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Changement de vie radical: retour métropole mercredi!

Publié le 10 février 2013 par Theworkingmum

Il y a des articles difficiles à écrire. J’ai du commencer celui-ci il y a plus de 3 mois! J’ai repoussé à chaque fois sa rédaction, je réécrivais sans cesse les mêmes paragraphes, mes idées n’arrivaient pas à être claires, à s’enchainer facilement… Bref, j’ai galéré. Quand je regarde le calendrier, je me dis qu’il faut que je me dépêche et tant pis si cet article ne peut refléter correctement mon ressenti.

Car voilà le scoop, oui un scoop!! Oui, je vous l’annonce: nous avons décidé de fermer la parenthèse de l’île de la Réunion. Une parenthèse d’un an et demi. On le savait que c’était une parenthèse, qu’on irait ici mais pas forcément pour la vie, et pourtant le futur m’effraye un peu tant il est plein d’incertitudes!

Certes, vivre à la Réunion présente beaucoup d’avantages: le soleil toute l’année, une vie à la cool (même la province de métropole est sans doute plus dynamique! Je dis ça mais je ne travaille pas à la capitale…), une vie dehors toute l’année (je ne regarde plus la météo) et toujours en short (ou en couches :-) Un budget fringues tout petit)- enfin surtout si vous habitez à l’ouest de l’île. C’est une terre idéale pour randonner, pour s’évader rapidement, la mer n’est jamais loin, les montagnes et leur fraicheur non plus. Avec un peu de chance, vous croiserez aussi des baleines, dauphins, tortues… Bref, je ne vais pas prendre le rôle de l’office de tourisme mais elle vaut le coup cette île!

Plage de Boucan Canot

Plage de Boucan Canot, sous le parasol, c’est nous!

Une année et demi idéale pour bébé, arrivé à 3 mois, qui s’est bien activé chaque jour sur le sable, dans les jeux aux parcs ou dans l’eau, à éviter les bactéries de l’hiver rude de métropole (que quelques rhumes à son actif dont certains à cause des dents)…

Une année et demi idéale aussi pour moi (parce que même en tant que maman, tu penses aussi à toi), à profiter aussi de tout cela: soleil, plage, vie cool et au vert… Sur Paris, il est certain que je ne l’aurais pas aussi bien vécu. Heureuse d’avoir fait cette pause professionnelle qui me comble à être au quotidien avec ma fille. Du temps pour moi enfin, du temps pour faire du sport, pour retrouver mon corps de femme (sans les seins) grâce au sport: le footing sur fond de coucher de soleil, y a pire hein!!??

Une année et demi idéale pour le travail de super-papa-chéri qui est marin. Un travail dans le tourisme maritime qui lui a permis d’être présent chaque soir (versus de longs embarquements) et profiter de sa fille qui a bien évolué en 18 mois!!

Piton Maido de l'ile de la Réunion

Piton Maido de l’ile de la Réunion, une des plus belles vue de l’île

Mais voilà, il y a aussi des inconvénients: il faut toujours être épilée (ohh je blague là, enfin… vive le budget poils!!). Sérieusement, les inconvénients, il y en a partout. Ce n’est pas le lieu qui fait les inconvénients mais la routine qu’on a partout malheureusement. C’est une des leçons que j’ai apprise avec ma vie d’expatriée. On ne fuit pas une routine par un déménagement, c’est un leur. Pire même, loin, vous ne pouvez demander de l’aide à personne, il faut tout recommencer. Il y a une transition difficile à passer: trouver des nouveaux repères, refaire son carnet d’adresses de bons plans, constituer un réseau social… D’ailleurs, j’avais sous-estimé le besoin de copines. Je me disais: j’aurai bébé à gérer, plus le temps de sortir, tout gérer à la maison car super-papa-chéri a de grosses amplitudes de travail (7H-20H, 6 jour sur 7) mais ne parlez qu’à bébé… Non. Pas possible. Heureusement, je me suis vite activée de ce côté là. J’ai fait quelques piques niques organisés entre expatriés, ça a accroché avec certaines et hop, un noyau était créée. Aux lieux d’accueil parents-enfants, pareil: entre mamans en congés parental on s’est vite repérées, second noyau créé. Il ne faut pas être prêt à tout pour retrouver un réseau, ce n’est pas parce qu’on est expat que ça y est, des tas de points communs surgissent. Avec mes 2 groupes de copines, j’ai pu à nouveau me confier au quotidien, faire des sorties, parler de nos mecs (ben ouais aussi :-) même si on parle plus bébés!)

Me voilà donc heureuse avec bébé et des copines avec qui partager mes activités et un chéri qui rentre tous les soirs. Pourquoi alors rentrer?

Tout simplement, nous n’avons pas le coup de cœur pour rester ici. J’ai apprécié cette année et demi parce que je savais qu’elle n’aurait qu’un temps. On peut paraître exigeant, oui nous le sommes. La mer est à 500 mètres et la montagne à 1 heure mais tu n’as pas toujours le temps d’en profiter. Concrètement, on pensait profiter de la mer et de la montagne dès qu’on le voulait, facilement. A Paris, on en rêvait, on avait hâte de cette proximité. Oui au départ, nous avons été dans la frénésie. En un mois plus de 4 000 km parcourus! Mais à la longue, super-papa-chéri a été plutôt usé par son travail (rappel: 6 jours sur 7 et de 7H à 20H et donc le jour de congés a été dédié au repos). Oubliées randonnées, finis les week-end (avec un seul jour de congés…). Le travail ici de super-papa-chéri ne lui permet pas d’avoir une vie de famille épanouie, de passer du temps avec sa fille (10 minutes le matin et 1 heure le soir) et d’avoir du temps pour lui (et pour moi? aux oubliettes!). Ses jours ne sont jamais fixes en plus et nous avons son planning le mois sur l’autre. Finalement, prendre des vacances pour randonner est l’option que nous ferons à l’avenir.

Avec ce travail très prenant, peu de temps pour nous, pour partager des activités ensemble, pas seulement avec bébé mais tous les deux et même si nous avons trouvé un super baby-sitter, on n’en est arrivé à une situation parfois sur le fil du rasoir. Je me suis retrouvée à tout faire dans la maison car super-papa-chéri n’avait plus le temps de rien, même plus de temps pour lui, comment aurait-on fait si j’avais travaillé? J’ai peur de la réponse parfois! Je me suis retrouvée à éprouver de la solitude, à me sentir mère célibataire à cause de ce travail plus que prenant où je ne pouvais pas compter sur lui. Bref, heureusement, nous avons su discuter et trancher. Vous l’aurez compris ce mode de vie n’est pas durable à la longue nous concernant.

Il y a aussi une culture à laquelle il faut s’acclimater. Sans être raciste et ouverte même, je n’accroche pas avec les us et coutumes (musique, culte….). Pour moi c’est essentiel de ne pas arriver comme en terrain conquis (si tu comprends l’image!). Sans doute qu’être parisienne n’aide pas mais les activités proposées sont moindres et parfois j’ai le sentiment de tourner en rond (choix d’artistes au théâtre, activités couvertes, salons et foires…).  Il faut aussi rappeler que tout est plus cher: 60% de plus. Je n’apprécie pas payer plus pour des produits de moindre qualité (car 60% de plus pour les premiers prix!) et au passage, non, les salaires ne suivent pas automatiquement!

Au marché de Saint Paul, cote Ouest de l'île

Au marché de Saint Paul, cote Ouest de l’île

L’éloignement avec la famille compte aussi. J’ai été habituée à voyager plusieurs fois par an et j’adore cela: découvrir d’autres pays, d’autres cultures… Quand tu es expatrié, tu voyages en métropole pour aller voir la famille. Ce n’est pas du tout mon objectif! Sans habiter forcément juste à côté, le train est préférable niveau budget et temps de trajet. Nous n’excluons pas de nous installer en Province car j’apprécie le vert vs le gris du béton parisien.

J’ai adoré cette expérience même si tout n’a pas été rose mais c’est comme partout: il y a des hauts et des bas. Je me sens forte, fière de l’avoir faite, réussir à quitter tous les repères parisiens, cela donne d’autres envies, d’autres idées, cela me montre qu’on peut changer de vie si on le souhaite, tout n’est pas gravé. Même si je veux la refermer cette expérience, je suis triste et nostalgique un peu… Faire quitter tous les repères de ma fille, ses copains… Comment va-t-elle le vivre? Vais-je comprendre si cela ne va pas? Je vais avoir un réseau de copines maman à recréer encore, réinscrire si possible ma fille à la crèche car elle se plait en collectivité… Encore beaucoup de questions même si on avance dans nos projets de vie, à formuler nos envies…. J’ai hâte de ressentir un jour ce sentiment d’accomplissement « c’est là que je veux vivre » parce qu’on est tous bien, qu’on a trouvé note équilibre, d’ici là, retour en métropole mais où? Pour combien de temps?

La suite au prochain épisode!

Etre parent c'est au final beaucoup de questions!

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