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Sur tout et rien...

Par Ananda

L’humilité nous aide à accepter nos limites, notre mort, notre finitude.

C’est toujours dans le doute et dans l’humilité que nous avançons, la science le prouve bien. Ils ouvrent l’esprit, l’assouplissent, le préparent à admettre n’importe quelle éventualité et à faire le deuil de n’importe quelle certitude.

Mais, paradoxalement, pour être humble et pour se permettre le luxe de  douter, il faut être fort. Car le doute est aussi un ébranlement, un tourment de l’être que peu d’âmes supportent vraiment.

L’assimilationisme à la française connait, actuellement, une crise.

D’une part, il est déjà dépassé par la mondialisation qui est en train de créer une nouvelle culture, à une échelle autrement plus grande, plus étendue que celle de l’hexagone.

D’autre part, pour certaine minorités ethniques qui, dans le cadre de la société française, se sentent en butte à l’exclusion, la volonté rigide d’ « intégration » est de plus en plus perçue comme la racine même du colonialisme que la France a fait subir, notamment en Afrique, aux XIXe et XXe siècles.

La connerie humaine, c’est, me semble-t-il, le manque d’empathie, le manque de lucidité, le défaut de délicatesse. Cet égoïsme et cet orgueil qui font le lit de l’ingratitude et blessent, sans même le savoir. Cette insupportable mauvaise foi qui se couple si aisément à l’hypocrisie commune de ceux qui ont pour réflexe de se retrancher dans le déni. Cette mesquinerie qui rapetisse le monde à la pauvre échelle de l’ego. Cet inépuisable esprit de rivalité, d’envie qui rend querelleur. Ce culte de la force bestial, qui se rit si aisément de nos « grands principes ».

Je crois que nous tous, humains, n’en pouvons plus de notre propre bêtise, qui risque, finalement, de nous coûter très cher.

Dieu, quand il a construit notre Univers, n’a pas été au plus simple. Car le fonctionnement des particules élémentaires, qui en sont les constituants, est archi complexe.

Chaque début ressemble à l’aurore. On y palpite. Et l’on y croit. On y recommence le monde. On a l’impression que l’on s’y affranchit de toutes les pesanteurs. On se figure hors de portée du temps qui œuvre et qui grignote. Jamais on n’imaginerait la lassitude que, plus tard, on ressentira pourtant quand les mêmes choses ne seront plus nouvelles.

Aujourd’hui, la science interpelle la philosophie. Ne faudrait-il pas, à ce compte, que cette dernière secoue sa poussière, et cesse de ressasser Platon, Kant, Nietzche ou bien Heidegger pour se tourner vers le formidable arsenal de découvertes à méditer que nous livrent en ce moment même la physique, la neurologie ou la paléoanthropologie (entre autres) ?

L’Homme a, virtuellement, la capacité de « se mettre à la place » de tout, de communier avec tout. C’est une des étranges conséquences de son empathie, de la présence, en son cerveau, des fameux « neurones-miroirs ». Cette faculté lui permet de dépasser les frontières de son ego. En se dilatant à l’extrême, elle devient religiosité…ou poésie !

Et si l’avenir avait, en un certain sens et sur un certain plan, déjà eu lieu ?

Voilà qui expliquerait des phénomènes tels que les « prémonitions » et le « sixième sens », auxquels certains scientifiques fort sérieux ne sont plus désormais sans ajouter foi.

Le fait de ramener tout à soi peut sans doute être compté comme l’une des plus grandes manifestations de stupidité qui soit au monde.

C’est ramener tout à soi qui conduit en ligne directe aux malentendus, aux intolérances, aux rejets et, pour finir, aux conflits et aux guerres.

On peut, à juste titre, se demander ce qui peut se passer dans le crâne de ces femmes qui tombent amoureuses de serial killers une fois que ces derniers sont emprisonnés et font figure de monstres de légende. Est-ce l’attrait de la notoriété couplé à celui du « grand frisson » qui les incite à échanger avec ces monuments de misogynie destructrice une correspondance épistolaire suivie, à créer avec eux un lien, un attachement dévoué qui, dans certains cas, se conclut même par un mariage ? Est-ce le masochisme, la pitié judéo-chrétienne, ou encore une forme de sens du défi à relever (ici, un défi monumental) ?

Il y a, sans doute, du « complexe du sauveur, du saint-bernard » dans cette attitude, de ce qu’on pourrait appeler « le syndrome de la Belle-et-la-Bête ».

Car il y a, dans l’inconscient collectif humain, une conviction tenace que la Femme, être d’Amour, de pureté, être à vocation d’éducatrice, a le miraculeux don d’adoucir l’homme, de le civiliser. Peut-être cette conviction remonte-t-elle aux toutes premières aurores de l’Homme, au temps des tout premiers groupements d’Hominidés qui, à l’image des autres primates de leur catégorie (Chimpanzés, Bonobos), voyaient l’équilibre de leur vie sociale reposer sur le rôle de régulateur des conflits, de « ciment du groupe » que jouaient les femelles  (*)  ?

(*) voir Louann BRIZENDINE,  Les secrets du cerveau féminin et Frans DE WAAL, Le singe en nous.

Partout, l’Homme harcèle, voire persécute l’Homme au nom de la normalité. Jusques et y compris dans les écoles, car les enfants sont très moutonniers, très normatifs. Cela explique peut-être cette si grande peine que nous avons à « changer le monde ».

P. Laranco


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