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ISRAËL/PALESTINE - Chantage à l’antisémitisme ! Encore… et toujours…

Publié le 16 novembre 2012 par Pierrepiccinin

Israël/Palestine - Chantage à l’antisémitisme ! Encore… et toujours... (Centre communautaire laïc juif, 1er octobre 2012)

palestine-antisemitisme
(Avec l'aimable autorisation de Latuff) 

En septembre 2012, Monsieur Joël Kotek, professeur d'histoire et de sciences politiques à l’Université libre de Bruxelles, m’attaquait vertement dans un « billet d’humeur », publié dans Regards, la revue du Centre communautaire laïc juif (CCLJ), dont il est le directeur de publication, et sur le site internet du CCLJ (Un monde sans repères, ni valeurs).

« Nous vivons désormais dans un monde sans repère, sans valeur », s’indignait Monsieur Kotek, ce monde où un grand quotidien comme Le Soir n’hésite plus à publier les articles de Pierre Piccinin, un antisémite !

Les accusations graves et mensongères de Monsieur Kotek appelaient impérativement un démenti.

Il convenait également de mettre en évidence le procédé diffamatoire odieux dont avait usé Monsieur Kotek à mon égard, mais aussi les raisons qui motivaient son action.

J’ai donc demandé un droit de réponse à la rédaction de Regards, qui a accepté sa publication, dans le cadre de la loi de 1961, laquelle prévoit que le répondant dispose du double du nombre de caractères utilisés dans l’article où il est incriminé et que la réponse doit recevoir la même publicité que ledit article.

Toutefois, in fine, ma réponse a été publiée uniquement sur le site internet du CCLJ, et nullement dans la revue imprimée.

Suite à mes protestations, la rédaction de Regards m’a adressé ces mots : « ne soyez pas tatillon, d’autres organes de presse ont procédé de la même manière avec vous par le passé. » (sic ; j’avais alors intenté une action en justice et obtenu gain de cause).

J’ai également reçu une longue « réaction » de Monsieur Kotek, dont je laisse le lecteur juge du propos : « cher Pierre, j'avoue que votre prophétie m'a bluffé. Elle m'a rappelé celle du 30 janvier 1939, d'un célèbre autrichien moustachu. N'en soyez pas vexé. (…) Depuis la Shoah et ses six millions de morts nous avons, tout de même, beaucoup plus de mal à contrôler les médias, ne parlons pas du monde. Je n'en dors plus ! Heureusement que les maçons nous aident. (…) Cher Pierre, c'est pas facile tous les jours de haïr l'Humanité. Heureusement qu'on se repose Shabbat ! » (sic).

Je n’intenterai pas d’action en justice à l’encontre de Regards et du CCLJ : parmi l’arsenal que déploient ces gens pour épuiser leurs adversaires, les procédures juridiques coûteuses occupent une place trop évidente ; et il importe de préserver les ressources nécessaires à livrer des batailles plus importantes que celle-ci.

Néanmoins, Monsieur Kotek et le CCLJ n’échapperont pas à cette dénonciation du mépris total de la loi dont ils font preuve, eux qui, pourtant, se réclament systématiquement d’elle en d’autres circonstances...

Droit de réponse

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Vignette Palestine bis
[Photo : Naplouse - Cisjordanie]

« Si Joël Kotek n’était pas obsédé par la seule manière de pourfendre tous ceux qu’il juge comme étant des ennemis d’Israël, il aurait fait l’effort intellectuel minimum d’objectiver non seulement la situation prévalant en Israël (…), mais aussi le parcours qui est le mien. »  

Le prologue de ce droit de réponse à M. Kotek n’est pas de moi ; M. Kotek qui, dans le numéro de Regards de septembre 2012, me taxait d’antisémitisme et, extrayant du contexte de mes articles quelques segments de phrases, les remployait pour réécrire mon propos, suggérant des interprétations vers lesquelles mes textes ne tendaient pas.  

Ces mots ont en effet presque dix ans déjà ; ils sont de Pierre Galand, président de l’Association belgo-palestinienne.  

Mais c’est qu’il n’y a rien d’étonnant à ce que les droits de réponse se succèdent et se ressemblent…

En effet, M. Kotek, comme tous ses pareils du « Lobby qui n’existe pas », emploie la bonne vieille recette qui, jusqu’à présent, a souvent fait mouche. 

Au risque de lasser et d’attirer sur eux et leur communauté la haine que génère cette politique ignoble, ces gens-là pratiquent sans relâche un chantage à l’antisémitisme, au point de n’en plus être crédibles (sauf, bien sûr, dans le chef de ceux qui, voulant donner des gages de bonne vassalité, font mines, hypocrites, d’aboyer avec la meute).  

Me qualifiant d’emblée de « pseudo-reporter » ( !?), M. Kotek prétend que, depuis des années, j’aurais « encensé toutes les dictatures arabo-musulmanes ».  

Moi ? Qui ai toujours dénoncé la corruption de la monarchie marocaine, le totalitarisme de la famille royale d’Arabie saoudite et de l’émir du Qatar, les violences des régimes syrien et égyptien ? 

Il poursuit par une équation qui, simplifiée, édifie elle aussi quant à l’honnêteté intellectuelle de l’honorable professeur de l’ULB : c’est « assurément », asserte-t-il, que Piccinin « partage » « la croyance antisémite qui fait des Juifs les maîtres exclusifs des médias », ce qui constitue bien « la preuve » de son antisémitisme. 

Moi ? Qui, depuis des années, ai été publié dans La Libre Belgique, L’Echo, Le Soir, Le Monde, L’Orient-Le Jour, El Paìs, La Stampa, Afrique-Asie, Politis, L’Humanité, etc. ? Que voilà un intéressant paradoxe… 

Et M. Kotek de renchérir : je serais « un obsédé du complot juif ». La preuve (une autre !) : « dans un article au titre évocateur » (que ne mentionne pas M. Kotek, et pour cause…), j’ai « dénoncé » la trahison de Serge Dassault et des ingénieurs juifs qui transmirent aux services secrets israéliens les plans du Mirage français. Le Mirage, que Charles de Gaulle avait refusé de vendre à l’État hébreux, et ce du fait de la violation du droit international que constituait (et constitue encore à ce jour) l’occupation des terres conquises en Palestine par la guerre de 1967 (deux détails que M. Kotek omet bien sûr de rappeler…). 

Or, l’article en question ne comporte pas la moindre référence à cette thèse absurde du « complot juif » ; il portait sur l’inversion de la politique étrangère de la France sous Sarkozy, rapport à l’OTAN et, entre autre, à son rapprochement avec Israël et les États-Unis. 

Le titre « évocateur » ? Nicolas Sarkozy ou « le gaullisme en miettes »… Chacun jugera des procédés rhétoriques de M. Kotek.  

Cela dit, cette affaire de trahison (qui impliquait Serge Dassault, que je ne confonds pas avec son père Marcel, contrairement à ce qu’asserte encore M. Kotek) est une réalité, qui ne devrait dès lors pas être inconnue de notre distingué historien. 

Le 10 octobre 2007, cette affaire fut développée dans l’émission Droit d’Inventaire, présentée sur France 2 par Marie Drucker, de famille juive. 

(Le Président Charles de Gaulle et Israël)

M. Kotek accusera-t-il Marie Drucker, elle aussi, d’être obsédée par le « complot juif » et, donc, « assurément », d’être antisémite ?

Enfin, M. Kotek compare mon article Pour que s’arrête la peur ! aux Protocoles des Sages de Sion (rien moins !), m’accusant de placer les institutions juives au cœur d’une vaste conspiration.

J’avais écrit ce texte pour dénoncer les terribles pressions subies, pour avoir critiqué la politique de Tel-Aviv lors de la fusillade du Marmara, qui s’était soldée par la mort de neuf civils et une cinquantaine d’autres blessés par balles, attaqués dans les eaux internationales par des commandos israéliens.

Des séries de courriers et d’e-mails avaient demandé ma tête à ma direction. Plusieurs de mes conférences avaient été déprogrammées. On avait même été jusqu’à m’adresser des menaces de mort...

Rien n’est inventé : les pièces ont été enregistrées et déposées auprès du Procureur du Roi.

Quant aux institutions juives et à leur organigramme pyramidal, je constatais seulement que nombre d’entre elles, en Belgique, sont affiliées au Comité de Coordination des Organisations juives de Belgique, lui-même affilié au Congrès juif européen, lui-même affilié au Congrès juif mondial…

Mais, en fin de compte, face à tout cela, je m’interroge… Ne serais-je pas vraiment antisémite -sans en avoir moi-même conscience- puisque je critique Israël et ses crimes ?

Non, M. Kotek !

Critiquer la politique de l’État d’Israël qui, depuis plus d’un demi-siècle, viole le droit international et, régulièrement, massacre des civils en Palestine, ce n’est pas être antisémite.

Antisioniste ? Peut-être. Mais ni le Littré, ni le Larousse ou le Robert ne renvoie d’un terme à l’autre sous l’occurrence « synonyme » : l’antisionisme consiste à marquer son opposition à cette politique-là, que je viens d’évoquer. Et qui, en âme et conscience, pourrait-il soutenir une telle politique ?

N’est-il pas, d’ailleurs, que de nombreux Juifs eux-mêmes s’en indignent ? Mais « le Lobby qui n’existe pas » n’a pas hésité à les attaquer, eux aussi, voire à les accuser d’être des « antisémites ». Stéphane Hessel, par exemple ! Norman Finkelstein, Charles Enderlin, Olivia Zemor ou encore mes amis Eric Hazan et Jacob Cohen… Rien ne l’arrête, n’est-ce pas ?

Toujours cet amalgame, donc, par lequel ce « Lobby qui n’existe pas » essaie de faire taire, en collant l’hideuse étiquette de l’antisémitisme.

J’avais dénoncé cette pratique, en 2010, dans un article publié par L’Orient–Le Jour (Antisémitisme et antisionisme : les confusions et tabous de l’Occident). J’y dénonçais une fois de plus -et sans ambiguïté- l’antisémitisme et le racisme.

Mais, de cela, M. Kotek n’a pas fait état. Peut-être a-t-il estimé que le mentionner eût déforcé sa thèse à mon propos ?

Il n’est pas le premier à s’être essayé à cet exercice. D’autres avaient usé des mêmes amalgames, tel Manuel Abramowicz, dans Points Critiques, publication de l’Union des Progressistes juifs de Belgique, ou Claude Demelenne, ce journaliste islamophobe de l’hebdomadaire d’extrême-droite Ubu–Pan (M. Kotek est décidément en « bonne » compagnie !).

Et que dire des sites Philosémitisme et Juif.org, dont les propos haineux sont simplement incroyables ? Et dont je me suis souvent demandé comment leur référencement sur Google pouvait être aussi excellent… Que l’on entre dans un moteur de recherche le nom d’un de ceux qui y sont attaqués et ces sites apparaissent, arborant leurs titres suggestifs et infâmants, qui ruinent la réputation de leurs victimes.

Mais M. Kotek n’est pas au-dessus des lois qui, heureusement, protègent encore les honnêtes citoyens qu’il attaque. Et le voilà confronté à ce droit de réponse !

Mais attention : les années passant, l’opinion publique n’accepte plus ce terrorisme intellectuel. De plus en plus régulièrement –mais l’a-t-il seulement remarqué ?-, des voix s’élèvent, agacées, irritées, contre ces pressions.

Ainsi, par leur comportement, M. Kotek et ses pareils nous font courir à tous un terrible danger : s’ils n’y prennent garde, leur odieuse attitude pourrait bien nous mener à revivre cette haine tragique qui, en d’autres temps -et bien détestables-, a plongé nos sociétés européennes dans l’abjection la plus abominable.

Mais, cette fois, ce seraient eux –et eux seuls- qui en seraient comptables.

Pierre PICCININ

(« Pseudo-reporter » et, accessoirement, historien et politologue) 

Lien(s) utile(s) : Centre communautaire laïc juif

Lire aussi :

- EUROPE - Sionisme – Pour que s’arrête la peur !

© Cet article peut être librement reproduit, sous condition d'en mentionner la source

www.pierrepiccinin.eu


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