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«On va s'essayer pour un gars.»

Publié le 26 septembre 2012 par Lesimparfaites
Vous avez déjà entendu cette phrase? Des parents qui n'ont que des filles - ou même juste une - et qui espère avoir non pas un enfant, mais un GARS. Ou encore le contraire.
Est-ce normal d'avoir une préférence pour un des sexes quand on porte un enfant?  Souvent, ce penchant est lié à notre histoire personnelle (on n'a eu que des soeurs, on est allé dans un collège de filles, on n'a eu que des cousins - turbulents, évidemment -, etc.). On peut aussi avoir peur de l'inconnu que représente le sexe qu'on connaît moins. Et puis, c'est sans compter tous les rêves pour cet enfant qui sont reliés à notre désir.
Mais est-ce sain d'avouer haut et fort notre désir de «s'essayer pour un gars»? Si ça n'arrive pas, est-ce qu'on se sent éternellement coupable?
Quand j'étais enceinte de MissLulus, je savais au fond de moi, que dans ma vie je voudrais avoir une fille. Je savais que je n'aurais pas juste un enfant, mais j'avais vu autour de moi - lointains cousins, familles où je gardais, voisins - avoir eu que des gars et en avoir eu 4 ou 5 juste parce qu'ils «s'essayaient" pour une fille. Je ne voulais pas être comme ça. Je me sentais mal d'avance pour mon bébé qui aurait été un gars. Je savais que je m'en voudrais à mort si j'avais dit haut et fort «Je veux une fille» pendant ma grossesse, rabattant les oreilles de mon entourage avec mon souhait et que le jour de mon accouchement je sois obligée de les appeler pour leur annoncer que j'ai eu un gars. Sincèrement, j'ai enfoui ce souhait au fond de moi et j'ai focussé sur le fait que j'allais avoir un bébé. Un bébé point. Un enfant. Un gars ou une fille.  Juste un bébé. Pour m'aider, je n'ai pas demandé le sexe du bébé durant ma grossesse. J'ai attendu. Je ne voulais pas me sentir coupable envers cet enfant de ne pas l'avoir désiré entièrement. Plus ma bédaine grossissait, plus j'aimais ce petit soleil qui poussait en moi sans savoir qui il était. Le jour de l'accouchement, j'ai pris le temps de regarder mon bébé, lui donner un câlin, plonger mes yeux dans les siens tout plissés avant de penser «Mais c'est quoi? C'est qui?». J'ai su que c'était une fille et franchement j'ai été surprise. Je ne m'imaginais pas  plus avec une fille qu'un gars. Puis, j'ai souri en remerciant la vie de faire en sorte que je ne serais jamais obstinée à vouloir une fille dans toute ma vie. Parce que j'aurais été du genre à ne pas vouloir être enceinte à nouveau si j'avais senti au fond de moi un désir de vouloir avoir une fille plus qu'un gars. J'aurais attendu. J'aurais eu peur d'être déçue même quelques minutes et ensuite me sentir coupable pour la vie. Folle de même, des fois. J'aurais eu beau vouloir une fille dans ma vie, je n'aurais pas transformé mon souhait virer en acharnement... Jamais.
Ensuite, une fois qu'on a notre premier enfant, beaucoup de commentaires extérieurs nous suggèrent souvent sans détour qu'on souhaite un sexe plus que l'autre. «Vous vous essayez pour avoir le petit couple!», «Ton chum doit vouloir un gars» et même des aberrations comme «Tu ne seras pas complète si tu n'as jamais un gars». C'est quoi ces suggestions-là? On essaie de faire entrer en nous un désir qui va se transmuter en méga-culpabilité si on se mouille à abonder dans leur sens. Personnellement, quand j'ai été enceinte à nouveau et qu'on voulait me faire dire que je voulais un gars, je disais que je voulais un bébé. Un bébé point.
Vous, ça vous est arrivé? 


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