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Il y a aussi de la stratégie dans l'offensive de l'Eglise catholique contre la modernité

Publié le 23 décembre 2012 par Bernard Girard
L'église est depuis plusieurs années en première ligne contre plusieurs projets qui visent à faire évoluer les moeurs. On est tenté d'attribuer ces positions à un attachement à des valeurs traditionnelles que la modernité menace. C'est ce qu'avancent les avocats de l'Eglise qui n'hésitent pas à s'inquiéter de l'avenir de notre civilisation et à souligner leur convergence de vues avec d'autres confessions.

Pour étoffer leur opposition au mariage pour tous et à l'adoption d'enfants par des couples homosexuels, ils mettent en avant les positions voisines de responsables juifs et musulmans pour conclure que toutes les religions y sont opposées. Ce qui est inexact. De nombreuses églises protestantes ont, sur tous ces sujets, des positions beaucoup plus libérales. Positions qui peuvent, d'ailleurs, comme actuellement en Grande-Bretagne, leur poser de vrais problèmes et inciter certains de leurs fidèles à se rapprocher de… l'église catholique. Ces "anglo-catholiques" se sont tout récemment opposés à la nomination d'évêques femmes. Et plusieurs ont menacé de rejoindre Rome si leur Eglise passait outre leur opposition.

Difficile pour une Eglise de Rome en difficulté de ne pas voir là une opportunité. Dans un monde occidental marqué par la déchristianisation, l'église catholique semble avoir choisi de réunir tous ceux qui l'ont quittée à un moment ou l'autre. On a beaucoup parlé des efforts faits pour accueillir les intégristes proches de Monseigneur Lefebvre, mais le Vatican fait également preuve de beaucoup de souplesse lorsqu'il s'agit d'attirer à elle des membres de l'église anglicane. Il accepte des prêtres mariés (mais oui!) et les laisse conserver leur liturgie.


Ces "nouveaux catholiques" se rapprochent de l'église de Rome parce que celle-ci, justement, résiste au monde. Se plier aux désirs du monde, se moderniser serait ruiner cet avantage stratégique. Jean-Paul II l'avait compris, sans doute à l'instigation du futur Benoit XVI qui poursuit inlassablement cette politique au risque de choquer tout ce que le monde catholique compte de modernes. Au delà des valeurs il y a une logique institutionnelle à cette crispation identitaire de l'Eglise catholique.

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