Depuis que les emprunts liés à sa construction sont remboursés, le débat fait rage des deux côtés du bras de mer L'équipement officiellement rentabilisé depuis le 31 décembre, le péage du pont de Ré n'a pourtant pas disparu et ses tarifs se sont maintenus. Certains usagers du pont, comme l'association pour la Gratuité pour tous les engins motorisés sur l'île de Ré (GemRé), réclament sa gratuité. A juste titre ? Pour la préservation de l'île Si le remboursement du pont n'est plus compris dans le prix du péage, c'est aujourd'hui l'écotaxe qui justifie, pour moitié, les tarifs en vigueur. Cette taxe existe depuis 1999, mais, avant le 1er janvier, elle n'était que de 3,05 €. En 2009, une loi autorisait son déplafonnement pour préserver l'île. Selon les prévisions du Conseil général, elle devrait dégager 6 millions d'euros en 2012, dont 55 % pour la Communauté de communes de l'île et 45 % pour le Conseil général. Elles serviront, notamment, au financement des navettes électriques gratuites de l'île de Ré, ou encore à la lutte contre les plantes invasives. Entrave à la libre circulation ? Mais pour l'association GemRé, le maintient des tarifs du pont est une entrave à la libre circulation des biens et des personnes. « Le péage n'assure pas la continuité du territoire. On ne peut pas accepter ça. Il y a une sélection par l'argent pour accéder à l'île de Ré », dénonce son président, Jean-Marc Jucker. « Le pont est trop cher. Comment font les familles modestes ? », ajoute un autre membre de l'association. Mais pour le Conseil général, le droit est respecté. « Grâce à l'écotaxe, il y a des navettes à 1 euro qui traversent le pont est des bus desservent l'île de Ré pour une somme modique. De plus, l'accès aux vélos et aux piétons est gratuit. Ici, c'est le principe du pollueur payeur qui est appliqué », contre argumente Pierre-Marie Dubreuil, responsable du pôle aménagement durable et mobilité. Alléger le trafic routier Autre argument avancé par les collectivités locales et les Rétais eux-mêmes : le pont limite le trafic routier. « Nous habitons Rivedoux et chaque jour d'affluence, on se sent prisonnier. On n'a rien contre les touristes, ils font marcher l'économie locale. C'est les voitures qui posent problème », témoignent Yves et Brigitte Fontauzard. Encore un argument non recevable pour GemRé. « À Rivedoux, ce n'est pas pire qu'à Aytré. Là-bas, ils ont 13 226 véhicules par jour, contre 8 323 ici. Et les chiffres viennent du service départemental de l'équipement », avance Jean-Marc Jucker. Arrangements au cas par cas La difficulté des Rochelais pour accéder à l'île, pour travailler ou voir leur famille est un autre problème soulevé par GemRé. Ils ne bénéficient d'aucun avantage. « C'est vrai que certains cas posent encore problème. Mais on va essayer de trouver des solutions au cas par cas. Sur ces sujets, on est encore ouvert à la discussion », avoue Lionel Quillet, le président de la communauté de communes de l'île de Ré. « Mais il n'est pas question de débattre sur la gratuité pour tous. Il y a une loi. On l'applique », précise-t-il.
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Le pont de Ré doit-il rester payant ?
Publié le 10 août 2012 par Blanchemanche
Depuis que les emprunts liés à sa construction sont remboursés, le débat fait rage des deux côtés du bras de mer L'équipement officiellement rentabilisé depuis le 31 décembre, le péage du pont de Ré n'a pourtant pas disparu et ses tarifs se sont maintenus. Certains usagers du pont, comme l'association pour la Gratuité pour tous les engins motorisés sur l'île de Ré (GemRé), réclament sa gratuité. A juste titre ? Pour la préservation de l'île Si le remboursement du pont n'est plus compris dans le prix du péage, c'est aujourd'hui l'écotaxe qui justifie, pour moitié, les tarifs en vigueur. Cette taxe existe depuis 1999, mais, avant le 1er janvier, elle n'était que de 3,05 €. En 2009, une loi autorisait son déplafonnement pour préserver l'île. Selon les prévisions du Conseil général, elle devrait dégager 6 millions d'euros en 2012, dont 55 % pour la Communauté de communes de l'île et 45 % pour le Conseil général. Elles serviront, notamment, au financement des navettes électriques gratuites de l'île de Ré, ou encore à la lutte contre les plantes invasives. Entrave à la libre circulation ? Mais pour l'association GemRé, le maintient des tarifs du pont est une entrave à la libre circulation des biens et des personnes. « Le péage n'assure pas la continuité du territoire. On ne peut pas accepter ça. Il y a une sélection par l'argent pour accéder à l'île de Ré », dénonce son président, Jean-Marc Jucker. « Le pont est trop cher. Comment font les familles modestes ? », ajoute un autre membre de l'association. Mais pour le Conseil général, le droit est respecté. « Grâce à l'écotaxe, il y a des navettes à 1 euro qui traversent le pont est des bus desservent l'île de Ré pour une somme modique. De plus, l'accès aux vélos et aux piétons est gratuit. Ici, c'est le principe du pollueur payeur qui est appliqué », contre argumente Pierre-Marie Dubreuil, responsable du pôle aménagement durable et mobilité. Alléger le trafic routier Autre argument avancé par les collectivités locales et les Rétais eux-mêmes : le pont limite le trafic routier. « Nous habitons Rivedoux et chaque jour d'affluence, on se sent prisonnier. On n'a rien contre les touristes, ils font marcher l'économie locale. C'est les voitures qui posent problème », témoignent Yves et Brigitte Fontauzard. Encore un argument non recevable pour GemRé. « À Rivedoux, ce n'est pas pire qu'à Aytré. Là-bas, ils ont 13 226 véhicules par jour, contre 8 323 ici. Et les chiffres viennent du service départemental de l'équipement », avance Jean-Marc Jucker. Arrangements au cas par cas La difficulté des Rochelais pour accéder à l'île, pour travailler ou voir leur famille est un autre problème soulevé par GemRé. Ils ne bénéficient d'aucun avantage. « C'est vrai que certains cas posent encore problème. Mais on va essayer de trouver des solutions au cas par cas. Sur ces sujets, on est encore ouvert à la discussion », avoue Lionel Quillet, le président de la communauté de communes de l'île de Ré. « Mais il n'est pas question de débattre sur la gratuité pour tous. Il y a une loi. On l'applique », précise-t-il.
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