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Roselyne et les gnons

Publié le 30 mai 2007 par Philostrate
Faut-il obligatoirement avoir été champion pour faire un bon ministre des sports ? Oui, si dans un même élan on considère comme indispensable d'avoir usé son ciré jaune sur les bancs de Terre-neuve pour se voir confier le portefeuille de la pêche ou d'avoir fait prospérer une expoitation céréalière dans la Beauce pour obtenir celui de l'agriculture… L'expérience du haut niveau n'est pas en soi un gage de compétence, sauf à penser qu'un ministre soit là avant tout pour montrer l'exemple.    Jean Borotra, ancien champion de tennis devenu commissaire général au sport sous Vichy, aimait ainsi en son temps prouver qu'il avait encore de beaux restes en grimpant à la corde ou en s'essayant à quelques exercices gymniques devant la "belle jeunesse de France", censée incarner la vigueur de la Révolution nationale. Ce style bondissant, alors dans l'ère du temps, n'a guère fait d'émules depuis et c'est tant mieux. Quant à saisir les rouages complexes du monde du sport sans jamais en avoir fait partie, on ne fera pas l'injure aux politiques chevronnés appelés aux plus hautes responsabilités de l'Etat de penser la tâche insurmontable, pas plus en tout cas que celle de maîtriser les subtilités de la Politique agricole commune ou du Code de la santé publique…    Difficile d'ailleurs de trouver profil mieux adapté à son époque que celui de la nouvelle ministre de la Santé, de la Jeunesse et des Sports. Roselyne Bachelot n'est peut être pas médaillée olympique, mais elle est docteure en pharmacie, ce qui aujourd'hui dans le sport de haut niveau a valeur d'adoubement. La voilà armée pour brandir bien haut la bannière de la lutte contre le dopage, érigée au rang de priorité des priorités par Jean-François Lamour, son prédécesseur, qui sait tellement bien de quoi il parle qu'il prêche désormais les convaincus de l'Agence mondiale antidopage. Les Guignols peuvent donc bien se gausser, les puristes tordre le nez, cette fille de résistant, ancien champion de boxe de Paris, n'est ni plus ni moins légitime que les précédents détenteurs du portefeuille.    La vraie question tient d'ailleurs moins dans son CV que dans la difficulté de mener de front les poiltiques de la santé, de la jeunesse et des sports confiées à ce grand ministère. Mais là aussi, on peut compter sur la pugnacité de Roselyne pour esquiver les peaux de banane et les coups bas. Seule élue du RPR à avoir voté la loi "Évin", seule député de droite à avoir approuvé le PACS en 1999, combattante de longue date de la cause féministe, la secrétaire générale adjointe de l'UMP, sous ses airs de grande fille "sympâââââ", est une vraie castagneuse. Alors que tous les Français s'en étaient rendus compte en essayant vainement de lui rappeler ses promesses de candidat, elle a même été le seul ministre en exercice à révéler la surdité de Jacques Chirac ! Le "Chi" lui fera payer cher ses écarts de langage, mais comme il se doit le futur président Sarkozy lui donnera l'absolution. Nostalgique du grand Jeff - le récit de sa dernière journée de ministre dans notre quotidien sportif national était très touchant, on en aurait presque écrasé une larme, un beau travail d'attaché de presse ! - tenez-vous le pour dit : la détermination et l'abnégation de la nouvelle ministre, supportrice de longue date du PSG c'est dire sa constance, sont au moins aussi  grands  que son sourire.  Titre de son dernier livre : Le combat est une fête !  Maintenant, on demande à voir…

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