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Le joueur d'échec

Publié le 25 juillet 2012 par Olivier Walmacq

geri_chess

La critique joueuse de Borat

Suite à l'Oscar de Tin Toy et plusieurs publicités, Pixar se sent prêt à réaliser un long-métrage. Les studios Disney, alors en plein renouveau depuis La petite sirène, se voient intéressé et concluent un accord avec Steve Jobs. Jusqu'à 2005, les relations entre les deux studios se porteront corrects malgré quelques engueulades notoires (notamment au sujet de Toy Story 2 qui ne devait être qu'un vulgaire DTV au départ). Pixar accouche en 1995 de Toy Story, prouesse visuelle s'il en est, preuve que l'on peut marier ordinateur et émotions.
Pendant que le studio se penchait sur 1001 pattes, Jan Pinkava, instigateur du futur Ratatouille (vu que le projet s'embourbait, Brad Bird a été appelé à la rescousse pour notre plus grand bonheur), bossait sur un nouveau court-métrage Le joueur d'échecs.
Le court aura l'honneur de l'Oscar du meilleur court-métrage animé mais aussi un prix pour son auteur à Annecy. De plus, le film aura droit à une visibilité internationale en étant diffusé juste avant 1001 pattes. Une méthode que referont à chaque fois les studios Pixar.

Après Tin Toy, Pixar continue dans la comédie burlesque avec cette histoire de deux vieillards jouant aux échecs. D'un côté nous avons un vieil homme à lunettes peu énergique et hésitant un peu à mettre ses pions. De l'autre, un autre vieillard mais sans lunette et particulièrement énergique.
Ce dernier bat à plate couture le premier, faisant tomber un par un les pions de son adversaire. Mais comme l'indique le titre original, il s'agit du jeu de Geri et dès les premières secondes, Pinkava nous montre l'envers du décor. Il ne s'agit pas de deux personnes jouant normalement mais d'une seul! Geri joue donc deux rôles dans un délire schizophrène absolument fendard.
D'ailleurs, Pinkava a le bon truc pour nous montrer la solitude de son personnage. Il regarde devant puis dans un plan large le désert ambiant de l'automne !
C'est alors qu'il se déplace. A partir de là, le rythme est plus rapide vu qu'on a passé l'introduction. Ainsi on a vraiment l'impression de vivre un duel.
Cela devient même une folie ambiante absolument trépidante puisque Geri a deux personnalités bien distinctes. L'un le vantard, l'autre le gentil.

Puis tout d'un coup retournement de situation dans tous les sens du terme. Les régles du jeu ont changé et la place des personnages aussi. Le regard candide du Geri à lunette est absolument redoutable, ce dernier prenant le dessus sur l'adversaire vantard bloqué par une mise en scène improbable. Une malice à toute épreuve et qui prend fin par un don de dentier !
Mais là où Pinkava fait fort, c'est que lors de l'échange, il n'y a pas l'ombre de Geri se déplaçant, comme pour souligner encore une fois l'ambiguité de la chose.
La musique à base d'accordéon souligne cet effet un peu français que l'on retrouvera sur Ratatouille, ce qui contraste avec le décor qui évoque plus Central Park. A
u niveau de l'animation, et bien que les choses ont changé depuis 1997, Le joueur d'échec n'a pas pris une ride. Pour ceux qui le reconnaîtront, Geri sera le nettoyeur de Woody dans Toy Story 2.
En revanche là, pas de schizophrénie. En résulte, un mémorable court-métrage qui montre que la vieillesse n'empêche pas la malice.

Note: 20/20

Le joueur d'échec
pas vu non plus mais je compte bien le faire dans la semaine


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