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"Une" Marianne en mal de parti.

Publié le 16 mars 2008 par Marc Vasseur
marianne-copie-2.gif Marianne, Mon amie, ma muse, est également une militante, nous avons fait un mandat l'un avec l'autre... aujourd'hui, elle vous fait part de son sentiment. Pour qui la connaît... c'est une bosseuse, une perfectionniste, une idéaliste, une tête bien faite... 
Une fois n’est pas coutume, je m’essaie au blog de Marc ce dimanche car ce soir est un « grand soir »…En même temps que Marc qui lui termine son deuxième mandat, moi je tourne la page sur le premier…A un copain qui me demandait si le livre se fermait plus que la page se tournait, je répondais qu’un-e militant-e reste un-e militant-e…d’abord une période d’accalmie pour finir ce « deuil », puis je repartirai dans l’associatif, sur les Droits des femmes (NPF sans doute dont l’action me parait indispensable notamment au regard des rapports garçons-filles aujourd’hui dans notre société).   Deuil : vous me direz le mot est fort !? Pourtant…17 ans de « parti » (parti socialiste), à 35 ans, après des engagements fédéraux, locaux importants pour la jeune militante que j’étais (conseillère fédérale, sur la liste des municipales à Roubaix en 95 dans le cadre d’un engagement fort auprès de B Carton…Contre la liste de R Vandierendonck d’ailleurs ! puis sur Villeneuve-d’Ascq avec G Caudron / Jean-Michel Stiévenard puisque tel était le duo en 2001…). Mon engagement était celui avant tout d’une partisane politique, avec l’idée d’exercer ma liberté partisane dans des courants « minoritaires ». Gauche socialiste, puis Nouveau Parti Socialiste avec Montebourg / Peillon, je me sentais « investie d’une mission »…Projection des relents JOC de mon enfance et de ma famille…Sans nul doute !   Quoi qu’il en soit, cet exercice de ma liberté partisane n’a pu tenir que le temps du MJS (Mouvement des Jeunes Socialistes) où il devient alibi pour LE PARTI…Dès « élection », il n’est plus bon ton d’être dans une ligne minoritaire ni de s’ « opposer ». C’est ainsi que les choses ont commencé – je passe sur les épisodes des vraies-fausses cartes découvertes avant les investitures, des manœuvres d’incitation aux votes classiques, de la manipulation des esprits,…- bref, au final, pour pouvoir dépasser ces « tactiques » de bas niveau existantes dans tous les partis je n’en doute pas, il faut se sentir « appartenir » pour un-e militant-e.   Escalade : un PS local sclérosé, préférant faire ses adhérents et nombre de cartes sur ses soirées lotos, une direction de section aux mains d’un courant – le courant fabiusien – un appui stratégique de la Fédération sur des partages de postes et de personnes (je te laisse la députation, tu m’aides sur le Conseil Général) – des manœuvres clientélistes : je maîtrise l’emploi (mission locale à l’époque) et le logement (direction d’Office HLM)…et le tour est joué, je suis « maître du jeu », les autres n’ont qu’à me suivre…ou partir !   Voilà tous les ingrédients pour taire les pourtant nombreuses voies non pas d’opposition, mais voies de la diversité interne, qui encourageaient – et eux seuls - le débat…Ceux-là même qui s’étripaient récemment dans des échanges de mails, se rejetant la faute des résultats de dimanche dernier…   Dommage mes « ami-es »…Je crois que l’erreur est effectivement là où vous, bloggeurs politiques, avez les yeux : il n’y a plus de ligne, plus d’idées et plus de diversité au PS…La preuve en est effectivement, et quoi que chacun en dise, les alliances de « circonstances » et non pas de projet bien souvent, avec LO d’un côté ou le Modem de l’autre…Pourquoi pas ? L’idée est intéressante si elle se fait dans une logique de re-construction idéologique à partir de la diversité des points de vue. Qu’est-ce qu’avoir une carte aujourd’hui au Parti Socialiste ???...Je ne sais plus, et n’ai donc pas su la reprendre depuis l’an dernier. Cautionner des ambitions locales et personnelles ? Ce n’est pas la motivation de mon engagement.   Nous avions choisi de quitter ce ‘local’ il y a trois ans en venant sur Roubaix pour tourner cette page. Aujourd’hui j’en suis plus sereine, plus distante avec ce qui se passe de fait sur Villeneuve-d’Ascq. Ma seule amertume ce jour est pour Jean-Michel Stiévenard, qui ne mérite pas à mon sens ce que j’ai pu lire de beaucoup sur les blogs, suite aux résultats de dimanche. Son erreur me semble-t-il est d’avoir été trop « légitimiste » et mis sa confiance en ce Parti qui l’a au fil des années bien trahi…Même si nous sommes tous un peu responsables, membres de l’équipe ancienne, nouvelle sans doute aussi, le vrai responsable est ce Parti, qui ne se nourrit que de lui-même et meurt de sa « sclérose individuelle ». Je n’oublie pas que le vrai responsable est aussi Gérard Caudron, dont il faut bien reconnaître la légitimité reconnue encore 7 ans après…   Alors bonne chance à vous sur Villeneuve-d’Ascq. J’espère que le Parti en tirera des leçons, ce dont je doute pourtant connaissant les « amitiés  circonscriptionnelles » et les risques individuels (il faudra préserver de l’emploi et je ne sais pas s’il y a des directions d’office HLM en latence de poste de direction… ? donnez quelques adresses aux responsables sociales villeneuvois si tel est le cas !). Soit j’arrête car j’adopte le même ton que Marc qui n’est habituellement pas le mien ! Voilà donc pour « mon histoire », excusez ce ton très personnel, peut-être quelques-uns d’entres vous le partageront ? Finalement pourquoi aujourd’hui utiliser encore le terme de deuil ? Parce que je leur en veux, ou je leur en veux encore, à tous d’avoir brisé mes illusions. Illusions familiales (mes oncles, mes grands-parents sont tous des militants ou élus socialistes), illusions de jeunesse, illusions  militantes. 
Le pouvoir de représentation politique est le seul légitime et reconnu encore aujourd’hui (par rapport à l’associatif)…Alors oui c’est sans doute cette désillusion de ce qu’on en a fait qui me rend amère. Je n’ai pas été élue pour fanfaronner dans des serrages de paluches même si c’est important, mais pour agir. L’action m’a été permise « à titre individuel » j’ose dire, j’ai le sentiment d’avoir appris beaucoup et fait ce que j’ai pu dans le suivi de mes dossiers sur la parentalité et les Droits des femmes, mais je n’ai pas su la rattacher à un travail d’équipe politique, et à la question du sens collectif dans le parti…   3 ans de deuil de parti, 3 ans de douleur sur cette désillusion. Certes n’étant pas d’un naturel pessimiste, il m’a permis de « rebondir » aussi…La résilience ? Le mot est fort, vous en rirez sans doute. En tous les cas il m’a permis de réfléchir au sens de mon travail (professionnel), et d’être aujourd’hui, grâce à ce que quelques-uns ont cru en moi, à l’IRTS (Institut Régional du Travail Social), après 6 ans pour le secteur privé marchand (Arcelor et 3 Suisses International) et entreprendre un peu de ce sens collectif qu’on peut donner à l’action militante.   Enfin je finis là, par cette page qui se tourne, j’avais besoin de vous l’écrire, pour partager je l’espère et aussi pour pouvoir « me » libérer. Ce soir la page est tournée…et nos deux petits loulous et le troisième en route (3 sur ces 3 ans…) nous ouvrent d’autres nouvelles libertés !

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