Magazine Beaux Arts

Rencontres d'Arles 2012

Par Alexia Guggémos

La 43e édition des Rencontres d'Arles est consacrée à l'École de la photographie qui fête en 2012 ses 30 ans d'existence. Diplômée de l'Ecole Nationale Supérieure de la Photographie en 1994, la photographe Mireille Loup, 42 ans, vit à Arles, et enseigne aujourd'hui à l'Ecole de la photographie. Elle est l'une des 60 artistes à bénéficier d'une exposition personnelle. Mireille Loup montre la 1ère série de photos intégrant la réalité virtuelle. A découvrir, jusqu'au 23 septembre. Chaussez vos lunettes !

Pourquoi avoir intégré la réalité virtuelle dans votre dernier travail photographique intitulé « 53.77 » et exposé à la Grande Halle à Arles ?

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Ce travail propose une évolution fantomatique en 18 photographies. Une jeune fille et un enfant se croisent parfois dans un même espace, sans pour autant entrer en interaction. Ils semblent absents l'un pour l'autre. La notion de vide est accentuée par la composition de l'image et l'atemporalité de lieux dénudés. Pas de meubles, pas de signes. Au fur à mesure des photographies, quelques indices sont donnés au spectateur pour lui suggérer un lien avec le surnaturel. Libre à lui alors de s'interroger sur le titre 53.77, 1953, 1977, sur ce jeu de croisements de temporalités différentes. La réalité est un lieu donné à un instant T qui doit être saisi par quelqu'un. Ici, le temps se croise et le lieu ne s'incarne que par l'action du spectateur avec le principe anaglyphe. Il entre en interaction avec les modèles, la jeune fille et l'enfant, par le port ou non des lunettes. Il peut ainsi à loisir les incarner ou les désincarner.

« Que voyez-vous, que voulez-vous voir ? » est le titre d'une série de conférences que vous donnez à Arles. Est-ce la question que vous posez à vos étudiants ?

C'est la question que je souhaiterais poser à tout le monde et pour tout agissement dans nos vies. Nous évoluons dans une réalité de plus en plus virtuelle. Je parle bien sur des réseaux sociaux, mais également et principalement de cette fenêtre par laquelle nous regardons le monde : notre écran d'ordinateur nous offre un champ de vision souvent inférieur à un angle de 46 °, ce qui est l'angle de netteté de la vision de notre œil. Cela signifie que nous rétrécissons au moins 8 heures par jour notre champ de vision. Le cycle de mes conférences interrogera cette notion, tout comme la série 53.77 questionne le principe de réalité virtuelle.

« Nocturnes ou les garçons perdus », œuvre interactive que vous avez réalisée en 2011 est la première série photographique sur iPad. Comment l'avez-vous vécu ?

Nocturnes ou les garçons perdus est le premier livre jeunesse photo-texte sur iPad, semblerait-il. Consommer l'image sur iPad est un support pratique, léger, qui permet un zoom dans l'image, interactif par adjonctions tactiles, sonores, vidéo. C'est un bon moyen qui répond à nos exigences du monde moderne, car l'artiste doit vivre avec son temps. Mais en matière de création, il s'agit d'un processus extrêmement fermé, codifié et infiniment chronophage. La création pour iPad revient à entrer dans « la matrice ». Gare à la réduction du champ de vision ! J'ai passé des nuits entières à taper des lignes de code et à détourer trois pixels. La joie de vivre et la liberté en prennent un sacré coup !

➢ Le site de Mireille Loup www.mireilleloup.com


Nocturnes ou les garçons perdus sur iPad par mireilleloup

 

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