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Les compagnons de la grappe de John Fante (Roman, 1977)

Par Florian

les_compagnons_de_la_grappe.jpgJohn Fante est un écrivain américain, fils d'immigré italien. Dans ses oeuvres, bien que les personnages soient fictifs, il narre sa vie vécue dans un milieu populaire, celle de sa famille, son vagabondage... Il mourra en 1983 à l'âge de 74 ans.
Les compagnons de la grappe sera son avant-dernier roman, paru en 1977. Fante y évoque les turpitudes de la vie familiale de l'écrivain quinquagénaire Henry Molise et particulièrement sa relation avec son père, le vieux Nick, immigré de Toscane, qui a durant toute son existence construit des murs. Aujourd'hui, il est devenu un vieil alcoolique de 74 ans aigri, qui paie ses écarts de conduite auprès de la gent féminine quelques années plus tôt. En effet, son excentrique femme ne lui fait plus confiance et s'affole pour un rien.
Outre l'alcool et les femmes, un autre vice du vieux Nick est son addiction au jeu d'argent, dont le poker. Très impatient et expressif, il se fait régulièrement plumer.
Sa relation avec ses quatre enfants est distante. Père autoritaire, peu affectueux, Nick n'a jamais pardonné à ses trois fils de ne pas avoir suivi la même voie professionnelle à laquelle il a consacré toute vie.
Entre les enfants, la relation n'est pas des plus fraternelle. Ils reprochent à leur père la vie sans envergure qu'ils mènent. Heureusement pour Henry, il a fait depuis longtemps le choix de s'éloigner de l'environnement familial. Mais lorsque sa mère menace une nouvelle fois de divorcer, Henry revient à Saint Elmo où il a passé les premières années de sa vie.
Là-bas, il va y apprendre la dernière lubie de son père : bâtir une hoteuse dans les montagnes pour renflouer ses poches, avec l'intention d'embarquer Henry dans son projet...
À travers le personnage de Henry, Fante aborde sa relation ambiguë avec son père faite à la fois de haine et de compassion. Une obsession qui semble présente dans ses autres livres tout comme les relations froides avec les autres membres de la famille.
 
Pour me décrire ce bouquin, on me l'a comparé à Orwell. En effet, tout comme l'auteur britannique, Fante a vagabondé à droite et à gauche quelque temps lorsqu’il a quitté la maison familiale pour s'éloigner de la tutelle du père. Cependant, Les compagnons de la grappe n'a pas l'aspect social et engagé d'un Orwell. Fante est davantage sur la construction émotionnelle de ses personnages, leurs interactions avec autrui.
Un roman prenant, même s'il semble ne pas être le meilleur de John Fante.


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