Magazine Asie

La claque made in Corée

Par Unionstreet

La claque made in Corée

Le cinéma coréen, encore et toujours, bouleverse par son inventivité, et ce depuis plus d’une décennie, et parvient à grappiller des places dans le roster hollywoodien. Kim Jee-Woon et Park Chan-Wook feront cette année, leurs débuts américains avec respectivement »The Last Man Standing » et « Stoker« .

Qui dit cinéma hollywoodien dit contraintes et compromis, qu’adviendra t-il de cette fougue, de ces idées non contenues, déversées et décomplexées ? Retrouvera t-on ces éléments chers au cinéma coréen ?

Le doute m’effleure, la peur aussi. Mon pêché mignon dans ce cinéma, c’est les scènes de claques, de baffes, de pichenettes et d’impacts au visage des plus énervant qui soient. On ne parle pas ici des torrents de poings qui s’abattent jusqu’à déformation, non, non, ici il est question de cette main, qui caresse très lentement ou qui heurte vivement dans un mouvement des plus gracieux et ample qu’il soit : le levé de main.

Outre la claque parentale, la claque n’est plus tout à fait punitive, elle est un catalyseur de l’humiliation, bien plus forte qu’une attaque physique, elle agit directement sur le moral de la personne à tel point qu’après l’impact, la confusion est le sentiment dominant.

▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬

« Interrogatoires où les mains volent et dansent dans un tourbillon sonore de bruits crâniens.« 

▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬

La claque made in Corée
Dans le cinéma coréen, on retrouve cet effet mais la claque est distribuée (généreusement) pour bien d’autres raisons. Il y a tout d’abord les très convenus interrogatoires où les mains volent et dansent dans un tourbillon sonore de bruits crâniens. Ici, l’accusé se voit gratifier de présences palmiques dans le but d’obtenir des informations pertinentes sur un crime dont il est, ou non l’auteur (“The Chaser”, “Memories of Murder”).

Toujours dans la police, le sujet du supérieur hiérarchique, souvent colérique, il s’en prend à ses officiers qu’il juge stupide, lorsqu’il a, par exemple, besoin de se faire répéter. En fonction des situations, il y a contre-attaque ou non. Cas amusant, dans “Public Enemy”, le chef administre une bonne quantité de claques avant que son subalterne ne se lève et ne lui dise que, c’est légèrement agaçant.

De claques en claques, de gestes amples et fermes aux gestes plus relâchés et sournois, la main atteint tantôt le visage où l’arrière du crâne. L’attaque au visage est plus violente, plus agressive, elle est faite pour corriger, assouvir ou violenter la proie (“The Chaser”, “Sympathy For Mr.Vengeance”, “Breathless”). La colère l’emporte. D’autres fois, la claque est juste un moyen de retenir l’attention de son interlocuteur (entres personnages, on ne parle pas du 4ème mur) trop dissipé ou inattentif. Les victimes de ces claques sont souvent les simplets d’une bande, les têtes de turcs (“Mother”).

La claque made in Corée

La claque comme seule échappatoire à une violence et une colère contenue, si bien montré dans “Sympathy For Mr.Vengeance” lors d’une scène de règlements de comptes où le dominant ne parvient pas à exécuter une vengeance plus dure, plus violente et meurtrie et où il se contente de le mitrailler de baffes faciales. Parfois la répétition du contact atteint le sang et la coulée est lente et l’humiliation exponentielle (« The Man From Nowhere« ).

Les femmes sont rarement des victimes (sauf dans “Plastic Tree”) et dans un même film, le rôle de claqué et de claqueur s’inverse, soit avec les mêmes interlocuteurs soit par l’introduction de nouveaux personnages. Le claqueur devient claqué et humilié face à son claqué.

De manière générale, le cinéma asiatique est pourvoyeur généreux de l’humiliation, ici la claque en est le principal catalyseur. Il existe d’autres types d’humiliations dans le cinéma coréen, comme dans le cinéma de Kim Ki-Duk, par exemple.

Parfois superbement mise en scène (la scène de la première prostitué de “The Chaser” et ses claques à répétition, la claque à intervalle régulier dans une tasse tournante de “City of Violence”) ces claques sont précédées d’une attente, un moment intense qui construit toute la scène suivante, l’impact n’est plus important, seul l’avant et l’après compte.

Si vous n’êtes pas familier avec les claques coréennes, je vous suggère vivement de faire un tour sur la chaîne Youtube de Coolestmovies (en faisant bien attention de ne pas vous gâcher les films) ou de vous procurer un large panel de films coréens (recommandé).

Alors, et vous, c’est quoi votre claque préférée ?


Vous pourriez être intéressé par :

Retour à La Une de Logo Paperblog

Ces articles peuvent vous intéresser :

Ajouter un commentaire