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Le machisme d’Etat

Publié le 06 juin 2012 par Parallaxe
Le machisme d’EtatLe Conseil Constitutionnel est sensé être le siège de la sagesse éclairant le monde politique pour le guider dans son travail législatif et lui éviter de sortir des principes de la Constitution Française. Ils sont neufs sages qui regardent d’un œil scrupuleux les travaux de l’Assemblée pour donner ou refuser leur imprimatur. Le Code Pénal contenait un article punissant le harcèlement sexuel. La loi de 1992, modifiée en 2002, précisait que le fait de harceler autrui dans le but d’obtenir des « faveurs » (sic !) de nature sexuelle est puni d’un an de prison et de 15000 euros d’amende. Le Conseil Constitutionnel a abrogé cet article du Code pénal au prétexte qu’il a jugé la formulation trop floue, avec effet immédiat. Et l’effet a été immédiat. Toutes les plaintes en cours, tous les procès en cours concernant un harcèlement sexuel ou moral ont été annulés. La situation est donc qu’aujourd’hui il est devenu impossible de porter plainte pour ce motif. Les harceleurs peuvent donner libre cours à leurs vices… et les femmes n’ont plus que le droit de se morfondre et de supporter. On imagine sans peine la détresse de celles qui sont soumises à leurs bourreaux malveillants, qu’ils exercent leur sale boulot au sein du monde du travail ou du monde conjugal. Neufs hommes et deux femmes siègent au Conseil constitutionnel. On imagine facilement, du moins on l’espère, l’indignation de ces dernières lorsque les machistes cacochymes ont effacé d’un trait de plume le seul moyen donné aux femmes harcelées de se défendre tant bien que mal. Certes, l’Assemblée va voter un nouveau texte sur la violence faite aux femmes. Mais le temps passe et laisse les harceleurs dans l’impunité totale. Les allées et venues entre l’Assemblée et le Sénat vont laisser le temps pour que quelques femmes soient poussées à la démission, voire pire. Comment ces hommes d’un autre temps n’ont-ils pas imaginé de laisser la loi en cours se poursuivre et de demander aux politique d’en améliorer le texte avant toute abrogation, pour éviter ce vide juridique insupportable, même s’il est provisoire. Il est plus que temps que la constitution du Conseil constitutionnel soit revue en profondeur !

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