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"A bord du Darjeeling Limited" : OVNI brillant et décalé signé Wes Anderson

Par Buzzline
 Pitch : Trois frères qui ne se sont pas parlé depuis la mort de leur père décident de faire ensemble un grand voyage en train à travers l'Inde afin de renouer les liens d'autrefois. Pourtant, la "quête spirituelle" de Francis, Peter et Jack va vite dérailler, et ils se retrouvent seuls, perdus au milieu du désert avec onze valises, une imprimante, une machine à plastifier et beaucoup de comptes à régler avec la vie... Dans ce pays magique dont ils ignorent tout, c'est alors un autre voyage qui commence, riche en imprévus, une odyssée qu'aucun d'eux ne pouvait imaginer, une véritable aventure d'amitié et de fraternité... SORTIE LE 19 MARS  Notre avis : Une petite perle signée Wes Anderson. Complètement barré, absurde, nostalgique, frais et mélancolique, The Darjeeling Limited subjugue par ses personnages improbables, mal fagotés mais s'alliant si bien, son ambiance unique, sa musique et son scénario parfait. Un modèle de minutie et de puissance narrative baignant dans une délicatesse infinie... Quatrième film de Wes Anderson après Rushmore, La Famille Tenenbaum et La Vie aquatique, The Darjeeling Limited sillone les sommets du cinéma de genre à contre courant des modèles et des clichés. Assurément le meilleur opus du réalisateur et cinquième coup de coeur de l'année après No Country for Old Men, Into the Wild, Cloverfield et Juno. Aussi insolite que sévèrement barré pour ne pas dire absurde, Anderson s'amuse à modeler son film et son histoire dans un univers à part. Cette histoire de trois frères à la recherche d'un bonheur et d'un idéal perdus surprend et émeut comme elle sait divertir en nous immergeant dans une ambiance douce, éphémère et aérienne. En cause ? L'enfance et les relations fraternelles comme parentales.  Cet univers si particulier et caractéristique, c'est le Darjeeling Limited, un train Indien à passagers restreints, maline métaphore sur la vie et ses aléas. Plus le film avance, plus les situations se décantent au gré des rencontres, des dialogues et des situations aussi pittoresques et tombées de nulle part que des coïncidences. En se focalisant sur la réunion de trois frères improbables, Wes Anderson propose un voyage inoubliable qui prend forme lors d'une longue scène en "travelling" épluchant la vie de tous les personnages dans l'entourage des frères en fin de bobine.  Ces frères, ils sont uniques. Il y a Francis (Owen Wilson), aîné au bout du rouleau tendance suicidaire depuis la mort de son père qui flirte avec l'ironie. Il y a Peter (Adrien Brody), dandy bordélique aussi classe et franc que responsable... et il y a Jack (Jason Schwartzman) le petit dernier (petit dans tous les sens du terme) qui semble renfermer une cruelle violence et un profond désespoir étouffés derrière un look de gentil paumé inoffensif. Ces trois garnements viennent de perdre leur père et se dirigent en direction de leur mère, recluse au fin fond de l'Inde dans un couvent. Au programme : des retrouvailles, des réconciliations, des disputes, des incompréhensions, des rencontres hallucinantes, des mésaventures, des crises de rires, l'amour et des larmes... intérieures comme extérieures.  Au gré d'un récit aussi fragile et sensible que solide comme un roc, Wes Anderson brode une histoire unique malgré le premier abord. En réinventant chaque code et en surprenant le spectateur, le réalisateur éblouit par sa maîtrise narrative. On se retrouve à planer, bercé par une bande originale aux sonorités indie's comme pop rock. Le cadre servant de décor y est également pour beaucoup. Confinés la plupart du temps dans les wagons de ce Darjeeling Limited, le spectateur établit un curieux lien de proximité alternant intimité, décors filant à petite allure et arrêts impromptus sans cause spécifique dans des paysages uniques. Une sorte de délire mélancolique en apesanteur...
 L'écriture fine et intelligente propose au public une relecture de thèmes archi rabachés avec aisance et originalité. C'est en disant le moins que l'on démontre le plus qu'il s'agisse de situations comme d'acteurs. Tous ont retenus la leçon avec brio et se permettent même de parachuter l'ensemble dans un univers au combien décalé. Facile donc de comprendre chaque personnage avec un minimum d'indices le concernant. Egalement hilarant d'apercevoir un Bill Murray qui rate son train laissant Adrien Brody monter à sa place. Que se serait-il passé si Murray, habitué du monde Wes Anderson était monté à sa place ? Certainement une frustration désopilante rien que d'y penser... Constitué de scènettes toutes plus folles les unes que les autres, ces mini histoires font de ce Darjeeling Limited un grand film à part entière où tout s'emboîte à la perfection et surtout comme jamais.  C'est beau, drôle et émouvant. Insufflant une dynamique sans pareil à un tel récit, qu'il s 'agisse de performances artistiques comme de mise en scène, le long métrage de Wes Anderson est d'une stupéfiante beauté poétique, bohème et crystaline au charme imparable. Une oeuvre au doux parfum d'une Sofia Coppola matiné de ce que sait faire de mieux Anderson à savoir une peinture douce et amère de plusieurs générations tiraillées entre leurs liens familiaux.  Simple, efficace, sans détour inutile : The Darjeeling Limited impressionne et s'impose comme une réussite majeure en mode mineur. Impérial de A à Z quelque soit l'étape de ce voyage initiatique complètement surréaliste mais tellement humain.  On ne veut pas que ça s'arrête et si le voyage peut vous paraître trop court, rien ne vous empêche de remonter dans le train la séance d'après... 

 

    

Pourquoi y aller ? 

Pour le trio de frères aussi stupéfiant que mélancolique auréolé d'un look à part entière. Pour les dialogues qui tuent. Pour la BO. Pour la mise en scène barrée et unique. Pour le train, véritable voie ferrée tendance tourbillon de l'amour et des sentiments. Pour le scénario minimaliste en surface mais plus profond que tout tout au fond des âmes.

Ce qui peut freiner ?

Rien sauf si vous êtes malades en train... 


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