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Des cailloux dans le ventre de Jon Bauer chez Stock

Par A Bride Abattue
Des cailloux dans le ventre de Jon Bauer chez StockC'est un premier roman. il a déjà obtenu des récompenses en Australie, où l'auteur est installé depuis une dizaine d'années.
On aimerait savoir pourquoi Jon Bauer a choisi ce sujet là pour commencer sa carrière d'auteur. Si violent. Si terrible. Si cruel.
La réponse est sans doute à décrypter dans la dernière phrase du livre : " Que ce roman procure nourriture et réconfort à ceux qui portent encore le fardeau de leur enfance ".
Le fait est que malgré la cruauté de certaines scènes on éprouve dès les premières pages une forme d'empathie pour ce petit bonhomme de huit ans dont on comprend qu'il ne tourne pas bien rond. Au moins border-line, carrément psychotique dans les moments de crise, fondamentalement humain entre temps.
On regrette qu'il n'ait pas reçu de soins adaptés, avec une prise en charge thérapeutique. Au lieu de çà, et sans penser qu'ils vont lui faire du mal, ses parents décident d'être famille d'accueil pour d'autres enfants en se substituant donc à leurs véritables parents. Le petit garçon doit partager l'amour de sa mère qui ne se rend pas compte qu'elle ne lui en donne pas suffisamment. La tendresse de son père sera insuffisante.
L'arrivée de Robert, un enfant plus affectueux que les autres, comble le déficit ressenti par la mère tout en creusant celui du narrateur. Ses crisses d'angoisse déclenchent des cataclysmes. Si dans son enfance il est parvenu plus ou moins à se défiler en terme de responsabilité, il assume de plus en plus une fois passé à l'âge adulte, du moins avec nous lecteurs, qu'il met dans la confidence.
A la confession de ce que sa folie a provoqué dans la vie de Robert s'ajoute celle qui concerne la fin de vie de sa mère, auprès de laquelle il revient vivre parce qu'elle est en phase terminale d'un cancer au cerveau. Les ravages de la maladie sont abordés avec la même proportion de noirceur et de dérision. On ne devrait pas en rire et pourtant la drôlerie est palpable.
la couverture donne le ton et installe l'ambiance. On voit l'enfant se débattre au fil des pages entre le bien et le mal, avec intelligence, sagacité, et humour. On aimerait bien sûr avoir sous les yeux un autre type de récit mais on ne lâche pas le livre tant qu'on n'est pas allé jusqu'au bout, comme s'il était de notre devoir de l'accompagner. Notre présence à ses côtés nous en apprend beaucoup sur la jalousie. On se dit effectivement que l'on est peut-être passé à deux doigts de la catastrophe, quand nous étions petits ou avec nos enfants.
Un livre qui va entrer dans les références en la matière, à l'instar de ceux d'Howard Buten ou encore de  celui de Mark Haddon, "Le curieux incident du chien dans la nuit”, publié en mai 2004. Ce roman nous faisait entrer dans le cerveau d'un adolescent Asperger menant une enquête à propos de la mort d'un chien.
On peut aussi songer à "Où on va, papa?", paru également chez Stock, que Jean-Louis Fournier a composé à partir de l'histoire vraie qu'il a vécue avec ses deux fils, handicapés mentaux. Cette fois c'était le point de vue du parent qui était donné. Un livre qui avait reçu le prix Fémina en 2008. Je l'avais chroniqué en août 2010.
Des cailloux dans le ventre, John Bauer, La Cosmopolite, Editions Stock, 22€
Des cailloux dans le ventre de Jon Bauer chez Stock
C'est un premier roman. il a déjà obtenu des récompenses en Australie, où l'auteur est installé depuis une dizaine d'années.
On aimerait savoir pourquoi Jon Bauer a choisi ce sujet là pour commencer sa carrière d'auteur. Si violent. Si terrible. Si cruel.
La réponse est sans doute à décrypter dans la dernière phrase du livre : " Que ce roman procure nourriture et réconfort à ceux qui portent encore le fardeau de leur enfance ".
Le fait est que malgré la cruauté de certaines scènes on éprouve dès les premières pages une forme d'empathie pour ce petit bonhomme de huit ans dont on comprend qu'il ne tourne pas bien rond. Au moins border-line, carrément psychotique dans les moments de crise, fondamentalement humain entre temps.
On regrette qu'il n'ait pas reçu de soins adaptés, avec une prise en charge thérapeutique. Au lieu de çà, et sans penser qu'ils vont lui faire du mal, ses parents décident d'être famille d'accueil pour d'autres enfants en se substituant donc à leurs véritables parents. Le petit garçon doit partager l'amour de sa mère qui ne se rend pas compte qu'elle ne lui en donne pas suffisamment. La tendresse de son père sera insuffisante.
L'arrivée de Robert, un enfant plus affectueux que les autres, comble le déficit ressenti par la mère tout en creusant celui du narrateur. Ses crisses d'angoisse déclenchent des cataclysmes. Si dans son enfance il est parvenu plus ou moins à se défiler en terme de responsabilité, il assume de plus en plus une fois passé à l'âge adulte, du moins avec nous lecteurs, qu'il met dans la confidence.
A la confession de ce que sa folie a provoqué dans la vie de Robert s'ajoute celle qui concerne la fin de vie de sa mère, auprès de laquelle il revient vivre parce qu'elle est en phase terminale d'un cancer au cerveau. Les ravages de la maladie sont abordés avec la même proportion de noirceur et de dérision. On ne devrait pas en rire et pourtant la drôlerie est palpable.
la couverture donne le ton et installe l'ambiance. On voit l'enfant se débattre au fil des pages entre le bien et le mal, avec intelligence, sagacité, et humour. On aimerait bien sûr avoir sous les yeux un autre type de récit mais on ne lâche pas le livre tant qu'on n'est pas allé jusqu'au bout, comme s'il était de notre devoir de l'accompagner. Notre présence à ses côtés nous en apprend beaucoup sur la jalousie. On se dit effectivement que l'on est peut-être passé à deux doigts de la catastrophe, quand nous étions petits ou avec nos enfants.
Un livre qui va entrer dans les références en la matière, à l'instar de ceux d'Howard Buten ou encore de  celui de Mark Haddon, "Le curieux incident du chien dans la nuit”, publié en mai 2004. Ce roman nous faisait entrer dans le cerveau d'un adolescent Asperger menant une enquête à propos de la mort d'un chien.
On peut aussi songer à "Où on va, papa?", paru également chez Stock, que Jean-Louis Fournier a composé à partir de l'histoire vraie qu'il a vécue avec ses deux fils, handicapés mentaux. Cette fois c'était le point de vue du parent qui était donné. Un livre qui avait reçu le prix Fémina en 2008. Je l'avais chroniqué en août 2010.
Des cailloux dans le ventre, John Bauer, La Cosmopolite, Editions Stock, 22€

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