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Amour et vitriol

Par Jrb

Ça commence comme un Vaudeville, avec mari volage, femme trompée et maitresse à proximité, mais ça finit en tragédie. En effet, le 28 rue Affre connaît une bien triste affaire le vendredi 7 juillet 1916 au matin, alors que vers l'Est la guerre gronde : "Le drame du vitriol".

Amour et vitriol

Extrait du journal La Lanterne, édition du 7 juillet 1916

Une habitante du 28, une dénommée Marie Aubert, trente ans, soupçonne son époux Gabriel, avec qui elle tient un commerce de vins et charbons dans l'immeuble, d’infidélité avec une de leur voisine. Elle ne compte pas laisser impuni son mari volage. Profitant que  ce dernier, qui travaille aussi comme chauffeur à la compagnie du Nord, dorme au retour de son service, elle lui déverse sur le visage le contenu d'un bol de vitriol.

Amour et vitriol

Extrait du journal Le Temps, édition du 8 juillet 1916

À une voisine croisée auparavant, sans doute entre son commerce et son appartement, Marie Aubert expliqua qu'elle allait donner son déjeuner à son mari en désignant le bol caché sous son tablier. Le malheureux vitriolé a été gravement brulé au visage, au cou, à la poitrine et "même dans la bouche" nous précise le journal Le Petit Parisien dans son édition du même jour. L'homme est emmené dans un état grave pour être soigné à l’hôpital Lariboisière. La "vitrioleuse", Marie Aubert, s'est d'elle-même rendue aux autorités après avoir accompli son forfait.

Amour et vitriol

Extrait du journal Le Petit Parisien, édition du 7 juillet 1916

Deux jours plus tard, Gabriel Aubert (Suber?) décède à l'hôpital Lariboisière des suites de ses blessures.

Amour et vitriol

Extrait du journal L'Humanité, édition du 9 juillet 1916

On ne sait pas si le pauvre homme de trente ans a chèrement payé une réelle incartade à ses devoirs maritaux, ou s'il a fait les frais de la maladive jalousie de son épouse. Ce qui est certain, c'est que le procédé employé par Marie Aubert n'est pas un cas à part, bien au contraire. En effet, le "drame du vitriol" est le titre consacré à ce genre d'affaire. Les journaux de la fin du XIXe et du début du XXe siècle regorgent de "drames du vitriol", des crimes "passionnels" où se mêlent jalousie, aldultère et rivalité amoureuse. Le "drame du vitriol de la rue Affre" n'en est qu'un parmi d'autres. Le crime aussi a ses modes.

Amour et vitriol

Un "drame du vitriol" à la une du Petit Parisien




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