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Argo de ben affleck : un bon thriller politique

Par Acrossthedays

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Daredevil aux commandes

« Ben Affleck aux commandes d’un thriller politique se déroulant pendant la crise d’Iran en 1979. » Je vous vois déjà rigoler assis confortablement dans votre fauteuil d’ordinateur. Et bien à la surprise du public, mais également des critiques cinéma, il faut l’avouer : Ben Affleck s’implante désormais dans le paysage américain en tant que réalisateur. Il y’a quelques semaines, Studio Live titrait : « Ben Affleck : Naissance d’un réalisateur ». Pas la peine de rappeler le parcours du beau jeune homme, mais je vais le faire quand même : Will Hunting (Oscar du meilleur scénario original, aux côtés de Matt Damon), Armageddon,  Shakespeare In Love, Pearl Harbor, Daredevil, Jeux de Pouvoir ou encore The Company Men en tant qu’acteur, jusqu’à sa première réalisation : Gone Baby Gone en 2007 – adapté du roman de Dennis Lehane (auteur notamment de Shutter Island). Depuis, Affleck réalise un autre long-métrage : The Town (plutôt réussi), globalement applaudi par les critiques et les spectateurs. En somme, on a assisté jusqu’ici à un parcours sans faute, confirmé par son dernier film : Argo.

« La meilleure mauvaise idée »

Argo explore un sujet assez délicat : en 1979 une prise d’otage a lieu à Téhéran (Iran) et des manifestants islamistes capturent 52 otages américains. Cependant, six parviennent à s’enfuirent et à se réfugier chez l’ambassadeur du Canada. Tony Mendez (joué par Ben Affleck), spécialiste de l’exfiltration à la CIA, est chargé d’extraire les citoyens américains à tout prix.

C’est à ce moment-là que le film devient intéressant (inspiré d’une histoire vraie, il faut le préciser) : Mendez monte alors un faux projet de film de science-fiction, qui nécessite des décors orientaux. Son idée : faire passer les otages américains pour des membres de l’équipe du film pour les rapatrier ensuite. L’histoire est bien exploitée dans le film : difficile cependant de faire part de ce qui est vrai et de ce qui ne l’est pas, le tout étant forcément romancé un minimum afin de mieux apparaître à l’écran.

Loin d’être un film politique engagé (comme ceux de George Clooney par exemple), Argo est bon thriller politique. Les personnages sont intéressants, accessoirement aidés par un très bon casting composé de John Goodman (The Big Lebowski, The Artist) Bryan Cranston (Malcolm, Breaking Bad, Drive), Alan Arkin (le grand-père dans Little Miss Sunshine) Kyle Chandler (qui jouait le père dans Super. 8) mais aussi Ben Affleck – il ne faut pas l’oublier – qui s’est évidemment réservé le rôle principal. Mais, paradoxalement, Ben Affleck s’efface facilement devant les seconds rôles.

Le tout est plutôt bien mené. Un rythme soutenu qui n’a rien à envier à Alan J. Pakula, une alternance entre images d’archives, plans tournés à l’épaule et photographies (surtout à l’ouverture du film). En résulte une ambiance presque authentique (c’est toujours difficile de retrouver celle des films des années 70 ou 80 avec des comédiens contemporains) mais surtout un scénario en béton. Certes, le film est réussi, mais il n’en faut pas moins oublier qu’il est inspiré d’une histoire vraie, et que c’est surtout le sujet qui fait la différence.

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« Argo-cuppe toi d’ton cul » / « Ar-go fuck yourself »

Le projet de la CIA (les repérages pour le tournage du film en Iran) est l’occasion pour Ben Affleck de parler du cinéma, et d’Hollywood plus précisément : les scénaristes vénaux, les producteurs menteurs ; tout cela présenté avec pas mal d’humour (notamment grâce à John Goodman et Alan Arkin), ce qui rompt avec la monotonie supposée des films politiques.

Mon gros coup de cœur du film ? Les vingt dernières minutes (je ne spoil rien) : une tension à son comble (comme on aurait aimé voir dans Looper par exemple) dans la séquence à l’aéroport. On regrette d’autant plus la fin du film : la malice d’Hollywood est oubliée, le drapeau américain appelé en renfort alors que Ben Affleck retrouve sa femme, sur son petit pavillon, et l’enlace.

Dommage Ben : tu as réussi à éviter les clichés pendant tout le film mais tu n’as pas pu y résister. On ne t’en veux pas.

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