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Le grand soir, Réveillez-vous !

Par Unionstreet

Le grand soir, Réveillez-vous !

Le grand soir, de Benoît Delépine et Gustave Kervern: Le 06/06/2012.

La société est malade. Elle à tué le plus simple des plaisirs, celui de vivre ici et maintenant.
Le grand soir est l’histoire de cette prise de conscience. Mais ici, pas de leçon de moral, pas de discours creux, juste un morceau de vie, celui de deux frères inadaptés, bien décidés à réveiller notre monde engourdi.
Porté par l’esprit politiquement incorrect de nos deux grolandais préférés, Benoit Delépine a.k.a Michael Kael et Gustave Kervern, ce cri de rage éclate dans une bonne humeur burlesque mais grinçante.

Le grand soir, Réveillez-vous !

L’esprit Groland, c’est d’aller chercher l’extra-ordinaire dans la vie des petites gens, ceux qu’on ne voit jamais à la télé, ceux qui parlent, agissent et respirent sans artifices.
Prisonnier de leur forteresse mercantile, une zone commercial impersonnelle comme il y en à des centaines en France, garnis de panneaux publicitaires ostentatoires et de structures en carton pâtes, nos deux punks à chien nous ré-apprennent à apprécier l’essentiel, la force de l’instant comme le droit de rêver à une cause qui nous dépasse.

Avec sa distribution parfaite et sa mise en scène malicieuse, Le grand soir nous émeut, nous effraye mais surtout nous fait rire, du début à la fin. L’enchaînement brusque mais rythmé des gags, le jeu fusionnel de Dupontel et Poelvoorde au sommet de leur génie comique relève du miracle cinématographique. Des duos comme cela, on ne voit pas tous les jours dans le cinéma français contemporain. L’alchimie des deux bonhommes

est jouissive, et leur incroyable énergie, brute et enfantine nous touche droit au coeur, sans manière. Rien que de les voir déambuler dans un Fendwick, voler dans les caddies des grand mères et squatter des jardins qui pourraient être les nôtres nous comble d’une joie sincère et bienveillante.

Le grand soir, Réveillez-vous !

La vérité de notre condition n’a alors jamais été aussi évidente, limpide. Cette vie de tout les jours au sein de notre société de la croissance et du confort devient ici insupportable de par sa trivialité rebutante et son vide existentiel. Reste alors le pavé dans la marre, l’envie de tout envoyer chier pour simplement se mettre dans le crâne que, tant qu’on boit, mange et marche, on est pas mort.

Alors pas de soucis à se faire tant qu’on met un pied devant l’autre, juste l’obligation de se battre pour pouvoir conserver le droit de vivre des choses simples dans un monde qui semble vouloir absolument nous détourner de l’essentiel.

Tout cela sonne peut être creux dit comme ça, n’empêche que rarement un film avait su le dire avec autant de panache, d’humilité et de simplicité. Chapeau bas messieurs et merci pour la piqûre de rappel.

Salut…….et Banzaï !


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