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248ème semaine de Sarkofrance: Pourquoi Sarkozy devrait annoncer sa candidature

Publié le 04 février 2012 par Juan
248ème semaine de Sarkofrance: Pourquoi Sarkozy devrait annoncer sa candidature Il voulait désespérément reprendre la main, s'imposer dans l'agenda médiatique. François Hollande l'avait grillé fin janvier. Ces jours derniers, Nicolas Sarkozy redoubla d'effort, au point de ruiner des mois d'efforts de « présidentialisation » distanciée.
Lundi prochain, il s'invitera au journal télévisé de France 2 avec Angela Merkel. Ce sera leur premier entretien conjoint à la télévision. Cette prochaine semaine sera décisive, le Monarque pourrait en profiter pour y annoncer sa candidature à l'élection présidentielle.
Président des Riches
Dimanche soir, le Monarque avait pris son courage à deux mains, convoqué 8 chaînes de télévision pour annoncer une hausse de 1,6 point de la TVA au prétexte d'y transférer 12 milliards d'euros de cotisations patronales. Pour faire bonne figure, les revenus du capital supporteront... un milliard d'euros de CSG supplémentaire. La Bourse n'a pas réagi. Sarkozy voulait reprendre la main contre le candidat Hollande. Sans attendre la fin de sa prestation, les communicants de l'Elysée distribuèrent un recueil d'éléments de langage aux ténors de Sarkofrance pour qu'ils relayent la bonne parole. Les perroquets s'exécutèrent. En rafale, les mêmes termes (courage, bourrasque, vérité, réforme, action), les mêmes arguments, tels «  poursuivre les réformes pour prendre le prochain train de la croissance » ou, « pas de promesses intenables (...) mais des réformes structurelles pour que notre pays puisse affronter le monde »
L'émission fut évidemment très regardée. Le risque d'échec était minimal. Les premiers sondages furent toutefois sévères contre la prestation du Monarque. Et Hollande reprit un ou deux points de popularité sondagière dans les jours qui suivirent.
Le lendemain, Nicolas Sarkozy était à Bruxelles, pour un sommet européen informel. Il était visiblement préoccupé ... par l'actualité franco-française. Il expédia la mini-conférence de presse pour revenir au plus vite à l'Elysée.
Nathalie Kosciusko-Morizet et son ministre du Logement Benoist Apparu tentaient, à Paris, d'expliquer la proposition confuse de la veille en faveur des constructions: le Monarque avait annoncé l'assouplissement de 30% des coefficients d'occupation des sols . Sarkozy découvrait sans doute la crise du logement. Il se félicite pourtant du nombre record de constructions de logements sociaux décidées... sous Lionel Jospin.
Président des Fadettes
Le lendemain, le candidat présumé chamboulait son agenda. Il était inquiet. Il invita précipitamment quelque 400 parlementaires UMP au Palais et repoussa à la fin d'après-midi ses derniers voeux de l'année. Il lâcha une multitude de petites phrases en tous genres. Il attendait que cela résonne hors des murs. Quelques élues furent autorisées encouragées à s'épancher via Twitter pendant l'allocution. Il fallait que la France sache: Sarkozy est « motivé » et « il sait ce qu'il fait ». Il était même content de lui: « le plaisir est dans l'attente ».
Vers 17h, le Monarque livrait ses derniers voeux. Il avait convié la presse. Le show fut court. On aurait dit une tournée d'adieu. La connivence de certains, marquée et remarquée par quelques applaudissements de fin de discours, a surpris. Sarkozy s'était montré goguenard, surjouant la proximité et l'humour:  « vous n'êtes pas interdit du droit au bonheur personnel »
Le lendemain, il reçut encore sa jeune garde rapprochée pour quelques nouvelles confidences Off.
Nicolas Sarkozy avait décidé de faire sa campagne en Off... Il fit mine d'être content de lui.
Candidat sortant
Jeudi, Nicolas Sarkozy se montra avec des ouvriers en train de travailler à un chantier où ils n'avaient pas le droit de le faire. Car il faisait très froid, 8 degrés largement en dessous de zéro Celsius, à Mennecy, dans l'Essonne. «Travailler en plein air, ce doit être plus agréable en été qu'en hiver » déclara-t-il, indécent. Un ouvrier transi lui lança: « Alors, candidat ou pas candidat ? » Et Sarkozy répondit « caméra ou pas caméra ?... On se comprend ! »... On se comprend ? Ils auraient pu parler de ce tarif social de l'électricité qui n'est toujours pas en place.
Il voulait se faire photographier sur un chantier du bâtiment. L'Elysée fit même réquisitionner des ouvriers et employés d'autres sites pour gonfler la figuration. Chacun devait faire semblant de travailler. La mascarade a fait long feu. Vendredi matin, quand l'information fut révélée, Nicolas Sarkozy était simplement ridicule.
Le soir, François Fillon peina à convaincre les téléspectateurs, sur France 2. Il concéda des échecs, mais défendit le discours de Dakar. Il admit la difficulté de la tâche mais redit son admiration pour le Monarque. Il confia savoir si Sarkozy sera candidat. Quel suspense ! Dans l'assistance, Gérard Larcher, sénateur UMP et ancien président du Sénat, fut filmé en train de dormir. Le lendemain, Sarkozy lâcha cette vacherie, d'après Michael Darmon (iTélé): « Fillon, c'est une Ferrari qui est restée au garage pendant tout le quinquennat, moi je suis le 4x4 qui a pris la boue ». Et paf !
Mercredi, les employées de l'établissement Lejaby d'Yssingeaux étaient soulagées. LVMH apportait les garanties suffisantes à l'un de ses fournisseurs en maroquinerie pour que ce dernier reprenne l'affaire. L'action de Sarkozy a été « déterminante », répéta le jeune Laurent Wauquiez, maire d'une commune voisine et ministre à temps partiel. Déterminante ? Effectivement. Le Monarque a convaincu Bernard Arnault, propriétaire de LVMH, d'intervenir.
Quelle sacrée politique industrielle ! Pire, Nicolas Sarkozy avait déjà cet accord quand, dimanche dernier, il promit à la télévision « qu'il ne laisserait pas tomber les salariées de Lejaby ». Le clou du spectacle était la réception à l'Elysée, vendredi, des employé(e)s ainsi sauvé(e)s, franchement émues mais pas dupes. En quittant le Palais, une représentante rappela le souvenir de Gandrange...
Encore une autre manipulation médiatique !
Laurent Wauquiez est un élément important du dispositif de campagne du Monarque. Il raconte souvent n'importe quoi, faute de finesse. Mais qu'importe, il est jeune et ambitieux. Il vient d'annoncer sa candidature présidentielle pour 2017. Nathalie Kosciusko-Morizet est l'autre atout charme du candidat sortant, une femme de pouvoir. Dans le Figaro, elle a été chargée d'expliquer que Sarkozy avait encore changé.  Un type qui change tous les 5 ans, c'est pas très stable, non ?
Maître du temps ?
Le slogan est facile, tous trouvé et si réel: « avec Sarkozy, le changement, c'est tous les 5 ans ! »
Lundi 6 février, Nicolas Sarkozy passera une nouvelle fois à la télévision, sur France 2 mais avec Angela Merkel. C'est une première. Le Monarque veut rappeler qu'il voit des puissants... On sourit... Imaginez le choc si le président français était incapable de rencontrer ses homologues... Sarkozy souhaite aussi décrédibiliser Hollande avec l'aide de Merkel, une chancelière qui passera à son tour devant les urnes dans quelques mois. .L'interview sera enregistrée car elle doit être diffusée quasiment simultanément sur l'édition de 19H de la ZDF.
On attend avec impatience l'interview commune avec Vladimir Poutine... Cet ancien fidèle ami qui bloque toute résolution contre les boucheries syriennes...
On murmure que Nicolas Sarkozy devrait confirmer sa candidature dans la semaine. Il cherche une surprise. Il a préparé des « mesures choc ». Il va même « mettre le treillis ». Fichtre ! C'est Dallas. Chaque semaine, un évènement. Les semaines passent et les confidences se ressemblent.
On aurait presque oublié que les mesures choc étaient déjà promises pour dimanche... dernier.
Nicolas Sarkozy s'agite tout seul, et rate sa campagne.
Ami sarkozyste, où es-tu ?


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