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Top albums 2012 : Jeremy’s Playlist

Publié le 28 décembre 2012 par Swann

- « Hey Swann, si t’avais Jane Birkin en ligne dans 5 min, t’aimerais lui poser quoi comme super question ? »
- « Tu déconnes, dans 5 min là ? »
- « Non, enfin demain. Je me disais que t’avais peut-être une question que personne n’aurait… »
- « Ouai, faut réfléchir. Tu sais sa fille Lou, j’ai adoré Places, son album, bla bla bla bla bla bla.  Bla bla bla bla  bla bla bla. Au fait c’est quand que tu m’envoies enfin tes gribouilles pour rock’n'fool ? »
- « Oui, euh, carrément, tu sais j’y pense… »

J’y ai même trop pensé. Enfin j’y pense et puis j’oublie. Ritournelle qui dure depuis trop longtemps. Et qui fait mal au crane. Un jour elle risque de tirer la tronche Swann. Place aux résolutions pré-2013. Gratter un truc, histoire de. Histoire d’honorer mon contrat moral  avec « la boss ». C’est pas les idées qui manquent pourtant. La fin approche. Coup d’œil dans le rétro. Si j’avais écrit un truc en 2012 sur le site, c’est de CE groupe LA que jaurais parlé ou bien de CE concert. Bref un top 10 de mes albums-artistes 2012 fera bien l’affaire. C’est de saison en plus. Sauf que…

Sauf qu’à bien y réfléchir, ce sont des albums sortis en 2011 qui ont abusivement squatté mes oreilles de 2012.  Pas grave, l’exercice sera plus facile que prévu. Ou pas.

10. DEFTONES – Koi No Yokan
Parce que des fois l’acnée revient à grand pas. On est vraiment pas à l’abri d’une poussée. C’est probablement l’un des derniers vestige de cette époque. Cette époque ado-cheveux-longs-gras-converse-voix-qui-mue-casse-couille-rebelle-à-deux-balles-appareil-dentaire, où  il était de bon ton d’écouter Korn, Limp Bizkit et consorts… Deftones était différent. Vraiment. Et depuis, le groupe l’a largement prouvé. Quand les mélodies sont belles et enivrantes, on reste accro. A vie.

9. PLANKS – Funeral Mouth
Méchante claque que je n’ai pas vu venir.  Pourquoi arborer un sourire malicieux, dents serrées, lorsque les allemands de Planks usent indigestement du double pédalier à la batterie. Plus qu’à sortir les cornes du diable et le tour serait joué. J’avais fait une croix sur les signes de ralliement métalos depuis des années.  Et pourtant ça a fait son effet. Planks joue à l’équilibriste, n’a pas trouvé son camp entre stridences black-métalisées et chape de plomb post-hxc. Ils sont pourtant trop nombreux ces groupes sans racine. Et si Planks mène la barque, c’est parce chaque note, chaque rythme trouve sa place au sein d’un morceau. Subtile architecture, et qui respire en plus,  à écouter tout au long du disque.

8. GODSPEED YOU ! BLACK EMPEROR – « Allelujah ! Don’t Bend ! Ascend ! »
Dix ans putain ! Longue attente pour enfin savourer quatre nouveaux titres des canadiens.  Houa !!! Ça fait un bien fou, nom de Dieu ! J’vous jure ! Plus qu’à fermer les yeux et se détendre. Le temps n’a plus d’importance maintenant…

7. DEATH TO PIGS – Live at Karachi
Noise, post-punk ou ce que vous voulez. Quand on a goûté aux nancéens de Death to Pigs, à leurs prémices dans les 90 (quand vous lisez ça rime, si si), impensable de ne plus écouter leurs disques.  Ils ont un vrai savoir-faire ! C’est aujourd’hui une institution, une curiosité locale en Lorraine. Là où ils passent, ils marquent. Et nos oreilles trép-(je vous laisse faire la rime). Le guitariste Pavel est parti. Exit la no-wave tout azimut. Re-boujour les morceaux aux constructions plus faciles (encore que…).  Atmosphère, atmosphère… Un vrai terrain de jeu pour ces terroristes du son. Live at Karachi ? Non. Rien, Tant pis.

6. JOIE DE VIVRE – We’re All Better Than This
Parce qu’ils prouvent toujours avec autant de conviction que même au fond du trou, rien n’est perdu. On a jamais été aussi joyeux que d’entendre pleurer le groupe. Joie de vivre ne révolutionne pas le genre. Mais ça, on s’en moque bien. Indie-rock, émo et trompette, c’est tout ce qu’on leur demande.

5. LES THUGS – COME ON PEOPLE !
Ok, c’est un peu de la triche. Ce n’est pas forcément un disque à part entière. Et puis, ce qui m’a touché c’est surtout le documentaire enfin sorti physiquement. Ça faisait deux  ans déjà qu’il tournait sur la toile. Le groupe d’Angers Les thugs est un groupe C.U.L.T.E. Entendez par là que le succès rencontré en France est inversemment proportionnel à leur renommée vu de l’étranger. L’aventure commence pour eux en 1983. Dix ans plus tard, ils sortent l’album « As Happy As Possible » chez Sub Pop, mythique label de Seattle dénichant Nirvana, Soudgarden ou encore Dinosaur Jr. En 1999 tout s’arrête pour les Thugs. Ils ressucitent en 2008 à l’occasion d’un « No-Reform Tour » pour célébrer les 20 ans de Sub Pop. Outre cette date aux USA, une mini tournée a lieu en France. Et COME ON PEOPLE ! en est le témoignage. Un double DVD-CD avec aussi deux lives complets, l’un vidéo, l’autre sonore. Le documentaire retrace l’épopée du groupe. Et ça fait franchement du bien de le voir ce docu. Les thugs, un groupe simple , honnête et aussi joyeux que possible.

4. FOREST POOKY – Every key hole has an eye to be seen through
Pas un inconnu de la scène indépendante française ce Forest Pooky. A tel point que s’il est en galère pour une date, il est rare qu’on lui refuse l’entrée d’un bar ou autre caf’conc. Parce que Forest Pooky se vit en live. Seul avec sa guitare et ses titres folk-punk, il déploie une sacrée énergie le barbu. Il a du coffre, avec sa forte voix il nous fige. Quand il joue en live, c’est comme s’il se pointait jouer dans notre piaule lors d’une pyjama-party. On partage un truc, c’est intense et ça peut partir en cacahouète à tout moment. Il a sorti, enfin, son premier véritable album. A écouter sur scène !  Pour la vidéo, le titre est extrait du 1er EP paru en 2010.

3. CONVERGE – All we love we leave behind
Musique de grosse brute Converge ? « Non, ça va bien au delà. Ce n’est surtout pas que ça. C’est avant tout une histoire de sensibilité… »  L’exercice consistant à défendre un de ses groupes favoris devant des oreilles non initiées est comparable ni plus ni moins à un suicide social. Le style musical de Converge n’a pas de nom. Depuis Jane Doe, paru en 2001, chaque nouvelle épreuve du groupe de Boston est attendue comme un cadeau de Noël sous le sapin. Ça pique autours, et une fois l’emballage viré, ça fait tout chaud au cœur !

2. OLIVIER DEPARDON – Un soleil sous la pluie
La voix, les textes et la guitare de Virago. Les trois-là m’ont dépucelé. Début 2000, sortie du 3e et dernier album du trio de Grenoble. Dans la track-list, un titre fera la BO du film Baise moi. 2002: Virago s’arrête. Quel gâchis ! Avec eux jouer du rock et chanter en français était devenu possible. Plus obligé d’écouter (les excellents) Noir Désir pour être rassasié.  Plus obligé de se farcir à la radio et dans les fêtes de villages ses mauvais-duplicatas. 2012, Olivier Depardon sort son propre album. Ça sonne Virago, mais ça ne l’est pas vraiment. Olivier Depardon chope des cheveux blancs, sa musique aussi. Elle a mué. Elle a du souffle. Olivier Depardon donne de l’âme à la tension. On le redécouvre avec une exquise curiosité.

1. SUIS LA LUNE – Riala
Suis la lune est LE groupe de l’année pour moi. Les suédois jouent du screamo à l’ancienne, celui qui a bercé mes oreilles de jeune étudiant. Celui qui m’a fait aimé avec rage et désespoir la mélodie, l’ivresse des sensations. Ok, ça reste conceptuel, mais je me comprends. Il y a quelque chose de très spontané et naïf chez Suis la lune. Dès son 1er disque, le groupe faisait penser aux regrettés Saetia. Aujourd’hui je ne suis plus seul à le penser, d’autres l’ont écrit. Et c’est tant mieux ! Ce 3e opus des suédois, Riala est celui de la reconnaissance. D’habiles copistes, ils sont aujourd’hui référence. Témoin d’un certain temps, Suis la lune en a saisi l’essence pour développer un style régénéré: le leur.


Fin de l’exercice.
Hey Swann, t’as vu ? J’ai enfin écrit pour rocknfool. Et avant le 1er janvier 2013 !!!


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