle Sam et l'armée signent le contrat de Max (Joe Anderson),pour aller au Vietnam. Une scène fantaisiste mais typiquement réaliste de cette époque charnière aux USA portées sur le patriotisme pur et dur en vue de s'engager au Vietnam. La suite montrera les séquelles de cette période.

Dans Dear Prudence, Prudence est prise de doutes. Elle aime Sadie mais cette dernière préfère les hommes. Tout se finira par une manifestation contre la guerre du Vietnam. Une scène où Taymor montre son univers visuelle de façon intéressante avec les décors s'enlevant peu à peu pour laisser passer le ciel et ses nuages. Le calme avant la tempête.

Dans Strawberry Field forever, Jude (Jim Sturgess) ne trouve pas l'inspiration. Encore moins lorsque quelqu'un le dérange et allume la télévision montrant des images de la guerre du Vietnam. Il décide alors de balancer des fraises (pas évident hein?) sur un tableau puis les murs histoire de montrer sa protestation et sa colère. Il sait que son ami Max est là aussi et les échos ne sont évidemment pas bons.  Ces lancers coincident avec ce que vit Max au Vietnam. Cette séquence montre très bien la folie de cette guerre invraisemblable et qui rendra fou le premier soldat venu.

A ce moment du film, Lucy et Jude ne s'entendent plus. Jude sort et tombe sur une manifestation où Lucy se fait embarquer. Sturgess chante alors Across the universe, très bien interprété et certainement l'une des meilleures chansons du film. La chanson n'étant pas entière dans le film, je vous mets la version studio. Déjà que la chanson était magique avec les scarabés, elle l'est tout autant avec Sturgess.

Dans cet extrait, Max retrouve l'Amérique mais comme pour le film Né un 4 Juillet, ce n'est pas dans un bon état.Totalement débousollé, il est épris de la drogue et fou de son flingue. On remarque aussi la présence d'un prêtre montrant des vétérans pris pour des cadavres. Joe Anderson se met à chanter Happiness is a warm gun, très bon morceau par ailleurs, en compagnie de Salma Hayek en infirmière multiple.

Voici finalement le morceau que je préfère (et probablement l'une de mes préférés des Beatles) et dernier que je vous propose, All you need is love interprété par Jim Sturgess avec Dana Fuch et TV Carpio. Je n'en dis pas plus. En sachant que d'autres reprises sont mémorables mais évidemment on ne peut pas tout mettre. Reste que cette Bande Originale se révèle assez parfaite dans l'ensemble.


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