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2011, année noire pour la liberté d'expression sur le web

Publié le 13 mars 2012 par Cheaplabel

2011, année noire pour la liberté d'expression sur le web trouvé sur wikistrike.com

L'année 2011 "restera comme une année d'une violence sans précédent" contre les citoyens actifs sur la Toile, avec la mort de cinq d'entre eux et plus de 200 arrestations, soit une hausse de 30 % par rapport à 2010, estime Reporters sans frontières (RSF), dans son rapport 2012 (pdf) sur les ennemis d'Internet mis en ligne lundi. "Les 'net-citoyens' ont été, en 2011, au cœur des changements politiques qui ont affecté le monde arabe. Ils ont tenté, aux côtés de journalistes, de tenir la censure en échec mais en ont, en contrepartie, payé le prix fort", déclare RSF dans un communiqué.

Le rapport, qui contient chaque année une liste des pays considérés comme"ennemis d'Internet" et de pays "sous surveillance", salue les progrès réalisés par deux pays : la Libye, tout d'abord, à la suite de la chute du colonel Kadhafi, et le Venezuela, où "l'adoption, en 2011, de législations potentiellement liberticides pour le Net n'a pour le moment pas été suivie d'effet particulièrement néfaste". Les deux pays quittent la liste des pays sous surveillance, même si l'organisation de défense de la liberté d'expression se dit "vigilante". FILTRAGE ACCRU En revanche, deux nouveaux pays ont fait leur entrée dans la catégorie des pays sous surveillance : le Kazakhstan et l'Inde. Pour ce dernier, RSF note que depuis les attentats de Bombay en 2008 "les autorités indiennes ont renforcé leur surveillance du Web et la pression sur les intermédiaires techniques, tout en rejetant publiquement les accusations de censure". Deux pays sont également passés du statut "sous surveillance" à celui d'"ennemi d'Internet". Le Bahreïn et la Biélorussie, où la censure et la surveillance des opposants politiques se sont nettement renforcées en 2011. En réponse au printemps arabe, le Bahreïn a notamment renforcé la liste des sites et services bloqués dans le pays, et procédé à une vague d'arrestations d'opposants et de net-citoyens. En Biélorussie, outre un filtrage accru, RSF note le développement des "conversations préventives", durant lesquelles la police "incite" les personnes à ne pas manifester ou exprimer leurs opinions. Le Bahreïn et la Biélorussie rejoignent ainsi l'Arabie saoudite, la Birmanie, la Chine, la Corée du Nord, Cuba, l'Iran, l'Ouzbékistan, la Syrie, le Turkménistan et le Vietnam dans la liste des "ennemis d'Internet". LA FRANCE TOUJOURS "SOUS SURVEILLANCE" Entrée dans la liste des pays sous surveillance l'an dernier, la France figure toujours dans cette catégorie pour l'édition 2012 du rapport. Pour RSF, deux éléments justifient ce classement : d'une part, la multiplication des procédures judiciaires contre les journalistes, et d'autre part, la mise en place de nouveaux mécanismes de filtrage du Web.   Source: Le Monde "Le gouvernement a pris le contre-pied de décisions judiciaires ou de recommandations internationales condamnant le filtrage ou la suspension de l'accès à Internet, et ce dans un contexte de pressions sur les sources des journalistes. La France ne doit pas sacrifier la liberté d'expression en ligne et la neutralité du Net à la tentation sécuritaire ou à la protection du droit d'auteur", dénonce RSF, citant pêle-mêle les lois Hadopi, Loppsi 2, sur les jeux en ligne, ou encore le blocage du site Copwatch. Plus généralement, l'organisation s'inquiète de la tendance des grandes démocraties "à céder aux tentations sécuritaires ou à prendre des mesures disproportionnées pour protéger le droit d'auteur", et des pressions de plus en plus fortes exercées sur les fournisseurs d'accès à Internet et autres fournisseurs de services pour qu'ils participent à la surveillance d'internautes ou au blocage de sites. Des pays comme la Turquie ou la Corée du Sud ont ainsi renforcé leurs systèmes de filtrage d'Internet. RSF note toutefois un point positif dans ce tableau globalement sombre : la mobilisation de plus en plus importante des citoyens pour préserver leur droit d'accès à l'information et leur liberté d'expression, dans le cadre du mouvement de protestation contre le traité ACTA par exemple. "Les internautes des pays dits 'libres' ont appris à se mobiliser pour conserver leurs acquis", se félicite RSF.


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