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Violences sur les animaux et les humains : le lien

Par Taomugaia

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Violences sur les animaux et les humains – Le lien : Collectif sous la direction de Andrew Linzey. Éditions One Voice

Une conférence internationale à l’origine du projet
En 2007, sous les auspices de l’Oxford Centre for Animal Ethics à Keble College de l’université d’Oxford, se tenait la première conférence internationale sur les liens entre maltraitance animale et violence envers les personnes. Ce projet a enthousiasmé One Voice qui a placé depuis longtemps l’unicité des combats au cœur de sa ligne d’actions. Enfin ! Il existe un collectif de professionnels ayant compris l’importance de lier problématiques humaines et animales dans le cadre de la lutte contre les maltraitances. Ce projet avant-gardiste a permis la réalisation de nombres d’articles passionnants, regroupés dans « Les animaux et les humains – Le lien ». Leurs auteurs sont des spécialistes du monde entier, dans des disciplines aussi variées que la philosophie, la psychologie, la criminologie, les sciences politiques, la littérature, l’éthique, le droit, l’anthropologie, la sociologie et d’autres encore…
La direction de l’ouvrage a été confiée à Andrew Linzey, directeur de l’Oxford Centre for Animal Ethics et membre de la faculté de théologie de l’université d’Oxford, auteur de nombreux ouvrages dont Théologie animale (paru aux éditions One Voice en 2010).

Une seule violence
Le lien qui est mis en évidence est fondamental et de nature à bouleverser bien des pratiques. Il n’y a pas des « violences » mais « une » violence, celle qui est perpétrée contre les individus – humains ou animaux – en état de faiblesse, physique ou psychologique. Et la fameuse formule qui énonce que la violence engendre la violence, prend tout son sens. Car les victimes de violence sont plus enclines à en devenir elles-mêmes auteurs… Le lien entre maltraitance animale et cruauté des enfants, violence domestique, maltraitance des enfants et maltraitance des personnes âgées devient tangible. La nécessité de s’affranchir d’une distinction légale de la nature – humaine ou animale – de la victime devient une évidence.

La violence est sans discernement
Plusieurs études s’accordent ainsi à dire que lorsqu’il y a maltraitance animale au sein d’un foyer, les personnes sont également exposées à un risque. Les chercheurs considèrent en effet que la violence s’exerce le plus souvent d’abord envers les animaux, ce qui contribue à insensibiliser son auteur à la souffrance. Puis les victimes deviennent bourreaux comme l’illustrent trop d’exemples d’enfants et d’adolescents ayant pris part à des tueries. C’était le cas par exemple de Mary Bell, cette fillette de 11 ans qui a tué deux garçons de 3 et 4 ans. Elle était particulièrement violente et étranglait des chats et des oiseaux… Sa mère abusait d’elle, avait essayé de la tuer à 4 reprises et l’avait prostituée dans un contexte sadomasochiste.

Une collaboration pertinente
Preuve sans doute de la pertinence et du potentiel de la mise en évidence de ce lien, aux Etats-Unis et au Royaume-Uni, les services de protection de l’enfance et de protection animale commencent enfin à travailler ensemble. Le Links Group, à l’origine de la conférence, est  une organisation qui, depuis 2001, œuvre à mieux faire comprendre les liens entre maltraitance d’enfant, maltraitance animale et violence familiale et gère le soutien d’organisations caritatives dans les domaines de l’humanitaire et de la protection des animaux. Mais la mise en commun des objectifs de ce type d’organisations est encore trop souvent inaccessible, comme s’il fallait établir une graduation de la violence qui dès lors qu’elle concernerait des humains imposerait de se désintéresser de la cause animale. Or c’est précisément l’inverse car résoudre la problématique animale est susceptible d’apporter de multiples réponses à la problématique humaine… On ne résoudra pas les problèmes de maltraitances en distinguant des types de violence en fonction de la victime.

Réhabiliter la capacité d’empathie
Au fil des pages on perçoit qu’au-delà de la violence avérée et réputée illégale voire criminelle, c’est la violence devenue habitude, voire entrée dans les mœurs qui serait à l’origine de bien des déviances. Une étude réalisée aux Etats-Unis sur un échantillon de coupables de maltraitances participant à un programme thérapeutique, « plus de 50% des hommes interrogés ont déclaré qu’ils étaient chasseurs et qu’ils possédaient des armes à feu ». De même, le contexte familial de nombreux homicides apparaît ancré dans la banalisation d’actes violents et en particulier de la mise à mort d’animaux. C’est le cas en particulier d’un nombre significatif d’adolescents devenus tueurs et dont le contexte familiale valorise la chasse comme loisir… L’éducation des enfants, qui leur apprend l’empathie comme une faiblesse à surmonter, a un impact fort sur l’évolution de notre société. Au contraire, il faudrait cultiver cette empathie naturelle et la mettre au cœur de nos modes de vie pour « réapprendre » l’humanité à l’humain…


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