Magazine Cinéma

Traduction de la Q&A du NY Times avec Rob & Cronenberg

Par Mickavef
La nuit dernière, une très très longue séance de Questions/Réponses avec Robert Pattinson et David Cronenberg a été organisée par le New York Times ! Vous pouvez revoir toutes les photos et screencaps sur cet article. Ici, je vous propose une très belle traduction réalisée par le site "Le Robpattz Club" !  Traduction : Le Robpattz Club (Ptiteaurel) Merci à eux !  CH: Bonsoir à tous. Je suis Carol Holsonday du NY Times et je suis vraiment excitée à l'idée de vous accueillir à ce Times Talks. Nous sommes en direct de NY au Time Center et nous sommes en direct dans le monde entier sur le web. Et ce soir nous sommes ravis d'avoir avec nous deux invités qui sont les plus grands collaborateurs dans le milieu du cinéma. Le premier est un réalisateur reconnu internationalement et scénariste avec un faisceau de films qui l'a distingué dans le monde entier et qui a été acclamé par la critique et qui a la réputation d'être le plus doué de son art. Son industrie lui a donné certaines des plus belles récompenses, parmi lesquelles une récompense à Cannes pour célébrer sa carrière. Notre 2ème invité est un acteur célèbre, qui est sans conteste l'un des acteurs les plus populaires dans l'industrie du film aujourd'hui. Je sais que vous connaissez ses films. Et ce soir, on va parler de quelque chose de nouveau: le film fascinant de nos deux invités, Cosmopolis qui a été en sélection officielle à Cannes cette année et qui sort à NY ce vendredi 17 août. Vous en saurez plus sur eux et sur Cosmopolis grâce à notre journaliste. Tous les lundi, comme le nomme le NY Times , vous aurez l'article pour toux ceux qui s'intéressent à nos médias sur la société, la culture et les affaires. Il écrit aussi des articles sur les films , la télévision et les livres pour la section Art du Times. Il est l'auteur du mémoire fascinant "The Night of The Gun". Veuillez donc vous joindre à moi pour accueillir le journaliste du NY Times , David Carr et nos invités très spéciaux, David Cronenberg et Robert Pattinson. 

Rob: Oh purée

Journ: David, vous faites des films depuis 1975 et écoutez ça. C'est incroyable

David: Je sais. Merci à vous tous.

Journ: Tous ces années de réalisations paient enfin.

David: Vous devez avoir 70 avant que ça ne marche.

Journ: Il a commencé à faire des films à l'époque des Beattles et à présent ils vous traitent comme les Beattles.

David: Oui.

Journ: Qui est votre ami au fait?

David: J'ai bien peur que ce soit pour mon ami.

Journ: Je suis ravi que vous soyez tous les deux là. Je suppose que c'est pour ça qu'il y a autant de chaises dans le public. On l'a remarqué quand on est entré. Le film est....Je ne pourrais pas dire s'il est moderne ou s'il était.... là exactement où nous sommes car tout semble être ce que j'ai lu hier dans mon journal. Comment avez vous fait cela?

David: Oui, ce n'était pas moi. C'était l'écrivain Don DeLillo. Il a écrit le livre il y a 12 ans et à cette époque, il y a eu une critique en particulier à la sortie du livre qui disait "les scènes dans le livre des gens manifestant à Wall Street .. protestant contre la bourse de NY et le capitalisme ne sont absolument pas convaincant.

Journ: tellement éloigné...

David: Ca ne pouvait pas arriver. Donc oui et quand nous tournions le film, le mouvement Occupy Wall Street était là et nous tournions exactement ces scènes dans le film. On a une scène où le personnage de Rob se prend une tarte dans le visage de la part d'un traqueur anticapitaliste. Et deux jours plus tard, Rupert Murdoch a reçu une tarte en pleine figure. C'était donc bizarre.

Journ:plus directement, c'est un assassinat pour suivre la route de la célébrité. C'est plus...

David: Ca existe depuis longtemps.

Rob: C'est la nouvelle sex tape.

David: Si tu pouvais maintenant combiner la sexe tape et l'assassinat, là vous avez quelque chose.

Journ: Je pense que ça a déjà été fait. Ca se nomme un film réaliste pas vrai?

David: Oui, je me souviens quand les gens tentaient de trouver ça et ils n'y parvenaient pas. Je pense que vous devez le faire vous même.

Journ: Comment ces deux personnes folles se sont elles trouvées?

David: Un service de rencontres.

Journ: "Ce film vous est offert par match.com". Comment la conversation a t-elle débuté?

Rob: Je... J'ai eu une offre inattendue pour le film et il ne me restait que 3 semaines de tournage à faire pour le dernier Twilight.

Journ: C'est ce films sur les vampires, pas vrai?

Rob: Oui.

Journ: Je plaisante.


Rob: et je l'ai lu et je l'ai adoré. Je me suis rendu compte après ce qu'impliquait une offre pour ce film. Oui, je devais le faire après. Ca m'a terrifié. Je ne pouvais pas... car les acteurs passent la majeure partie de leur carrière à raconter des conneries sur les réalisateurs et tout le monde. Vous ne savez pas de quoi vous parler. Vous pensez savoir faire quand vous ne savez rien du tout. Je savais que David avait le script et je connaissais ses films et qui il était en tant que personne. Je savais que je ne pouvais pas raconter des conneries sur lui donc j'avais peur de passer le coup de fil en disant "Non". Donc Je l'ai appelé pour lui dire "Je ne sais pas ce que je fais. Je n'en sais rien."

Journ: Qu'est ce que vous vous vendez bien. Et je suis sûr que ça l'a convaincu.

David: Et j'ai dit "Tu est l'homme que je veux".

Journ: En ce qui concerne le film , on dirait que vous êtes resté dans cette voiture pendant des mois.

David: Je suis sûr qu'il y a des gens dans le public que ça ne dérangerait pas de faire ça. Quoiqu'au départ.. mais bien évidemment, ce n'était pas une vraie voiture. C'est une espèce de Lego en 20 morceaux qu'on pouvait séparer ou ouvrir sur le côté ou même au dessus. On a bien rigolé car cet aspect était vraiment marrant et j'ai vraiment adoré....

Journ: pour tourner, vous étiez prisonnier de ce siège.


Rob: Oui mais finalement . Je pense que James Dolfini a dit "Si vous tentez de tout faire dans une scène en tentant de chercher comment s'asseoir". Je trouve que c'est un bon tuyau pour un acteur. Les choses deviennent plus simples dès que vous êtes assis dans un siége. Vous trouvez tous les moyens de bloquer les choses. Vous devez juste vous y asseoir et si ce n'est pas un siège, un lit est encore mieux.

David: Ceux sont des mots à méditer.

Journ: Donc en fait un travail à l'horizontal. Vous avez travaillé un peu avachi d'ailleurs dans cette limousine. D'habitude , on montre la bande d'annonce mais là il y a une ambiance et une chose visuelle qui se passent dans ce film et il sort vendredi, c'est ça?

David: Ah bon? Tu dois le dire , tu dois le dire.

Journ: Nous sommes tous de grands professionnels. Je vais dire que c'est vendredi à NY... merci. Merci. Il y a cette ambiance et cette vision comme dans tous les film de David et je pensais que dans la bande d'annonce, on ne pourrait le faire sans que je dois donner des explications. Pouvons nous voir la bande d'annonce?

David: Non mais en fait dans le film il n'en a vraiment pas besoin mais vous découvrez après pourquoi il a besoin d'aller chez ce barbier. Il ne s'agit pas vraiment d'une coupe de cheveux. Mais on ne veut pas spoiler le film.

Journ: Donc de quoi.... pour que je n'en dis pas trop... que diriez qu'il fait mise à part se faire couper les cheveux?

David: Des tas de choses se déroulent en chemin. Il rencontre des tas de personnes en chemin. Des tas d'événements se déroulent en route. Allons nous en parler.... tout le monde a t-il vu le film?

Journ: Je pense qu'on devrait donner quelques petits spoilers. Il... expliquons que cet homme est immensément riche à un jeune âge. Il a 28 ans et il manipule le cyber capitalisme avec le bout des doigts. Est il plutôt... il a le don avec l'argent mais n'a pas d'attachement particulier car il a l'air le plus heureux quand il le perd.

David: Oui , oui. Le barbier comme il l'explique... le barbier c'est quoi? Des calendriers au mur, des photos sur le mur, des miroirs et c'est le passé. On découvre que c'est le barbier de sa jeunesse. Le 1er endroit où il s'est fait couper les cheveux quand il était un gamin. Et donc vous vous rendez compte finalement qu'il revient vers son passé, vers son enfance pour capturer quelque chose qu'il a perdu. Je crois.

Journ: Rob, vous avez lu le script et vous avez dit "Oui". Avez vous lu le livre?

Rob: Je n'avais pas lu... je n'avais jamais lu du Don DeLillo avant quand j'ai lu le script. Les dialogues , le style sont complétement frais et détonnant surtout que je lisais des tas de scripts à cette époque. Tout à coup quelque chose arrive avec ... c'est assez poétique et musical. Personne n'a .. il n'y a pas beaucoup de scripts comme ça qui se concentrent sur les dialogues. Ce n'est pas la chose la plus importante. C'est un de votre boulot en tant qu'acteur de les faire sonner comme de vrais mots. Et avoir quelque chose de tellement stylisé et très engageant. Ca ne semblait pas avoir été stylisé sans un but. Je trouve ça très difficile.

Jour: Ce personnage dans ce film et presque tous sont vus de manière profondes.

David: Oui et c'est difficile. Il y a des tas de ... le public ne doit pas tenter de tout observer et tout comprendre. Ca vous passe dessus et vous devez vous détendre et le laisser vous emporter un peu comme le surf. C'est une espèce de surf étrange. Mais si vous revoyez le film ou si vous lisez une fois le script, le truc est très profond. Il y a beaucoup de philosophie dans le film. Ce n'est pas que le capitalisme...

Journ: Il y aussi la chef de la Théorie.

David: Oui, c'est vrai. Et c'est intéressant de se dire que vous avez un milliardaire , un trader qui manipule de l'argent qui pense qu'une des personnes qu'il devrait avoir tous les jours pour lui parler est une femme qui est en fait une philosophe , qui lui parle de la philosophie de l'argent, du capitalisme et de la société et du futur etc.. et les voir interagir. Je peux vraiment voir qu'une personne hyper sérieuse sur l'argent veut ça car tout ça, pour ce personnage, est une façon de se faire plus d'argent. Ce n'est pas pour répondre aux questions sur sa vie de manière philosophique. Ce n'est pas pour apporte de la paix à sa vie. Il cherche juste à comprendre, sachant ça sur le futur, où le monde va et donc anticiper le marché pour sa faire plus d'argent.

Journ: Il est toujours sûr de regarder pour un coin, pour une assurance et ce mec fait un bilan médical tous les jours.

David: Oui et je veux juste dire que la scène impliquant l'examen de la prostate est avec Rob. Donc vous allez peut être vouloir voir le film.

Journ: Le truc c'est que c'est long et lent.

David: comme le devrait être un examen de la prostate. Voilà ce que c'est. Rob a dit qu'il ne savait pas avant de tourner la scène que la plupart des examens de la prostate ne prennent que 10 secondes. Ca lui a pris 6 mn.

Journ: Et il a une conversation avec le visage à cette distance.

David: C'est vrai.

Journ: Vous savez quoi? Quand on parlait de la chef de la théorie et de toutes ces choses profondes, je veux m'assurer que les gens ne se méprennent pas et qu'ils voient ce film car c'est assez marrant.

David: C'est très marrant.

Rob: C'est présenté d'une façon tellement sèche que la plupart du temps les gens ne savent pas s'ils doivent rire ou pas.

David : Mais c'est marrant et l'écriture de Don DeLillo en général est très marrante. C'est comique mais écrit d'une manière vraiment étrange.

Journ: Je pense qu'on a un extrait qui démontre ce genre d'humour qui marche ici au delà du possible. C'est un peu sombre et sec et c'est extrait de David Cronenberg donc qui aurait pu s'attendre à ça.

(extrait)


Rob: Vous utilisez cet extrait comme un extrait de comédie!

Journ: Pourquoi? J'ai merdé dans la préparation. C'est sympa de m'avoir fait remarqué celà.

David: Je n'aurais pas fait mieux. Rob n'est pas sympa.

Rob: C'est bizarre. J'ai fait Good Morning America ce matin et toute l'équipe se marrait hystériquement avec cet extrait. Je me disais "Quoi? Pourquoi il se marre. Complétement hors contexte. Waouh, Good Morning America est le public cible pour ce clip".

Journ: Vous devriez l'arrêter avant qu'il ne boive trop de café. Il y a .... Il y a un truc avec les voitures dans ce film et les autres films. Vous avez des relations signifiantes avec la technologie et cette voiture est truquée et on a l'impression que les voitures pourraient diriger le film car elle regorge de technologies . Ce n'est pas simplement une voiture.

David: non correct mais c'est assez réaliste. Vous pourriez franchement faire une voiture comme celle ci. Mais on a cette impression de vaisseau car pour ce personnage , sa limousine est plein de choses: c'est un tank, un sous marin, un vaisseau spacial, une capsule temporelle.

Journ: C'est aussi comme une chambre d'hôtel.

David: Pas comme celle dans laquelle je suis actuellement. On devrait peut être changer de chambres.

Journ: On a l'impression qu'il peut transformer cette voiture en véhicule... cette voiture en lien avec ce que sont vos film à d'autres moments... il y a des scientifiques, des docteurs . Je me demandais si cette fois ci , ça pouvait se passer dans ça car les scientifiques et les docteurs utilisant les technologies pour se transformer les uns les autres comme dans nombreux de vos films. Avec cet exemple, le capitalisme utilisant la technologie transforme le monde et le met quasiment à feu et à sang.

David: c'est intéressant, Rob et moi avons sonné la cloche de la Bourse de New York pour l'ouverture.

Journ: C'est tellement bizarre.

David: Je dois dire que c'étaient les capitalistes les plus heureux, les plus accueillants et les plus rieurs qu'on puisse rencontrer. Je me suis dit que je devrais acheter des actions. Ca doit être un truc. Et puis vous vous dites "Attendez une minute, quoi... ce personnage transforme vraiment l'argent en philosophie ou en abstraction car même s'il gère des milliards de dollars tous les jours, il ne touche jamais vraiment son argent. Et c'est vraiment une des choses qui se passent.

Journ: Il a dit que l'argent a cette qualité narrative, qu'il n'a pas d'histoire.

David: C'est vrai. Plus d'histoire et plus d'existence substantielle. Ca devient presque un jeu ou une abstraction pour ce personnage. Il est d'une certaine manière le métaphysicien de l'argent. Il le transforme et ça disparaît.

Journ: Mais ça ... par pure coincidence , c'est cette monnaie qui le perd. Il joue avec les monnaies.

David: Oui, mais vous devez vous demander "Sait il ou non qu'il le fait?". Est ce que ce n'est pas un suicide , un suicide financier.

Journ: Ce que je me demandais quand il traverse la ville, il va se faire couper les cheveux et on dirait que ceux sont ses funérailles. Est une mission suicide qu'il fait car il fait follement l'amour, il boit follement, il brûle follement des feux de joie plein d'argent. Est ce qu'il peut ressentir?

David: Vous voulez que j'interprète le film? J'ai fait le film donc c'est à vous de l'interpréter. C'est votre boulot.

Journ: Je pense qu'il est.. il est... il est absent d'une certaine façon et incapable de ressentir les conséquences de ses décisions: il se marie mais ce n'est pas vraiment un mariage. Il .. il ... il gagne de l'argent mais ne le voit jamais. C'est comme si sa nourriture n'avait pas de goût. Il a du sexe de manière absente. C'est un mec qui a perdu sa capacité de ressentir les choses.

David: A ce sujet, qu'en dis tu Rob?

Journ: Vous allez m'apprendre la théorie d'un film. Rob, voyez vous votre personnage comme diabolique?

Rob: Pas du tout.

Journ: Fou?

Rob: Oui un peu obsédé par lui même. Assez.... Mais pas du tout diabolique. J'ai lu des trucs où les gens disaient qu'il était une espèce de monstre mais non. Je l'ai toujours trouvé ambitieux quand je l'incarnais. Il recherche quelque chose. Mais non, il n'essaie pas de blesser les autres même si théoriquement il le fait.

Journ: Il influe sur leur vie.

Rob: Mais c'est tout. C'est de la fiction. Sa relation avec l'empathie est .. il ne la comprends pas vraiment.

Journ: Oui quand il était là, je ne pense pas qu'il était empathique. Je crois que David a échoué.

Rob: Mais une de mes idées sur le rôle était que c'était ce qu'il tentait de trouver et il l'a pendant une seconde quand il dit à Paul Giamatti , quand il dit à Benno "Je peux dire que le cours de ma vie a changé en une journée" et c'est le cas. Il a donc ces quelques secondes où il est lui même. Et tout à coup, c'est ce qu'il est. Je pense.

Journ: Il a une relation étrange avec l'argent. Quand quelqu'un lui demande ce que ça veut dire de dépenser de l'argent. Je vous ai rencontré il y a 4 ans au centre commercial de Pensylvannie avant qu'Edward ne soit vous.

David : ne les confondez pas.

Journ: A cette époque vous étiez un acteur britannique inconnu qui jouait un peu de musique. Tous ses gens mettaient beaucoup d'espoir en vous et ils se sont réalisés , je pense.

Rob: Je ne sais pas si les gens avaient beaucoup d'espoir mais ils ne cherchaient qu'à vendre des T Shirts. Ils tentaient de faire aussi bien que possible.

Journ: Ok mais je veux en venir au fait qu'à cette époque vous n'aviez pas beaucoup... vous aviez fait quelques dollars là bas, pas vrai. Est ce que, mis à part vous achetez quelques guitares, est ce que votre relation... avez vous appris quelque chose sur l'argent ? Est ce que vous avez apporté ça à votre rôle car vous n'avez pas grandi en étant pauvre mais en étant acteur , il y a , disons, des compensations financières. Donc est ce que ce que vous avez appris sur l'argent vous a servi pour ce film?


Rob: Je ne sais pas car je ne veux pas le dire mais c'est sans doute le cas. J'ai à peu près une relation similaire avec l'argent. Je ne sais pas pourquoi. Cependant même pour les petits montants , je trouve ça relativement irréel. J'ai la même relation avec l'argent que j'ai avec le succès et l'échec. Je suis juste un imposteur. C'est une fiction.

Journ: Vous aimez votre personnage et vous ne le voyez pas probablement pas comme les autres. Vous êtes fauché à présent.

David: Il dépense tout son argent en vêtements.

Journ: Quel est votre conseil en investissement et en monnaie?

David: Fuir... surtout le Yuan.

Journ: David, pensez vous qu'il y a une critique implicite du business? Un des personnages dit à bon escient que la suite naturelle des affaires est le meurtre.

David: Oui

Journ: et les voilà sonnant la cloche de Wall Street. "Vous êtes géniaux".

David; En sonnant cette cloche, on a tué 8000 personnes.

Rob: Et la côte du New Jersey aussi la semaine précédente.

Journ: Quel honneur!

Rob: On en a vraiment trop fait.

Journ: Est ce que vous venez juste de vous frotter les mains?

David: En fait, j'ai utilisé un désinfectant.

Journ: Comme c'est méchant.

David: je ne sais même pas...

Rob: C'est ce que j'allais dire. Tu sais ce qu'on dit.

Journ: C'est juste un peu de produit.

David: Je sais qu'on va devoir vérifier ça. Vous me demandiez ...

Journ: Je vous demandais ... non , je vous demandais... Oh mon dieu...

David: le meurtre du capitalisme.

Journ: Oui le meurtre du capitalisme semble être une critique assez explicite de la façon dont les choses sont faites.

David: Il y a eu des tas de discussions sur le sujet. Le fait que ce personnage incarne tout ça. Mais oui le capitalisme est au final sans pitié. Vous voulez écraser tous les autres et vous voulez être le roi et vous préféreriez ça. Si vous voulez des chaussures, vous les voulez et vous détruisez tous vos opposants C'est le capitalisme dans sa forme la plus basique. C'est toujours sous jacent. Ca l'a toujours été. Dans le sens où cette réplique est très précise. Bien entendu ce n'est pas comme ça que le monde fonctionne ni comment sont les gens car c'est bien plus complexe et plus confus. Tous ces aphorismes dans le film sont aussi précis que possible. Il sont intéressants et provocateurs. Mais ce personnage est au delà du capitalisme à ce point. Pour lui, tout est devenu tellement abstrait qu'il est déconnecté. Quand il va diner avec sa femme , il dit "C'est comme ça que les gens parlent, non?" et elle répond "Comment puis je savoir?" car elle est comme lui. Elle est aussi une forme de capitalisme.

Journ: Ce sont les doubles les plus étranges d'eux même quand ils sont ensemble. Je ne fais que des suppositions ici mais je crois qu'on a une scène avec eux deux.

David: Est ce une scène marrante ou une scène sombre?

Journ: Je ne sais pas, je ne fais pas de suppositions. Je vous dirais juste que mari et femme sont dans cet extrait.

David: Vous voyez donc un mec qui s'observe et qui s'imagine en être humain en société et en train d'interagir avec les gens, même s'il ne peut pas le faire.

Journ: Les gens mangent des repas. Vraiment?

David: Oui.

Journ: Quelle monde on a .

David: Tout à fait. Et c'est ce qui est merveilleux avec les dialogues et je dois dire dans sa performance car ça devient finalement clair qu'il est , à la fin de cette journée, de ce voyage à travers Manhanttan, qu'il se démantèle tout seul afin qu'il peut se reconstituer en tant que véritable être humain. Une partie de ce qu'on a tenté de faire en premier en allant chez ce barbier et se connecter avec son passé car ce barbier coupait les cheveux de son père et les siens. C'est un vieil homme , pas un très bon barbier mais on l'a laissé couper les cheveux de Rob et j'ai trouvé ça marrant. Les cicatrices sont encore là. Et ça ne marche pas donc il doit faire autre chose qui soit encore plus extrême , comme vous l'avez dit pour qu'il ressente les choses et qu'il se reconstruise. On ne va pas tout vous dévoiler mais je pense que..

Journ: C'est un film vraiment compliqué. On ne peut pas tout dévoiler dans un truc pareil.

David: Vous allez oublier ces 10 minutes.

Journ: On a ce truc universel à la Men in Black dehors pour effacer votre mémoire et tout ce que vous retiendrez c'est que David ou Rob sont très sympa. Ce dont je suis curieux c'est qu'il est un peu ce génie du capitalisme et ça ajoute une autre dimension. Est ce qu'il essaie ou...

Rob: de quelle dimension...

David: le sexe.

Journ: Le sexe c'est mon rendez vous chez le docteur

David: Il y a autre chose car sa femme ne cesse de dire " Tu sens le sexe. Je sens le sexe sur toi". Bien entendu , elle a raison car il couche à droite à gauche. Il lui dit "Ce n'est pas le sexe que j'ai eu que tu sens , c'est le sexe que je veux".

Rob: C'est quand il pense à quelque chose et il a une théorie. Il en arrive au point où il dit enfin car il pense qu'elle va dire qu'il sent le sexe et il lui dit que c'est l'odeur de ses cacahuètes. Il n' a plus besoin d'y penser après.

David: et il a mangé des cacahuètes. Ca fait sens. C'est une super réplique qui j'en suis sûr les gens vont vouloir utiliser. "Ce n'est pas le sexe que j'ai eu mais celui que je veux".

Journ: Ca ne va pas s'envoler!

Rob: Ou celle avec les cacahuètes.

David: Je l'ai dit à ma femme. Ca n'a pas marché.

Journ: Je comprends que ces deux êtres humains tentent de se combiner mais pourquoi ne le font ils pas? Je suis désolé, je n'aurais pas dû vous demander d'expliquer cela. Je trouvais ça intéressant qu'ils ne fassent pas l'amour

David: elle dit qu'elle est poète. Elle explique pourquoi. C'est une poète et elle doit s'isoler pour travailler et elle ne va pas être distraite. C'est sa façon d'être rationnelle.

Journ: Sur le web, on a dit qu'il aurait dû le faire comme des lapins.

Rob: et le film ne se passe que sur une journée donc.... et il fait l'amour avec deux autres femmes.

Journ: Je suis sûr que vous l'avez mauvaise. Dans... une partie de ce qui se passe dans le film , on dirait que la culture.. Rob , je pense que votre personnage dit "Les gens ne mangent pas les riches".

David: je vais expliquer ça dans une minutes.

Journ: Tout le monde s'attend à être riche dans les 5 minutes à suivre. Pensez vous que c'est vrai, que c'est valable pour l'Amérique? Vous n'êtes pas de chez nous donc...

Rob: Non.

David: Je ne suis pas originaire d'ici non plus. Je suis Canadien. Je suis de l'autre côté de la frontière si vous voulez visiter. Je pense qu'il y a une vérité dans cela. Une des choses sur l'Angleterre et le Grande Bretagne c'est la structure des classes. Si vous n'êtes pas de la haute société en naissant, vous ne pouvez pas y entrer. Vous ne pourrez pas en faire partie, vous .. même si vous changez votre accent et que c'est très huppé ou que vous ressemblez à ces familles, on vous reconnaîtra immédiatement. Et bien sûr en Amérique... je ne parle pas de lui....En fait c'est marrant car Paul Giamatti ne savait pas qu'il était anglais et il m'a dit "Pourquoi ce mec parle avec ce faux accent?. Il me fait flipper.".

Journ: On a tous fait l'expérience de jeunes acteurs qui ont un peu de succès et qui tout à coup.... il y a ce truc de l'autre côté de l'Atlantique et vous lui dites "Mec, qu'est ce tu fous?"

David: Mi Atlantique, Mi West. Donc pour enfin répondre à votre question, je pense que c'est vrai que tout le monde en Amérique pense que si les choses vont bien , ils pourraient devenir riches. C'est donc difficile de détester les riches car si vous le devenez, allez vous vous détester vous même? Et comme je l'ai dit si c'est la Haute Société, en Angleterre, vous pouvez les détester car vous savez que vous ne ferez pas partie de leur catégorie.

Journ: OK, mais dans le film, il y a cette science qui semble se briser. Il y a des perturbations dans le domaine et les gens n'y croient plus. A mi chemin dans la ville, la limousine se fait pousser par un rat géant.

David: Mais c'est intéressant que la manifestation et les manifestants dans le film ne ressemble pas à Occupy Wall Street. Il ont été créés et on les a vus bien avant ce mouvement comme on l'a noté que 99% des gens veulent devenir le 1% des riches. Ce n'est pas de l'anti capitalisme. Ils ne disent pas que le capitalisme est une mauvaise chose; ils ne veulent pas ça pour eux même.

Journ: et il y a cette mauvaise interprétation dans ce mouvement.

David: C'est bien Ca a été positif. On disperse plus les richesses qu'on a pour les autres. Est ce faux?

Journ: Une partie... ce film n'a pas le but de faire bouger les choses.

David: Je parlais du vrai mouvement Occupy Wall Street. Dans le film c'est autre chose. Il y a une citation de Marx sur l'écran et des allusions à Marx. Je ne pense pas que vous avez des citations de Karl Marx dans ces manifestations de Occupy Wall Street.

Journ: Il y a des gens qui devraient dire plus clairement les choses mais dans ce film, certaines choses ont été brisées et j'ai fini par me dire et me demander si c'est arrivé à ce personnage . Je ne dévoile rien. Mais je me demandais aussi ce qui se passait ans ce monde de Don DeLillo et que vous avez mis sous les termes de ... ce qu'on a vu est un spasme momentanée ou les choses sont elles fondamentalement en train de changer?

David: Rob....Dans le monde....C'est bizarre car j'ai toujours pensé que c'était une étude de personnage. Je ne sais pas si c'est pour ça mais il y a plus de scènes qui sont dans la voiture. Quand j'ai signé, il y avait 80 % des scènes dans la limousine quand j'ai signé pour la 1ère fois. ET David en a mis de plus en plus à l'intérieur. Je pense que c'est parce que c'est pas qu'il ne vit pas de vrais relations humaines. Il est toujours avec le marché financier. Je n'ai pas fait une seule recherche sur les traders... aucune recherche. Je regardais les sociopathes... les sociopathes et leurs attitudes. C'est au hasard. C'était des éléments aléatoires et des trucs sur la musique, c'était... J'écoutais John Cage et des trucs comme ça pour tenter de... je ne sais pas...trouver quelqu'un qui .... C'est plus sur la renaissance dans un monde. Il ne veut pas faire partie du monde. Le monde est exactement le même. Il vit en complète indépendance. Il désespère vraiment d'y vivre indépendamment. C'est une des raisons pour lesquelles j'ai trouvé que ça donnait de l'espoir. Il , d'une façon marrante, veut changer le monde.

Journ: Il l'actualise d'une certaine façon.

Rob: Oui , c'est...

David: Eventuellement, l'effondrement financier est personnel. C'est l'effondrement d'un personnage. Il n'y a aucune mention de l'Euro , de la zone Euro ou en fait d'un effondrement économique en général .

Journ: Il y a un effondrement culturel sous jacent dans ces manifestations de rues.


David: Oui , c'est le but et son personnage dit à un autre personnage, à Samantha Morton qui incarne son chef de la théorie. Il dit "Deux heures, c'était quoi? Un mouvement mondial. A présent, c'est quoi? Rien". Car ça disparaît et vous ne le voyez plus dans le film. Ca suggère donc comme vous l'avez dit un spasme au lieu d'une indication d'un vrai changement mondial.

Rob: C'est un rêve. Les émeutes sont un rêve. C'est .. même en le faisant, le mouvement Occupy était actif à ce moment. Etre assis... juste être sur le plateau et avoir 200 figurants secouant ... secouant réellement la limousine, et on fait une scène. On a fait une prise et c'était effrayant mais après 4 ou 5 prises, on ne le remarquait plus. On joue juste une scène.

Journ: Et vous avez mis ça dans le film , le fait que le personnage ne soit pas engagé dans le fait que la limousine est une sorte de technique "Oh vous voulez autre chose".

David: Leur discussion est assez abstraite.

Journ: Ces personnages... on a cette femme qui arrive en tenant un rat.

Rob: Juste pour avoir un visage marrant. J'adore son visage à ce moment là. C'est un instinct pour sa réaction. C'était la seule scène où je ne m'étais pas préparé avant. Ce n'était pas planifié.

Journ: Dans ... on va vous montrer un autre extrait dans une minute. SI on se plonge dans le rôle une minute, pensez vous que le système capitaliste américain est en délabrement?

David: Je ne dirais pas que c'est uniquement le système américain.

Journ: Pensez vous que c'est mondial?

David: Oui je le pense. Définitivement. Mais qu'est ce que j'en sais. Je n'y connais rien. Oui je pense que c'est la cas. Toute l'idée que le livre de Fukiyama et l'histoire .. le capitalisme américain est la façon dont le monde évolue et change pour en arriver à cette évolution finale. C'est une mauvaise interprétation de Darwin car Darwin n'a jamais supposé que l'évolution vous emmène de plus en plus haut. C'était un concept religieux : l'homme a débuté en tant qu'animal mais à la fin on évolue en anges. L'évolution ne vous emmène pas plus haut, elle vous emmène dans un endroit différent et plus diversifié. C'est tout. Je ne sais pas ... mais c'est la philosophie de Hegel.

Journ: Je savais qu'il en arriverait à Hegel.

David: Je vais en finir avec Hegel. Son idée, en général en philosophie, était que l'homme évoluait en société lui même , presque comme une créature , pour devenir de plus en plus sophistiqué et de plus en plus subtil à un point de plus en plus haut. Il a utilisé l'histoire pour dire qu'il y avait un but à l'histoire, un point dans l'histoire vers lequel on tendait. On a donc cette philosophie américaine de Fukiyama qui dit que la fin de l'histoire, c'est nous. On est le point le plus haut. C'était bien avant 2009 et tout à coup, on a pu voir ce qui n'allait pas avec le capitalisme. Cette idée qu'il n'est pas nécessaire de réguler les choses car ça s'occupe de lui tout seul et ça va être beau. Les êtes humains ne fonctionnent pas ainsi. C'est comme le communisme. Quelqu'un a dit " Les grandes théories font du tort à la paix" pour dire que les humains ne peuvent faire ça. Ca semble génial mais c'est juste parce que les gens sont ainsi. Il sont complexes, compétiteurs et donc d'une certaine manière malveillants. Et c'est marrant de diriger ça comme dans ces extraits . Ils sont trop épineux pour que ces façons parfaites fassent que la société marche. Oui je pense que la façon dont ça s'est combiné avec le capitaliste. En fait , tous les observateurs de la nature humaine ont pu voir cela venir à des kilomètres. Les gens veulent se faire des illusions sur ce qui marchent tant pour eux et avec et argent, ils se sentent tout puissants, les maîtres du monde. Ils veulent croire que c'est leur réalité ultime.

Journ: Rob, je me demandais si vous aviez regardé les rouages ici. Vous vivez en Amérique depuis quelque temps . Oui. Pourquoi ces traders, ces banquiers qui assurent la régulation . Et si les médias faisaient autant attention à eux qu'à ma vie romantique.

Rob: Je disais ça ce matin. C'est assez étrange. J'ai dit exactement la même chose.

David: Lisez vous sur l'écran de contrôle? Vous avez des contrôles ou...

Journ: ce sera le sujet de votre prochain film. Ma technique entière en utilisant la technologie pour interagir.

David: Rob disait cela.

Rob: C'est .. c'est une chose étrange cette capacité avec des paparazzis ou autres choses. Je ne pense pas que .. en tant que citoyen privé , je ne fais pas les lois et pourtant je n'ai pas ... si quelques personnes vous suivaient , vous appelez les flics et vous vous faites arrêter.. peu importe. Mais tout dépend de votre réalité, et c'est basé en fait sur votre étrange relation avec la célébrité. Mais en Amérique, c'est invalidé... de manière disproportionné. C'est en lien avec le rêve Américain. C'est une chose qu'on ne peut atteindre pour tout le monde. Mais avec les politiciens etc... , ils devraient , ça obligerait les gens à bien mieux se comporter. Les politiciens et les banquiers s'ils avaient vraiment des gens qui ont envie de lire des choses sur eux. Mais les gens n'en ont pas envie car c'est sans doute trop misérable.

Journ: Mais vous préféreriez qu'ils vous suivent mais pas eux.

Rob: Pour être honnête, je ne voudrais pas être responsable de les harceler car je quitterais sans doute le pays. Les choses sont... les choses s'effondrent quand elles sont censées le faire... Je ne pense pas... L'Amérique est un pays qui espère vraiment et c'est marrant en venant d'Angleterre comment cette attitude culturelle est constamment soulevée. C'est bizarre de vivre ... c'est assez fascinant et surprenant de vivre dans un endroit où ... l'idée de liberté par exemple est tellement exacerbée. C'est uniquement dans ce pays je crois qu'on donne tant de valeur à ce mot. Je ne sais même pas de quoi je parle. J'essaie d'arriver à une conclusion. Mais c'était quoi la question? De quoi je parle? Je devrais plutôt vous écouter discuter.

David: Je me souviens de ce que Rob disait quand il s'exprimait bien. Je peux répéter ça.

Rob: La chose avec Hegel, je voulais dire ça pour faire ma rédemption. Je me suis rendu compte que ... est ce dans Calvin & Hobbes? Une de mes BD préférées de Calvin & Hobbes est quand il parle des progrès scientifiques. Et c'est en lien avec Hegel et je ne savais pas qui était Hegel. Calvin a cette conversation avec son père et dit tout ça sur l'histoire humaine.

David: Après avoir entendu Rob, je pense que je vais refaire le film.

Rob: Je ne lis que les livres avec des pages blanches.

David: C'est bon , on peut créer par images de synthèses un autre mec. C'est possible.

Journ: Je veux juste revenir en arrière car vous étiez célèbre avant même d'être célèbre. Vous avez joué dans certaines pièces de théâtres et.... vous avez eu des rôles pourris dont personne n'a jamais entendu parler. Vous n'avez pas eu une super carrière de mannequin. Vous étiez trop mâle pour le mannequin homme.

Rob: Trop masculin et trop féminin en même temps.

Journ: Il est temps de vous retirer.

Rob: Et vous ne pouvez pas faire de belles poses quand vous avez du bide. Ca ne marche pas. Je n'ai pas pu survivre dans cette industrie.

Journ: il y a ce truc, sans trop en dévoiler, ce mec qui veut à la fin du film, juste au moment où vous pensez que c'est sécurisé , il y a Paul Giamatti qui arrive et hurle "Bah". C'est remarquable et vous deux vous faites un truc super. Vous parlez pendant un long moment...

David: 20 minutes.

Journ: Vous donnez des spoilers.

David: ils ne regarderont pas leur montre, faites moi confiance.

Journ: C'est... on va voir un extrait à la fin et c'est remarquable. Mais ce mec s'organise selon le destin d'un autre. C'est quoi la célébrité à l'américaine. Vous en êtes au coeur?

Rob: Je pense que c'est parce que l'Amérique veut une famille royale.

Journ: Vous croyez?

Rob: C'est vraiment pour ça. Quand vous avez une espèce de famille royale démocratique. Vous choisissez... les gens choisissent le roi et la reine et leur princes. C'est exactement la même chose. C'est ... mais c'est une version américanisée. D'une certaine manière même si ce n'est pas du tout à la mode. C'est presque totalement....

Journ: Mais c'est un prince . Mais si vous et Kristen avaient des soucis ou si si ceux sont des soucis de coeurs....

David: C'est ... je pense que....

Public: question suivante....

Journ: Je ne voulais pas vraiment aller sur ce chemin...

Rob: Non, je n'irais pas aussi loin.

David: Non parlons de Princesse Snooky.

Journ: C'est une autre forme de réalité américaine.

Journ: Dans votre film Scanners, on parle du contrôle de l'esprit et il y a ce mec qui se transforme en... Ce mec est aussi en pleine métamorphose mais ce changement vient il de lui ou en dehors de lui?

David: Je dirais les deux. On ne peut pas .. on ne peut pas distinguer.

Journ: S'ennuie t-il?

David: Je ne pense pas. Non.

Rob: Il absorbe les choses de manière furieuse jusqu'au point où il a atteint ses capacités à absorber. Je pense.

David: Il est très positif. Il veut des choses. Je ne pense pas qu'il ..

Journ: oh oui , il veut acheter tous ces tableaux de Rothko et la chapelle. Il ne sait pas dire pourquoi.

David: Oui mais moi si.

Journ Allez y.

Rob: Il veut aussi...mais vas y.

David: Pourquoi tu n'y vas pas.

Rob: Il doit la posséder.

David: Et le truc c'est qu'il le veut. Il voit dans les peintures de Rothko une sérénité, une paix. Le fait qu'elles soient dans une chapelle, même s'il y a un aspect religieux. Il a une véritable chapelle Rothko. Il veut acheter toute la chapelle avec les peintures. Et pourquoi? La suggestion est qu'il tente d'acheter cette paix , cette sérénité, cette spiritualité de la seule façon qu'il sait faire, c'est à dire l'acheter. C'est ainsi qu'il obtient des trucs.

Journ: Et il dit que les gens doivent voir ça. Il se dit donc qu'il doit l'acheter. Il y a des aspects qu'on aime chez lui mais c'est sans doute parce que vous l'incarner. Je pense qu'il est temps d'avoir un peu de magie du film. On va lancer un extrait mais je ne dis rien car je vais sans douter merder sinon. C'est parti

(Extrait)

Rob: C'est un film difficile à voir en dehors de son contexte.

David: Si ça ne fait pas de sens pour vous, c'est normal. Dans le film , ça sera pareil.

Journ: Leur relation arrive un peu de nul part pour... il l'aperçoit juste quand elle est en ville donc ces rencontres ... les souhaite t-elles? Je ne vais pas parler de leur motivation. Quand vous avez fait... qu'est ce qui vous a attiré dans le livre en 1er lieu quand vous l'avez lu? C'est à l'évidence d'un des plus grands auteurs contemporains américains et il raconte des histoires depuis des lustres. Mais qu'est ce qui dans ce livre vous a fait dire que ce personnage était attachant et que vous deviez en faire un film?

David: Ceux sont les dialogues. J'ai vraiment... comme pour Rob. Don DeLillo, comme dans tous ses livres écrit de supers dialogues. Mais comme c'est un roman et pas une pièce comme celle de Pinter, qui écrit aussi des dialogues géniaux, on ne les entend jamais. Je me suis dit que je voulais vraiment écouter de merveilleux acteurs disant ces dialogues. Je trouvais que ce serait fantastique. Ca allait susciter des tas de choses fantastiques hors de la page et je trouvais ça super de les voir animés et incarnés par des acteurs qui pourraient les dire. Je voulais entendre la voix de cet homme Eric Packer mais aussi celle d'Elise, sa femme. C'était vraiment ça. Cette chose conceptuelle n'était pas ... c'était ma chance de faire un film qui ne parle pas de la mort du capitalisme ou un truc du genre. C'est une capture plus sensuelle. Je voulais vraiment mettre la main sur ses personnages et je voulais les bouger pour voir et leur donner vie.

Journ: Qu'est ce qui vous a fait penser que Rob pourrait tirer son épingle du jeu?

David: Je n'étais pas si sûr que ça. On travaille sur ce point. Vous faites vos devoirs en tant que réalisateur. J'ai regardé les films Twilight qui existaient déjà à cette époque et Remember Me et un film que vous n'avez peut être pas vu Little Ashes. Dans ce film, il incarne un jeune Salvator Dali et j'ai trouve que c'était un.... je dirais courageux car c'est un personnage très complexe. Il le fait avec un accent espagnol.

Journ: Rob, que ne pouvez vous pas faire?

Rob: C'est un accent espagnol que j'ai appris en regardant des interviews avec le manager de ?????? . Il a été mon coach pour les dialogues.

David: Ca marche complétement. On s'en fiche comment tu es parvenu à la faire.

Rob: et l'accent espagnol de ??????

David: Et ça marche avec tous les accents espagnols bizarres. Je me suis dit que c'était un mec qui n'avait pas peur, qui ne souciait pas de devenir une star ou de se montrer d'une manière précise. Il s'intéresse au fait de se plonger dans un personnage étrange , complexe et ambivalent sexuellement parlant et tous ces trucs. Les autres choses qu'il a faites. Avec les choses étranges qui se passent de nos jours, vous allez sur Youtube et vous regardez les interviews des acteurs. J'ai donc regardé les interviews que Rob a faites pour voir s'il a un cerveau.

Rob: Et ben non.

David: A t-il de l'humour? A t-il de l'humour sur lui même? Ca vous donne une idée de ce que vous pourriez faire avec les acteurs sur le plateau. A l'époque, vous alliez rencontrer les acteurs et après 10 mn, vous vous disiez "Ce mec est horrible. Je ne veux pas travailler avec lui". Vous discutiez avec lui. A présent, vous allez sur Youtube à 3h du matin, et vous vous dites "Oui, je pense qu'il peut le faire".

Journ: Je vais boire un pack de bières avec lui.

David: Il en boirait 5 et moi une. Et après ça , c'est la magie du film. C'est l'intuition. Il n'y a aucun robot qui puisse vous guider pour le casting. C'est une part énorme et visible de la réalisation que les gens ignorent mais si vous faites une erreur de casting, vous le détruisez et surtout que Rob est dans toutes les scènes de ce film. Toutes sans exception. Même dans un grand film de Tom Cruise, Tom n'est jamais dans toutes les scènes mais Rob l'est. Si vous prenez donc un acteur pour ce rôle qui n'est pas particulièrement regardable ou si son charisme marche un temps mais que vous vous ennuyez après, ça va tuer votre film. Donc a t-il du charisme? Ca sonne comme une maladie de la peau.

Jour: Ca n'a sans doute pas aidé que la presse ait parlé de cet aspect quand vous ...

David: Pour mettre les choses au clair. Il y a des questions pragmatiques: si le film devait être cher et ce film était cher pour un film indépendant mais le budget de Batman m'a pulvérisé. Une prise de Batman coûte aussi cher que tout ce film. L'acteur peut il attirer le financement car les gens le connaissent. Et bizarrement, quel passeport a t-il? Car ce film est une co production franco - canadienne. Donc nous ne pouvions avoir qu'un acteur américain dedans et c'est Paul Giamatti.

Journ: Vous avez bien choisi.

David: Oui. Je sais . Uniquement les meilleurs.

Journ: Giamatti n'arrive pas avant la toute fin du film. On a juste un aperçu dans le film et j'adore le fait que vous ayez mis juste un aperçu de lui. Mais quand il arrive, il est vraiment là. Nous avons un extrait de Paul Giamatti que j'aimerais partager avec vous.

Rob: A chaque fois que je vois un extrait, j'ai envie de regarder le film.

Journ: Donc vous et Paul Giamatti pendant 20 mn. Probablement que ce fut marrant pour vous professinnellement.

Rob: Absolument. Presque toutes les personnes car j'ai tourné avec un nouvel acteur ... je n'ai eu que Sarah Gadon.... qui est revenu pour une séquence plus d'une fois pour une scène. Pourquoi ai je un trou de mémoire?

Journ: Car c'est le job du réalisateur.

Rob : On a eu quelques jours et on était dans un état perpétuel de nervosité car normalement on s'habitue aux gens avec qui on travaille. Et je n'avais jamais fait de scène avec Juliette Binoche qui est une de mes actrices préférées.

Journ: et elle caresse vos chevilles.

Rob: On a fait l'amour deux minutes après s'être rencontrés. On a eu aucune répétion. Rien . Elle arrivait de Paris en avion. C'était tout. Mais avec Paul, c'était le morceau qui avait le plus de sens. On a eu 6 jours à la fin du film pour tourner . Et il est arrivé.... ce qui est marrant avec Paul, tout le monde pense la même chose de Paul. Tout le monde trouve que d'est un génie. Il ne s'en rend pas du tout compte. C'est la chose la plus étrange. C'est comme s'il n'avait jamais joué avant. Et ce n'est pas de la fausse modestie. Il ne sait même pas ce qu'il a fait. Il est arrivé et il était totalement pétrifié à l'idée de faire la scène et il disait exactement ce que je disais au début. "De quoi ça parle? Je ne sais pas comment faire?". Ca m'a donc calmé. J'ai découvert plus tard et c'est bizarre qu'on a regardé exactement les mêmes choses, les mêmes vidéos sur Youtube pour nos personnages. C'était exactement les même vidéos du père de Jeffrey Dorhmer donnant des interviews. On a étudié les mêmes choses et c'était la chose la plus incroyablement étrange et ça n'avait rien à voir avec le script. Au même moment on a regardé les mêmes choses. J'adore Paul. C'était génial. C'est une scène intense mais on riait tout simplement.

David: Au fait, Jeffrey Dorhmer n'est pas un sociopathe mais un psychopathe. Je vais clarifier cela.

Rob: Je ne savais pas.

David: C'est pire.

Journ: Ca fait quelle différence?

David: Un sociopathe est une personne qui a dû mal à faire face aux gens et à la société. On peut dire qu'Eric Packer est un sociopathe. Un psychopathe est dangereux et capable de commettre des meurtres.

Rob: ce que j'ai trouvé intéressant avec ces interviews en particulier c'est que son père était avec lui. C'est ce que j'ai lié à Eric. Quand vous avez cette empathie. L'emapthie vous cause parfois de la douleur, beaucoup de douleur. Eric avec son monde s'isole par peur de souffrir. Je pense.

Journ: Professionnellement ou techiquement, y a t-il des choses à retenir de votre travail avec Paul? Vous êtes vous dit "Oh je vais faire ça , c'est génial".

Rob: Je ne sais pas. C'est bizarre. La plupart du jeu d'acteur pour moi en tout cas... je suis un peu tomber dedans et je ne sais pas ce que je fais vraiment.

Journ: Continuez!

Rob: Mais j'ai toujours aimé les films et j'aime le cinéma. J'aime l'idée qu'en faisant un film comme celui ci, je peux travailler avec David. Vous vous rendez compte comme c'est plus facile quand vous avez les meilleures personnes. Vous ne devez rien faire. Vous jouez sans y penser. Avec Paul, je ne pensais à rien tout ce temps. Je pense qu'il dirait sans doute la même chose. Mais c'est.. je n'ai jamais fait quelque chose de surprenant et vous regardez juste une personne qui vous apporte les trucs avec lesquels vous jouez. Je ne sais pas si ça a du sens. Quelle heure est il?

Journ: On est ici depuis environ 1h30.

Journ: Quand vous vous êtes dit que vous aviez besoin d'une personne folle qui s'exprime bien pour la fin du film, vous avez tout de suite penser à Paul Giamatti.

David: Oui, je n'ai pas... Quand vous faites un casting, vous avez une liste d'acteurs des agences par exemple car le script fait le tour et les gens savent que le script tourne et les agents veulent que leur acteur soit dans le film et ils procurent des noms d'acteurs. Ils ont parfois tort de manière ridicule mais parfois ils visent juste. C'est intéressant. J'ai rencontré Paul plusieurs fois quand il tournait à Toronto. J'ai toujours trouvé que c'était un génie et qu'il était brillant. Ce rôle n'allait pour personne d'autre. Je me suis dit que c'était lui.Je pensais qu'il serait vraiment fantastique pour ce rôle. Pour moi, c'était une évidence. Je n'ai même pas dû regarder des interviews sur Youtube.

Journ: Et il avait ce trou...

David: Vous vérifier.. vous faites ce genre de devoirs aussi. Vous voulez découvrir qu'une personne est un trou du cul car ce n'est pas que la vie est trop courte mais le planning du film ne doit prendre en compte les gens qui sont des divas , qui ramènent tout à eux et qui râlent. Il y a des tas de choses qui peuvent tourner mal sur un film . Je n'aime pas trop rigoler en faisant un film. Si ça se passe bien alors vous allez vous amuser le plus possible. Ca peut être génial mais il y a des tas de manière que ça se passe mal et après un moment, vous vieillissez et vous avez de l'expèrience et vous savez comment éviter ces trucs terribles ou ça va devenir un cauchemar.

Journ: On va mentionner quelques noms et ce serait super si vous le faisiez. Avez vous déjà sur vos films... avez vous déjà permis... ce n'est pas comme si c'était pour un studio et qu'il y a ce grand ponte avec plein d'argent qui dit qu'il va réaliser vos rêves. Vous êtes le maître. Mais si vous avez un film où un acteur le descend et le détruit....

David: Non , Non . Pas le descendre mais je n'ai eu de la grande étrangeté qu'une ou deux fois. Je ne vais pas mentionner de noms mais j'ai des histoires divertissantes que je pourrais vous raconter.

Journ: Mais vous ne voulez pas nous les révéler.

David: Je peux juste vous dire et c'était un acteur merveilleux dans le film. Il a donné une grande performance mais il était un cauchemar. Ca n'avait rien à faire avec moi. Tout était de sa faute.

Journ: Mais vous parmi toutes ces personnes devez savoir que les êtres humains peuvent se transformer... Vos films ne sont pas tout. Les humains se transforment, changent plus ou moins en monstres. En quelque sorte...

David: En créature. Mais ça ne signifie pas que vous devez supporter de travailler avec des monstres. Car... ce que les gens ne savent pas et à cause de la publicité derrière ce film et tous ces trucs et l'intensité ... C'est comme regarder des enfants jouer dans un bac à sable. C'est vraiment ça. Vous mettez des vêtements rigolo qui ne sont pas les vôtres et des moustaches et des accents marrants et vous prétendez être des personnes que vous n'êtes pas. Vous jouez le fait de tuer une personne ou vous faites ça. Vous conduisez une voiture , pas véritablement mais à l'écran c'est comme si vous conduisez une voiture. C'est enjoué. Il y a un vrai enfant avec de la joie qu'on peut ressentir en faisant des films. C'est merveilleux. C'est ce que je recherche en ce qui concerne le ton sur le plateau. Des gens avec qui jouez. C'est génial. C'est une expérience merveilleuse.

Journ: On va désormais passer aux questions des gens pour vous. Ils en ont peut être des meilleurs que les miennes. Des questions assez attendues.

Journ: Nancy de Miami... j'adore ce nom. (???) Pour Cronenberg: "Cher Mr Cronenberg, vous avez écrit le script de Cosmopolis, comme pour de nombreux de vos autres films. Préférez vous réaliser des films que vous avez écrit vous même car vous savez pertinemment comment vous voulez que ce soit joué.

David: En fait, une fois qu'on est sur le plateau, il n'y a aucune différence car peu importe d'où vient le script. A ce moment là, ça devient cette chose mystérieuse que vous devez tenter de rendre vivant. Le fait que vous ayez écrit le script ou que ce soit un script original que j'ai fait ou une adaptation , ce que ce film est. A ce moment là, c'est comme si quelqu'un d'autre l'avait écrit car un script est vraiment un type particulier d'écriture. Ce n'est pas comme écrire un roman ou une pièce. C'est comme un squelette étrange, une ébauche et ça nécessite plein d'apports venant de plein de personnes pour que ça marche et que ça se combine. Ce n'est donc pas vraiment... la réponse est qu'il n'y aucune différence en tant que réalisateur que vous ayez écrit vous même le script ou pas. Vous ne connaissez pas mieux le script parce que vous l'avez écrit. C'est bizarre. Vous ne le connaissez pas vraiment mieux.

Journ: Cette question est pour....


David: Cette question était vraiment bonne. Ca l'était.

Journ: Nancy êtes vous là? Je suis désolé d'avoir imité votre voix. J'ai lu que ça venait d'un site quelque part. Et vous êtes là. La 2ème question est de Jennifer du New Hampshire. Etes vous là? Le New Hampshire est là mais pas Jen. J'aime beaucoup cette question. Pour Rob "Quand j'ai entendu pour la 1ère fois Eric Packer parler, j'ai été surprise d'entendre le changement dans la voix de Rob. Il a bien capturé la déconnection de Packer avec ceux qui l'entoure. Qui a choisi de changer votre voix? Quelle est la raison de ce changement?".

Rob: Je crois que c'est moi.

Journ: C'était ce que je pensais.

Rob: Je ne sais pas. C'est très particulier. David a dit la fin avant que je ne rencontre Don DeLillo. Je ne l'ai rencontré qu'à Cannes. Je trouvais qu'il y avait une voix évidente dans cette écriture. Je pouvais l'entendre quand j'ai commencé à le lire. Je ne peux pas entendre le fait que mon accent est similaire à celui de Don mais quelques personnes ont dit que ça ressemblait à la voix de Don DeLillo, ce qui est vraiment bizarre. Je n'ai jamais regardé d'interviews de lui.

Journ: Etes vous allé sur Youtube pour les voir?

Rob: Non je ne l'ai pas fait. J'étais assis et ça m'est venu dès le début. Pour certaines raisons, j'étais obsédé par ce que ça allai donner. Cet accent. Je ne fais même pas vaguement cet accent. J'étais tellement pris par sa voix. Ce mec aurait été un grand président juste pour sa voix. Peu importe ce qu'il disait. Mais ensuite il a été trahi par sa voix. C'est vraiment bizarre.

David: Heureusement Eric Packer ne perd pas sa voix.

Journ: Non.

David: Mais de manière étrange, c'est Don DeLillo qui a choisi cette voix pour Rob à cause de la façon dont il a écrit ses dialogues. Ca s'est retranscrit fidèlement dans le script. Dans le sens où les dialogues déterminent sa voix.

Journ: Quand vous travaillez avec un instrument aussi bon que celui ci.

David: Si Rob était un violon , ce serait un Stradivarius. C'était un compliment au fait.

Journ: Peut on continuer avec les compliments. Je pense que vous êtes en sécurité de cette façon. C'est une autre question sympa de Sarah Moron.

Rob: les seules personnes qui ont entendu parler de ce film sont dans cette pièce.

Journ: OK. J'ai un peu le sentiment que ça a un peu un lien avec vous Rob. Oh cette énergie. Notre amie Sarah , notre pote

Sarah: Je vous ai apporté cela.

Rob: Oh merci.

Journ: Et voilà représentant... "Pensez vous que...." Reprenez moi si je me trompe Sarah. "Avez vous une opinion différente des limousines après avoir passé autant de temps à tourner dedans?". Quelle excellente question!

Rob: J'ai toujours aimé... j'ai toujours aimé les limousines à vrai dire.

Journ: Etes vous plutôt voiture ou limousine?

Rob: Si j'avais à chaque fois une limousine, je dirais une limousine. Je pense que c'est la façon la plus sympa de voyager. J'allais toujours à la Comic Con en limousine. C'était la seule fois que j'en utilisais une. C'est génial.

Journ: Vous voulez dire de LA à Las Vegas.

Rob: San Diego. Un des meilleurs voyages. Je suis allé un fois sur une base armée à Camp ... est ce Pennilton? On pouvait rouler à 120 km et il y avait ces tanks , ces hélicoptères sur le côté.

Journ: Ok parlons de ça quelques secondes. Des tanks, vous êtes dans un siège confortable et vous êtes dans une limousine. Vous avez environ 6 mètres devant vous. Que faites vous avec ces 6 mètres? Vous aimez ça mais à quoi ça sert véritablement?

Rob: C'est comme un Packerisme. Juste le fait que ce soit là. Ca vaut juste le coup d'être là. Une limousine de nos jours coûtent moins cher à louer qu'une citadine. Ce qui est marrant.

Journ: Si vous vous trompez lors de la réservation, vous finissez avec cette longue limousine blanche. Je suis presque sûr que Yasmine du Brésil n'est pas là. Vous êtes de Sao Paulo , qui est un endroit super mais vous n'êtes pas la Yasmine. Vous êtes là sur le web. "On voit beaucoup des avancées technologiques dans votre film. Pensez vous que ce soit un outil constructif ou qui déconstruit la vie des gens? ". Très bonne question.

David: La technologie? J'ai toujours pensé que les gens parfois sont contre la technologie. Ils voient cela comme une chose qu'on leur impose dans l'humanité. Ca humanise pas le contraire. En fait, la technologie n'est qu'humaine. Ceux sont les humains qui ont créé la technologie et ça se reflète sur nous avec des choses comme le téléphone qui est une extension des voix qu'ils entendent, des armes qui sont les extensions de leur mains dans des poings etc.. Et puis c'est devenu de plus en plus abstrait mais c'est toujours une réflexion des humains et donc ça a donc les mêmes aspects négatifs et positifs qu'on les humains. Ca a un grand potentiel de destruction et de construction. Je pense, comme j'ai dit, que c'est une incarnation de ce que nous sommes en bien ou en mal. C'est ce que je pense. Ce n'est pas uniquement une bonne chose ou une mauvaise chose.

Journ : mais dans le film...

David: C'était une question générale pas sur le film, pas vrai?

Journ: Oui. Mais dans ce film , sa relation... la technologie est très transparente et est à portée de la main. Il fait bouger des millions et des millions de manière absente.

David: Tout à fait. Avec un mouvement de ses doigts.

Journ: Du bout des doigts et les choses sont de moins en moins irréelles. Des journaux ont écrit que plus ça va vite, plus ça devient irréel.

  Traduction de la Q&A du NY Times avec Rob & Cronenberg  

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