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En souvenir de toi

Publié le 11 décembre 2012 par Fredlafortune

J’aimerai mourir comme on s’endort

Mes yeux peu à peu s’ensommeillent,

Et je sens  ta vie drossée contre mon corps.

J’aimerai emporter ton regard,

Ma fontaine d’ombre

De l’autre coté du temps,

Mes mains cherchant

Le berceau de tes mains.

J’aimerai mourir comme on s’endort

Dans tes bras immuables

Ta bouche butinant mon visage

Tes doigts perdus dans mes cheveux.

Je suis passée au bord du lac.

Nous sommes tous les deux sur ce banc

Avec posé sur nos genoux

Le poème  de ton premier amour

Que nous traduisons,

Toi Créole, moi Française,

Mariant nos pensées aux reflets ardoisés

Des froideurs  de Novembre.

Tu as illuminé de tes mots

Ton village d’outre monde :

« Allons à l’Asile * chérie…» 

J’écoute murmurer la rivière tropicale

Et le frissonnement des feuillages

Qui font palpiter sur sa robe

Des  poissons de lune.

L’onde  chuchote, grignotant le silence

Et tu savoures l’instant

Où ses lèvres corolles

S’ éveilleront  sous tes  baisers.

Mais tu es là ,

Sous le ciel d’Ile de France

Tu m’interroges,

Les mots s’effritent sur mes lèvres

Nos corps se figent.

Les prémices de l’hiver mordillent les platanes.

Je voudrai poser ma tête sur ton cœur.

Le crépuscule envahit les berges qui se fondent

A l’horizon.

Les cygnes s’éloignent sous les saules

Et nous nous en allons, blottis

Au creux de la petite voiture bleue

Qui nous emmène tout au bout du rêve

Par les chemins de nulle part

Denise Bernhardt

Montmorency,  le 3 Décembre 2008

* l’Asile, petite ville d’Haïti


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