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Sarkozy, l’indicateur et la police

Publié le 01 décembre 2012 par Christophefaurie
Sarkozy, l’indicateur et la police Je suis passé à côté de la réforme de la police. Je l’ai traitée à tort comme un exemple de mise en œuvre ridicule du changement. (Voir La réforme de la police ou comment rater un changement pour les nuls.) En fait, elle en dit long sur notre idéologie.
Comment M.Sarkozy a-t-il voulu réformer la police ? Par le « management par objectif ». Le management pas objectif rémunère une personne en fonction de sa performance. C’est travailler plus pour gagner plus. C’est surtout l’adaptation à la France du bonus des banquiers et des dirigeants. C’est la conséquence d’une hypothèse : il ne tient qu’à l’homme de faire mieux. Et quand tous les hommes font mieux, la prospérité est générale. C’est l’expression même du libéralisme.
Cette idée ré émerge régulièrement. Par exemple, à la suite de Taylor, l’industrie occidentale a cru que la production optimale consistait à faire fonctionner ses machines à plein régime. Or, une chaîne de production est conditionnée par son maillon le plus faible. Si vous cherchez à produire plus qu’il ne peut le faire, vous accumulez des stocks intermédiaires. C’est ce que les Japonais ont compris, il y a au moins 40 ans. Ce qui leur a donné un avantage qui a failli rayer de la carte nos industries. Pour survivre elles ont dû leur emprunter le « juste à temps ». (Sur cette problématique voir : The Goal d’Eliyahu M. Goldratt.) Car ce que Sarkozy, Taylor et les libéraux n’ont pas saisi, c’est que le monde n’est pas fait d’individus isolés, il y a, en plus d’eux, quelque chose qui s’appelle la « société ».
Pour relier Nanterre à chez moi, je dois passer par la route et ses embouteillages, ou par les voies de la RATP. C’est eux qui déterminent mon heure d’arrivée, pas moi. Autrement dit, la performance individuelle est conditionnée par celle de la société. Si vous voulez réduire mon temps de parcours, vous devez modifier l’organisation de la société. Ce qui est l’exacte définition du changement. C’est pour ne pas avoir compris cela que M.Sarkozy fut un « Jacques Chirac en sueur ». Zéro résultat, en dépit d’une agitation frénétique.
Mais, le management par objectif n’est pas seulement bête, il est surtout dangereux. L’exemple de la police le montre (cf. référence ci-dessus). Pour atteindre les objectifs dont elle n’avait pas les moyens elle a dû tricher. C’est probablement ce qui est arrivé à notre société : elle nous a donné l’illusion de la croissance, alors qu’elle ne faisait que brûler notre héritage. 

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