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466] "Parlez-moi d'Amour" Frédéric Recrosio ...

Publié le 19 mars 2008 par Florine

PRESSE : ARCHIVES  " Tribune de Genève " du 5 mars 2008 par Corinne Jaquiery

Sublimer l’échec amoureux avec Frédéric Recrosio

Parler d’amour, il n’y a que ça qui l’intéresse. Comme une pièce de Feydeau pour un seul personnage, le nouveau spectacle de Frédéric Recrosio raconte l’histoire toujours recommencée du désir, du couple et de l’impossibilité de vivre à deux. Rencontre avec un trentenaire qui a vu la vérité amoureuse en face.

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C’est l’humoriste suisse romand qui monte, qui monte, notamment à Paris. Après avoir fasciné ses concitoyens et les Parisiennes avec Rêver, grandir et coincer les malheureuses, un spectacle qui relatait quasi pédagogiquement ses premiers émois sexuels, Frédéric Recrosio, 32 ans, a été repéré par les médias français. Après Canal?+,?il est aujourd’hui l’un des chroniqueurs attitrés de Stéphane Bern sur France Inter.

Quelques expériences amoureuses, ou non, plus tard, il remet le couvert avec Aimer, mûrir et trahir avec la coiffeuse. Et pour nous spectatrices, le sentiment d’en savoir un peu plus sur les articulations du désir masculin.

– Vous parsemez votre propos de sentences définitives et citez régulièrement des philosophes. Pourquoi?

– C’est une envie d’épaisseur. Je voulais rendre compte de la complexité du couple, mais ce n’est pas un travail universitaire, c’est juste un témoignage. Les philosophes sont une source d’inspiration, comme l’observation et l’écoute des autres. En revanche, certaines de leurs phrases sont tellement originales et intelligentes, qu’elles sont juste définitives. Comme celle-ci de Cioran: «L’amour est l’affection désabusée qui survit à un instant de bave».

– La relation de couple, est-ce une question tellement essentielle?

– C’est ce qui m’intéresse le plus en ce moment. On ne peut pas trouver dans un destin professionnel ou dans la pratique du saut à ski, l’intensité que l’on rencontre dans une relation. Le choc amoureux colore la vie.

– Comment le traduire sur scène?

– Je ne fais que poser des question. Quelle est cette chose qui m’avale et dans laquelle je me jette à corps perdu? Pour quels enjeux? Et je m’attaque en même temps au ridicule de nos conditions. Je commence par moi, car il y a de la matière. En amour comme ailleurs, à peine se sent-on gracieux que l’on trébuche. Je suis en fait mon propre con.

– N’y a-t-il pas du cynisme à dire que quitte à être malheureux, pourquoi ne pas l’être à deux?

Le célibat c’est faire tout ce qu’on veut quand on veut, mais encore faut-il faire les bons choix. Etre libre c’est aussi la liberté de faire son propre malheur. A deux, dans l’échange, il y a toujours quelque chose de vivifiant.

– Pensez-vous réellement que la relation amoureuse puisse constituer un matériau inépuisable de réflexion?

– J’en aurais sûrement bientôt un nouveau comme le fait de vieillir, décrépir, s’aplatir, perdre la force, l’invincibilité… Dans mon spectacle, je cite Mick Jagger comme l’archétype de quelqu’un qui ne veut pas grandir. Pour moi le rock, c’est la liberté, l’adolescence. Je ne pense pas qu’on mûrit vraiment, on s’éloigne de l’enfance, c’est tout. C’est d’une banalité confondante, mais j’ai toujours voulu traiter le banal. L’ordinaire. C’est là que la vie est significative.

– La coiffeuse semble être pour vous l’archétype de la pétasse d’un soir, cela semble un peu réducteur, non?

Il se trouve simplement que l’on trompe plus rarement sa compagne avec une architecte! En même temps, il y a parfois plus de choses éliminatoires chez une fille dont tu tombes amoureux que chez une coiffeuse. Si tu aimes, elle peut bien avoir des mèches orange ou bleues, cela n’a aucune importance. On passe son temps à imaginer la fille parfaite, on rencontre l’inverse et on tombe amoureux. C’est purement magique. Et puis, à l’épreuve du temps, on se rend compte que deux personnes si différentes ne sont pas compatibles.

- Vous situez-vous dans la lignée des comiques sexuels?

– Je suis un comique existentiel. C’est la comédie humaine d’aujourd’hui qui me touche, même si je pleure aussi sur ma queue. On ne peut pas échapper aux repères de notre époque. Je veux juste excercer le scepticisme et ne pas prendre pour argent comptant les rêves à deux balles du récit amoureux de la télévision ou des récits grandiloquents de la littérature.

– Et vous ressentez-vous un comique suisse?

– Je fais plus partie d’une génération que d’un canton ou d’une nation. En même temps, mon spectacle est vraiment intergénérationnel car ce sont les mêmes préoccupations depuis des siècles. Aujourd’hui, c’est l’excitation qui mène le monde. Pour Nietzsche, ce qui importe à l’homme moderne n’est ni le plaisir ni le déplaisir mais le fait d’être excité. On vit peut-être une frustration qui est de plus en plus insupportable car partout, sur tous les murs, il y a un morceau de peau que l’on ne peut pas avoir. Forcément, on en retire l’impression que ce que l’on a ne nous suffit pas.

– Qu’avez-vous retiré de cette exploration?

– J’ai remarqué une chose: en amour, on se regarde et on se dit je ne suis pas malheureux, mais cela pourrait être mieux... On voudrait que sa vie soit différente mais on ne trouve personne qu’on voudrait être. C’est bien la preuve qu’il n’y a pas de recette, alors il n’y a qu’une chose à faire: échouer mieux!

» Un livre: Rêver, grandir et coincer des malheureuses, autobiographie sexuelle d’un garçon moyen. Frédéric Recrosio, Intervista.

source : www.tdg.ch

Lien : www.fredericrecrosio.ch


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"Rêver, grandir et coincer des malheureuses"  par Frédéric Recrosio Ed. Intervista

Magnifique, sauf des fois.
Lamentable, mais pas toujours. Ma vie sexuelle. Et c'est pas facile de la raconter à tout le monde. "Quand t'étais petit, tu courais tout le temps, parce que quand t'es petit, tu marches pas, tu cours, où que t'ailles, comme si c'était génial d'aller là-bas... pourtant là-bas, en général, il y avait qu'un chien, l'école, ou un truc sale par terre... mais c'est fou comme c'était chouette un chien, l'école, ou un truc sale par terre.
Maintenant quand tu cours, c'est juste pour pas finir dernier. Qu'est-ce que tu veux, t'as pas fini mieux qu'adulte." Frédéric Recrosio réussit l'improbable : parler de sexualité sans vulgarité ni misogynie. L'auteur épingle autant la lâcheté masculine que la fausse candeur des filles. Le tout avec un sens de l'observation imparable et une sincérité désarmante.

source : www.decitre.fr


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