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Ô Rabindranath Tagore

Publié le 14 mars 2008 par Celineakavps

Rencontre poète indien
envoyé par akavps

Le 18 juin 1916, Rabindranath Tagore (poète, compositeur, peintre, romancier, philosophe... né à Calcutta en  1861 et prix Nobel de Littérature en 1913) parle à l’Université Impériale de Tokyo. Il met en garde le Japon contre la civilisation d’Europe :

Rabindranathtagoremaster
« ... Le Japon est devenu l’avant-garde de l’Asie ; il l’appelle à le suivre dans les voies nouvelles... Mais, ô Japonais, vous ne pouvez accepter telle quelle cette civilisation moderne ; à vous de lui faire subir la transformation que réclame votre génie oriental. Votre responsabilité est grande. À vous d’infuser la vie là où n'est que le mécanisme à substituer le cœur humain aux froids calculs d’intérêt, à introniser un développement harmonieux, vivant, la vérité, la beauté, là où règnent en maîtres la force et le succès. — La civilisation qui nous vient d’Europe est vorace et dominatrice ; elle consume les peuples qu'elle envahit, elle extermine ou anéantit les races qui gênent sa marche conquérante. C’est une civilisation toute politique, aux tendances cannibales ; elle opprime les faibles et s’enrichit à leurs dépens. C’est une machine à broyer. Elle sème partout les jalousies, les dissensions, elle fait le vide devant elle. — C’est une civilisation scientifique et non humaine. Sa puissance lui vient de ce qu’elle concentre toutes ses forces vers l’unique but de s’enrichir comme ferait un millionnaire qui s’acquiert une fortune au prix de son âme. Sous le nom de patriotisme, elle manque à la parole donnée, elle tend sans honte ses filets tissus de mensonges, elle dresse de gigantesques et monstrueuses idoles dans les temples élevés au Gain, le dieu qu’elle adore. Nous prophétisons sans aucune hésitation que tout cela ne pourra durer toujours, car il y a dans le monde une loi morale souveraine qui s’applique aux collectivités comme aux individus. Vous ne pouvez continuer à violer cette loi au nom d’une nation et compter jouir en même temps individuellement des avantages qu’elle assure à ceux qui la respectent. Saper de la sorte tout idéal de moralité finit par réagir sur chaque membre de la société, conduit à la faiblesse et à la sénilité, engendre secrètement la défiance et le cynisme, ruine et tue en l’homme tout ce qu’il a de sacré... »

(A l 'époque, aucun grand journal européen  n’a parlé de ce discours)


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