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Scénario disparu (décevant thriller)

Par Borokoff

A propos de Disparue de Heitor Dhalia ★½☆☆☆

Amanda Seyfried - Disparue de Heitar Dhalia - Borokoff / Blog de critique cinéma

Amanda Seyfried

A Portland (Oregon), sur la côte Est des Etats-Unis, Jill (Amanda Seyfried) vit avec sa sœur Molly dans la peur que son kidnappeur ne revienne. Un an plus tôt, elle a en effet été enlevée par un tueur en série puis séquestrée dans un trou, au milieu d’une forêt jouxtant la ville, avant de réussir à s’échapper. Mais la police n’a jamais cru à son histoire. Lorsqu’un matin, en revenant de son travail de nuit dans un fast-food, Jill découvre que sa sœur a disparu, elle appelle en panique la police qui la prend de nouveau pour une « folle » et une affabulatrice. Révoltée, livrée à elle-même, Jill décide de partir à la recherche de sa sœur et de traquer seule le tueur.

Quatrième long-métrage du réalisateur brésilien Heitor Dhalia, Disparue partait plutôt bien. Rythmé, peuplé de personnages jeunes aux psychologies sommaires et aux caractères tous plus ambigus les uns que les autres – du policier inquiétant qui est le seul à croire Jill et veut l’aider au petit copain équivoque de Molly – Disparue se laissait agréablement suivre, bon petit polar de série B faisant penser à Taken ou Scream (l’hémoglobine en moins).

La suite dément ces propos. Au charme un tantinet désuet de la réalisation de Dhalia (on pourrait dire « à l’ancienne ») succèdent rapidement les tics d’une série télévisée type Criminal Minds (Pardon, Esprits criminels) avec ses courses-poursuites attendues et son meurtrier qui tombe aussi vite que sa chute.

Amanda Seyfried a beau se débattre (et elle s’en sort plutôt bien), elle ne peut sauver le scénario de la noyade et d’un suspense qui s’évente assez vite. La chute est maladroitement amenée et ratée. Elle tombe abruptement et manque de crédibilité comme le rebondissement en forme de coup de théâtre bâclé qui l’accompagne.

Disparue repose en fait entièrement sur les épaules d’Amanda Seyfried, qui porte le film de bout en bout. Elle incarne un personnage à la fois fragile et courageux, traumatisé et fort, déterminé surtout à en découdre avec cet homme qui la poursuit depuis un an et qui s’en est pris lâchement à sa sœur parce qu’il n’a pas réussi à l’avoir elle.

Ce qui aurait été intéressant – mais qu’on ne voit pas – avec une mise en scène et un scénario à la hauteur, c’est de jouer davantage sur l’ambivalence du personnage de Jill, sur son ambigüité, le fait qu’on ne sait pas si toute cette histoire est une projection mentale, un phantasme, une hallucination ou bien la réalité.

C’est ce que la mise en scène et le scénario essayent vaguement de faire, en nous interrogeant sur la santé mentale et l’équilibre psychologique précaires de Jill, qui pourrait bien avoir tout inventé. Le seul problème, c’est qu’on devine très vite que Jill n’est pas folle. C’est un danger mortel pour un scénariste que le pouvoir anticipation du spectateur. Encore plus dans un thriller.

Or, dans Disparue, on nage en plein dans ce travers, et le spectateur devine constamment ce qui va se passer. Au moins, la chute aurait-elle pu sauver ce qui avait tué tout suspense et que l’on considère comme un poison pour un réalisateur (déjà moyen en l’occurrence) : un mauvais scénario.

http://www.youtube.com/watch?v=BJ_ffM_h5Jc

Scénario d’Allison Burnett :

½
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Mise en scène : 

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Acteurs : 

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Dialogues :

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Compositions de David Buckley :

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