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Critique Ciné : Killer Joe, folie meurtrière...

Publié le 21 octobre 2012 par Delromainzika @cabreakingnews

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Killer Joe // De William Friedkin. Avec Matthew McConaughey, Emile Hirsch et Juno Temple.


Depuis le très curieux Bug (2006), William Friedkin n'avait rien offert au cinéma. Il revenait alors avec Killer Joe cette année, un film particulièrement violent mais aussi réaliste nous plongeant dans un univers efficace et surprenant. Je ne m'attendais pas du tout à autant apprécier ce film, notamment parce que le pitch ne m'inspirait pas grand chose. Et puis il y avait l'affiche du film qui me faisait penser à une sorte de vieux navet humoristique. J'ai alors lancé ce film avec une certaine appréhension, celle de découvrir un monde que je ne connaissais pas et que je n'avais pas forcément envie de découvrir de but en blanc. Heureusement que Matthew McConaughey était là puisque dès l'entrée en matière son personnage parvient à surprendre. Si l'acteur s'est fourvoyé durant quelques années dans des comédies romantiques bas de gamme (Hanté par ses Ex restera surement l'un de ses pires navets), il s'est bien rattrapé ces derniers temps en enchainant les très bons rôles mais pas forcément que de gentils. Surtout dans Killer Joe où il crève l'écran.
Chris, 22 ans, minable dealer de son état, doit trouver 6 000 dollars ou on ne donnera pas cher de sa peau. Une lueur d’espoir germe dans son esprit lorsque se présente à lui une arnaque à l’assurance vie. Celle que sa crapule de mère a contractée pour 50 000 dollars.
Mais qui va se charger du sale boulot ?
Killer Joe est appelé à la rescousse. Flic le jour, tueur à gages la nuit, il pourrait être la solution au problème. Seul hic : il se fait payer d’avance, ce qui n’est clairement pas une option pour Chris qui n’a pas un sou en poche. Chris tente de négocier mais Killer Joe refuse d’aller plus loin. Il a des principes…jusqu’à ce qu’il rencontre Dottie, la charmante sœur de Chris.
Alors Killer Joe veut bien qu’on le paye sur le fric de l’assurance si on le laisse jouer avec Dottie.
Killer Joe c'est donc une histoire plutôt cohérente même si le scénario n'est à mon sens pas la meilleure chose de ce film. J'ai surtout préféré le coup de caméra de William Friedkin qui parvient à installer une ambiance étouffante et glaciale à plusieurs reprises dans le film. Ce sentiment violent qui s'installe par moment est particulièrement captivant (je retiens une scène en particulier qui doit surement être celle que n'importe qui pourrait retenir à la sortir de ce film, pauvre Gina Gershon - How to Make it in America - tout de même on lui en aura fait voir de toutes les couleurs dans ce film). J'ai trouvé plutôt intéressant le personnage de Chris incarné par un Emile Hirsch (Into the Wild) plutôt convaincant. L'acteur se donne à fond dans sa prestation et cela se ressent. Friedkin est parvenu à faire de ce gringalet quelqu'un de différent par rapport à tout ce que l'on avait pu voir de sa part.
Mais je préfère tout de même saluer la prestation sans faille d'un McConaughey qui s'est transformé en cinglé. William Friedkin continue donc d'être un réalisateur efficace qui tente ici de nous surprendre (et c'est à mon sens plutôt réussi). Le ton de ce film est assez étrange mais ce n'est pas une mauvaise chose. En effet, l'on passe un agréable moment dans le sens où l'on en prend plein les yeux de ce cinéma de qualité. Cette morale complètement déphasée avec la réalité, parlant avec simplicité et pourtant tant de violence du mal, sans compter sur les scènes chocs dont le film use pour nous prendre aux tripes. Et cela fonctionne tellement bien. Finalement, à la fin de Killer Joe on se rend compte que le monde dans lequel nous vivons est toujours aussi rempli de personnes sales et violentes. Je pense que si McConaughey n'a aucune nomination pour son rôle ce serait passer à côté d'une grande opportunité.
Note : 8/10. En bref, un film violent et surprenant.


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