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Le trompe-l’œil des gardes de police lausannois

Publié le 12 mars 2008 par Alain Hubler

Office du stationnementC’est La Julie d’aujourd’hui qui nous l’apprend, les gardes* de police de la Ville subissent au cours de leur formation des exercices grandeur nature. En pratique, cela signifie qu’ils sont mis dans des conditions réelles d’intervention face à une personne qui semble agressée ou prise de malaise, tout cela dans la rue, donc en public, et à leur insu.

Bien évidemment, la personne qui a des problèmes est un ou une comédienne. Bien entendu ils sont chaperonnés par un policier*. Et pourquoi pas un garde comme eux, pourquoi pas un pair ? Bien sûr, le comédien porte un micro qui permet à un psychologue de suivre la scène.

Tout a l’air vrai, tout est vrai ou presque. Mais ça, le garde de police ne le sait pas. Du moins pas encore. Pour elle ou lui, ce qui lui arrive est la parfaite réalité.

Le garde de police est impliqué dans une sorte de jeu de rôle tellement réel qu’il n’en est du coup plus du tout un jeu.

Évidemment, on me dira que mettre les gens dans une situation la plus proche possible de la réalité est excellent pour leur formation. Il est possible ainsi de voir, de commenter, de juger leurs réactions, leur savoir-faire, leur comportement dans les conditions les plus réalistes possibles.

Oui mais …

Les gardes de police sont-ils avertis de cet exercice au début de leur formation ou ont-ils la «surprise» sur le moment même ? Dans un cas comme dans l’autre, la situation est ambiguë : soit ils attendent le moment où cela arrivera, soit ils apprennent après coup qu’ils ont été un peu manipulés.

Selon l’article, cela a lieu sous les yeux du public. Que cela se passe bien ou mal. Prendre le risque d’une mise en échec de la personne en formation sous les yeux de tout un chacun est-ce bien raisonnable ? Et si des passants s’en mêlent ? Qui dira «pouce!» et comment ?

Qu’en est-il de la confiance que le garde en formation pourra encore porter envers ses formateurs et envers le policier qui l’aura accompagné dans cette aventure.

Si je comprends bien le souci de former les gardes de police au plus près de la réalité, je me pose la question de l’excès de réalisme. Je m’en méfie même. Cela me paraît potentiellement dangereux.

Un peu comme un mur qui proposerait une porte en trompe-l’œil un peu trop réaliste et contre lequel on viendrait, en toute innocence, se casser le nez.

  • La différence entre garde de police et policier : le premier est notamment responsable du contrôle du stationnement et n’est pas armé, le second s’occupe plutôt de la sécurité des personnes et des biens et est armé.
  • Pour complément d’information, voici une petite vidéo de l’Ecole nationale de police du Québec. À voir les images et les panneaux dans le dos des policiers en formation, il semble que le jeu de rôle ait lieu en toute connaissance de cause pour tout le monde.


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