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Lou Reed à l'Ancienne Belgique, Bruxelles, le 15 juin 2012

Publié le 15 juin 2012 par Concerts-Review

Lou Reed : "From VU to LULU" Tour 2012.06.15 - Ancienne Belgique, Brussels.

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Dscn5443.jpgC'est devant une AB "sold out" que Lou Reed se produisait à l'occasion de la tournée "From VU to LULU". Pour ceux et celles qui n'auraient pas encore fait le rapport, voyez du " Velvet Underground à LULU" dernier album en date de Lou Reed co-écrit avec le groupe Metallica. On commence avec 10 bonnes minutes de retard et en sachant que les concerts doivent finir impérativement à 22h30, on se dit qu'on aura pas tout ce qu'on est en droit d'attendre d'un artiste avec une aussi longue carrière parsemée d'albums inégaux en qualité mais toujours sincères dans la démarche.

A la demande de Lou, le public ne peut entrer dans la salle avec des gobelets ni des boissons ! Je comprendrai pourquoi un peu plus tard.

Lou Reed est entouré de 9 musiciens dont une choriste qui assurait une première partie soporifique et linéaire qui n’avait que le mérite de nous permettre de socialiser et de faire connaissance avec ses voisins. Un couple américano-belge à ma gauche, un couple francophone à ma droite et un trio de flamands devant. Je ne vous dirai rien de mes voisins de derrière car depuis que la Grèce est en délicatesse avec l'Europe, j'évite de me retourner... Bref, voilà notre Lou qui arrive sur scène et, surprise, il marche péniblement entre des lignes phosphorescentes tracées au sol pour lui indiquer la voie (la voix ?) à suivre. C'est vrai, il à 70 ans depuis le 2 mars dernier et le physique semble accuser le coup. Je pense aussitôt à Johnny Winter et je me dis qu'un sprint entre ces deux grands s'apparenterait plus à une course d'endurance pour escargots mâles 3ème année qu’à un jumping international pour hippocampes nains à Velreye-les-Brayeux (entité d’Estinnes). Ca me fait rire de déconner tout seul, je suis comme ça.

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  Bon, le physique c'est plus çà mais le reste? On est fixés d'entrée avec "Smalltown". La voix a toujours ce léger tremblement caractéristique mais aussi ce côté narratif qui est propre à Lou Reed et qui fait son charme. 

J'entends des réflexions à côté de moi : « Il a toujours sa voix ! » Oui, c'est vrai, mais d'un autre côté compte tenu de ce qui précède, le contraire m’eut étonné puisqu’ il n'a jamais du vraiment la pousser, soyons honnêtes. Mais on n'est pas là pour s'étendre sur les arabesques vocales du ci-devant citoyen Reed mais plutôt sur les qualités d'écriture de l'homme. Et là, chapeau bas, il sait le faire. 

Dscn5447.jpgOn enchaîne avec "Heroin" et là le public exulte, on se croirait revenu au temps de "Rock'n'Roll Animal". Une chanson toute en climats qui tantôt s'emballe avant de retomber presque dans un souffle, très bon! Vient ensuite un autre très gros morceau avec "Waiting For The Man" et tout de suite on se rend compte du côté obsessionnel que peuvent avoir certaines compositions de l'artiste car il nous assène les 3 ou 4 mêmes accords en boucle sans jamais varier d'un iota, ça frappe sans vous laisser le temps de respirer et ça part en spirales qui vous vrillent le cerveau pendant plus de 6 minutes, c'est peut-être ça qui fait la magie du morceau, ce côté marteau pilon, qui ne cesse jamais.

 Le concert se poursuit et nous voici arrivés à ce qui crée la polémique parmi les fans tant de Metallica que de Lou Reed : les extraits de l'album "LULU". Les puristes des deux camps trouvent que c'est une association contre nature et pour avoir écouté l'album, j’avoue ne pas avoir pu arriver à la fin du cinquième titre! Je pensais devenir enragé, mais les goûts en matière artistique sont très subjectifs et liés à la sensibilité de chacun. On retrouve les riffs plombés de Metallica dans les titres "The View" et "Mistress Dread". 

Dès que le second morceau du triptyque "Lulu" se termine je comprend enfin pourquoi on ne pouvait entrer avec des gobelets ni des boissons. Ca hue et ça siffle autant que ça n'applaudit, surtout à ma droite et je me dis qu'avec des armes à caractère bibitif en mains, on aurait certainement vu voler autre chose que des mouches!  Sécurité donc. 

Concert très bien agencé car il est divisé en sections thématiques et on passe maintenant à des morceaux plus acoustiques, plus empreints d'une "Irish Touch", violon, guitare acoustique et toujours cette ambiance particulière dont Lou Reed joue avec tant d'aisance. Il se meut (du verbe se mouvoir) avec difficulté mais qu'est ce qu'il est efficace. Le bougre a du métier, il en a vu d'autres. 

Vient alors ce qui reste pour moi, le choc, le point fort du concert. Il ne s'agit pourtant pas d'un des grands classiques de Lou Reed mais bien d'une compo avec Metallica! Oui, vous lisez bien, je prends une vraie baffe en plein visage, je suis mis KO par la beauté du texte et par l'interprétation magistrale, le groupe est en fusion totale, c'est magique ce "Junior Dad" qui se termine en plongeant la salle dans le noir complet si ce n'est une poursuite qui envoie un faisceau blanc simulant la lune sur une des tentures de scène. Je retiens mon souffle et je n'ai plus un poil du corps en position couchée, je suis anéanti tellement c'est beau. 

Il est 22h32, fin du concert se dit-on. Que nenni! Le band revient sous les acclamations du public pour deux morceaux. L'obsédant "Beginning To See The Light" qui sonne parfois plus Byrds que les Byrds eux-mêmes suivi par l'inévitable et monumental "Sweet Jane".

 Ici, Lou Reed nous délivre une version plus proche de celle du Velvet Underground que de son fabuleux live "Rock'n'Roll Animal". 

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Voilà, la messe est dite et en tant que paroissien de Lou Reed pour la première fois, j'ai beaucoup aimé, adoré à certains moments mais je n'ai aucun point de comparaison me permettant une critique plus pointue. Ce sont donc les oreilles et le coeur qui ont dirigé ma plume. Je me demande ce que sera le concert de ce soir étant donné qu'avec la demande très importante, il a fallu dédoubler le concert et programmer une deuxième date. Serait-ce un signe? 

Ah, j'oubliais le jeu de lumière était très cool, pour une fois pas besoin de cligner des yeux à tout bout de champ. 

 Setlist : 01. Smalltown. 02. Heroine. 03. Waiting For The Man. 04. Senselessly Cruel. 05. The View. 06. Mistress Dread. 07. Street Hassle. 08. Slip Away (A Warning). 09. Cremation. 10. Think It Over. 11. Walk On The Wild Side. 12. Sad Song. 13. Junior Dad. Encores : 14. Beginning To See The Light. 15. Sweet Jane.

 Par Mitch “ZoSo” Duterck


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