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La Médecine Tibétaine..

Publié le 17 mars 2008 par Salomethan

Unique en son genre, la médecine tibétaine fut développée tout au long des siècles, assimilant le meilleur de la médecine traditionnelle chinoise et des anciennes médecines indienne et arabe. Elle est en partie fondée sur les principes médicaux ayurvedic arrivés d’Inde avec l’expansion de bouddhisme dans le premier millénaire.La première école médicale tibétaine fut créée en 762, à Menloung, dans le Kongpo, par un médecin du nom de Youthog Yeunten Gonpo.La Médecine Tibétaine.. Accueillant près de 300 élèves, cette école appuyait son enseignement sur les Quatre Tantras de Médecine, dont l’auteur n’était autre que Youthog Yeunten Gonpo lui-même.

Ces Quatre Tantras constituent la plus ancienne encyclopédie de médecine tibétaine, c’est sur eux que s’appuie la médecine traditionnelle.
Le Bouddha de Médecine Bhaisajyaguru en est le « patron ».
Il occupe une place importante et de nombreuses pratiques tantriques ou sadhana lui sont destinées. Exécutées par des yogis et des médecins traditionnels ou amshi, ces incantations sont destinées essentiellement à demander une guérison ou à consacrer des médicaments.Historiquement, la plupart des médecins tibétains étaient des moines.
Ils étaient formés dans les monastères, ceux-ci abritant à la fois l’école pour l’enseignement de la discipline et le dispensaire pour les soins aux malades.En 1916, l’Institut Médical Astrologique Tibétain Men Tse Khang fut créé à Lhasa par le 13ème Dalaï Lama. Sa mission première était la formation des médecins et des astrologues.Après l’annexion du Tibet par le Chine en 1950, la médecine tibétaine fut la cible de lourdes persécutions lors de la révolution culturelle dès 1959. Sa pratique fut proscrite et tout fut mis en oeuvre pour la faire tomber dans l’oubli, causant une perte irréparable de savoir pratique traditionnel : érudits et médecins emprisonnés, corps médical décimé, médicaments et documents précieux détruits, centres médicaux rasés…
Fort heureusement, le Men Tse Khang survécut à cette sombre période, permettant à la médecine tibétaine d’être de nouveau enseignée et pratiquée dans le Tibet d’aujourd’hui.Dès le début de son exil en Inde, en 1961, le 14ème Dalaï Lama a fondé un nouveau Men Tse Khang à Dharamsala. Extrêmement actif, tant au niveau de la formation des amshi que dans la fabrication des médicaments issus de la pharmacopée traditionnelle, ce nouvel Institut permet à la médecine tibétaine de reprendre peu à peu sa place auprès des populations en exil.La médecine tibétaine suscite actuellement un engouement tout particulier dû à la vogue des médecines naturelles. La production pharmaceutique du Men Tse Khang est aujourd’hui disponible dans le monde entier.Les Quatre Tantras de Médecine
Encyclopédie de référence pour la médecine traditionnelle tibétaine, les Quatre Tantras de Médecine ou Gyushi exposent la théorie générale de la science médicale et répertorient plus de 1600 maladies en explicitant les méthodes de soins.Comme leur nom l’indique, ils sont divisés en quatre sections : La Médecine Tibétaine..

Le Tantra Fondamental se compose 6 chapitres présentant les causes des maladies, les méthodes d’examen et les moyens curatifs.

Le Tantra Explicatif est scindé en 31 chapitres relatifs à l’anatomie et à la physiologie du corps, au processus de la naissance et à celui de la mort, au développement et au déclin de la maladie.

Le Tantra des Instructions Orales se divise en 92 chapitres traitant des causes, de la nature et des conditions d’apparition des maladies, de leur classification et de leur traitement.

Le Tantra Final comporte 25 chapitres exposant les 18 méthodes de diagnostic, les détails de la pharmacopée et la composition des 2800 préparations médicinales ainsi que tout ce qui touche aux traitements externes.

Principes essentiels

Adoptant une approche holistique de la santé, la médecine tibétaine est à la fois une science, un art et une philosophie :

Une science parce que ses principes sont édictés dans un cadre logique basé sur la connaissance du corps et de son rapport avec l’environnement.
Un art parce qu’elle utilise des méthodes de diagnostic basées sur la perspicacité, la créativité et la compassion du médecin praticien.
Une philosophie parce que, mettant en oeuvre les grands principes bouddhistes que sont l’altruisme, le karma et l’éthique, elle considère la haine, l’avidité et l’ignorance comme sources de toute maladie.
Médecine tibétaine, les trois humeurs
Le principe de base de la médecine tibétaine est le maintien de l’équilibre des trois humeurs ou énergies somatiques centrales appelées Nyépa :

  • mKhris-pa, la bile, caractérisée au niveau de l?organisme par la chaleur,
  • Bad-kan, le mucus, se manifestant sous forme de liquide,
  • rLung, le vent, matérialisé par le mouvement.

Dans un organisme en bonne santé, ces trois principes somatiques sont en équilibre.
Leurs facteurs de déséquilibre à long terme sont les trois toxines psychiques ou poisons de l’avidité, de la haine et de l’ignorance.
Un régime alimentaire inapproprié, un comportement inadéquat, le temps et les saisons en sont les causes à court terme.

Une rupture de l’harmonie sur le plan psychique entraîne un déséquilibre énergétique qui, lui, se manifeste sous forme de maladie.
Pour rétablir cet équilibre des trois humeurs et parvenir à la guérison, la médecine tibétaine utilise des méthodes de diagnostic et de traitement non invasives qui lui sont propres et l’apparentent à une médecine douce.

Examen médical et diagnostic

Basé sur la perspicacité, la créativité et la compassion du praticien, le diagnostic en médecine tibétaine repose sur trois démarches complémentaires :

  • l’interrogatoire du patient
    • datation des troubles
    • localisation de la maladie
    • facteurs causals
    • mode de vie
    • habitudes alimentaires
    • symptomatologie
  • l’observation des symptômes
    • aspect et couleur de la peau
    • aspect et couleur de la langue
    • aspect, odeur et goût de l’urine
  • la palpation
    • température du corps
    • anormalités physiques
    • prise du pouls

Médecine tibétaine, un amshi en consultation

Une consultation médicale débute toujours par un interrogatoire minutieux visant à mettre en évidence un comportement ou des habitudes propres à rompre l’équilibre des énergies somatiques du patient.
L’examen de la langue et des urines permet ensuite d’affiner les premières constatations et d’alerter l’amshi sur une éventuelle défaillance digestive dont il tiendra compte lors de la prescription du traitement.

Médecine tibétaine, un amshi en consultation
D’origine chinoise, la prise de pouls est l’élément essentiel de l’examen. C’est un geste complexe et extrêmement précis sur lequel repose en grande partie le diagnostic.
La lecture se fait sur chacun des poignets, au niveau de l’artère radiale. Le médecin utilise pour cela trois doigts, l’index, le majeur et l’annulaire, chacun correspondant à deux organes du malade.
Le rythme, l’intensité et la fréquence des pulsations ainsi que les vibrations ressenties lui fournissent ainsi des indications précieuses sur l’état des 12 organes principaux du patient. L’amshi est alors en mesure de déterminer les dysfonctionnements du corps.

Si le médecin détecte un déséquilibre du rLung (mouvement),il oriente son diagnostic vers un trouble physiologique au niveau du système nerveux, du coeur, de la circulation ou encore du gros intestin.
Si le problème constaté concerne le mKhris-pa (chaleur), il l’attribue soit à une défaillance du foie ou de la vésicule biliaire, soit à une inflammation ou un problème de peau.
Un trouble du Bad-kan (liquide) indique sans équivoque à l’amshi une perturbation du système digestif ou des poumons. Un mauvais fonctionnement des reins peut également être mis en cause, ainsi qu’un oedème et un déficit général de la circulation de l’eau.

Fort de ces indications, l’amshi est dès lors en mesure de poser son diagnostic.
Il prescrira le traitement qui s’impose afin de rétablir l’équilibre des humeurs et guérir ainsi la maladie.

Le traitement

En médecine tibétaine traditionnelle, le traitement médical vise essentiellement à rétablir l’équilibre des humeurs et à harmoniser les principes somatiques. Dans un premier temps, il fait uniquement appel à des prescriptions médicamenteuses.
Médecine tibétaine, les médicaments
Si la pharmacopée tibétaine est presque exclusivement d’origine végétale, elle inclut cependant quelques spécialités minérales ou animales indispensables. Intimement liée aux cinq éléments, elle est élaborée en fonction de 6 saveurs de base (acide, sucré, salé, amer, astringent et épicé), de 3 saveurs complémentaires (sucré, acide et amer) et de 8 caractéristiques particulières (lourd, léger, onctueux, âpre, froid, chaud, émoussé et incisif), chacune ayant une action spécifique sur l’équilibre humoral.

Pas moins de 2294 substances entrent dans la composition des médicaments utilisés en médecine tibétaine.

Médecine tibétaine, les médicamentsLes préparations peuvent être administrées sous différentes formes, allant de la simple poudre aux comprimés en passant par les pilules, les décoctions, concentrées ou diluées, les pâtes, les extraits, le vin médicinal etc.
La délivrance de médicaments est toujours assortie de recommandations très précises, dans le domaine de l’alimentation et de l’hygiène de vie, qui font partie intégrante du traitement et sont à suivre à la lettre par le patient.
Si le traitement pharmaceutique ne produit pas le résultat escompté, un traitement externe sous forme de bains médicinaux, de massages ou d’applications de cataplasmes est en général préconisé.
En cas d’échec de ces deux protocoles, l’amshi peut avoir recours à des méthodes plus invasives comme l’application de ventouses, la cautérisation ou même les saignées. En dernier ressort, mais de manière extrêmement rare, il procèdera à une intervention chirurgicale.


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LES COMMENTAIRES (1)

Par salima27000
posté le 07 mai à 20:57
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