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PLAIES CHRONIQUES: Pourquoi la cicatrisation, parfois, ne vient pas – Nature

Publié le 14 mars 2013 par Santelog @santelog

PLAIES CHRONIQUES: Pourquoi la cicatrisation, parfois, ne vient pas – NatureLes ulcères du pied diabétique entraînent plus d’un million d’amputations par an. Ces ulcères sont douloureux, sont difficiles à cicatriser, plus sensibles aux infections, ce qui, dans près d’un cas sur 2 conduit à l’amputation. Un petit « micro-ARN  », appelé miR-198 pourrait bien être l’interrupteur clé qui permet ou retarde la cicatrisation. Au-delà de l’identification d’un bio-marqueur pronostic de la cicatrisation, cette découverte de l’Institut A STAR de Biologie Médicale de Singapour ouvre une toute nouvelle voie thérapeutique pour la cicatrisation des plaies chroniques, un fardeau considérable tant pour les patients que pour les systèmes de santé.

Ces scientifiques de Singapour, viennent en effet, d’identifier une molécule «  interrupteur  » qui contrôle la migration des cellules de la peau nécessaires pour fermer puis guérir la plaie. Un résultat précieux pour les patients diabétiques mais pour la prise en charge plus générale des plaies chroniques, qui ne guérissent pas ou mettent des années à cicatriser. Ce commutateur et son mécanisme pourrait en effet détenir la clé du développement de nouvelles thérapeutiques permettant de réduire voire même prévenir les plaies chroniques.

PLAIES CHRONIQUES: Pourquoi la cicatrisation, parfois, ne vient pas – Nature
miR-198, interrupteur de la cicatrisation : Il s’agit d’un petit « micro-ARN  », appelé miR-198, qui contrôle plusieurs processus différents qui contribuent à la cicatrisation des plaies, en les conservant «  hors tension  » ou inactivés lorsque la peau est saine. Mais en cas de plaie, la production de miR-198 s’arrête rapidement, ses niveaux chutent, enclenchant alors de nombreux processus de cicatrisation. Ainsi, dans l’ulcère diabétique, miR-198 ne disparaît pas et bloque la cicatrisation de la plaie.

miR-198, un nouveau biomarqueur diagnostique : Cette découverte aura des résultats concrets pour les patients. Moduler l’interrupteur défectueux dans les plaies chroniques en ciblant miR-198 et ses molécules en interaction, permettra de développer de nouvelles stratégies pour le traitement des plaies chroniques.

Un mécanisme complexe : La cicatrisation modulée par miR-198, fait intervenir également la protéine FSTL1 (follistatine-like 1). Les protéines miR-198 et FSTL1 ne peuvent être produite en même temps et ont des rôles opposés: miR-198 (présente dans la peau saine) inhibe la migration des cellules de la peau et la cicatrisation des plaies, FSTL1 (exprimée en cas de plaie) va favoriser la migration des cellules de la peau et la cicatrisation des plaies. Les informations nécessaires pour ces protéines se trouvent enfermées dans un seul « message » produit par la cellule. Un interrupteur contrôle leurs interventions respectives. La peau saine contient des niveaux élevés de miR-198, mais pas de protéines FSTL1. Ces niveaux élevés de miR-198 empêchent la migration de cellules de la peau en supprimant plusieurs gènes nécessaires à différents stades du processus de cicatrisation. En cas de plaie, miR-198 est éteint par un signal qui permet «  l’allumage  » de FSTL1 qui induit alors la migration des cellules de la peau dans la zone à cicatriser.

Un mécanisme défectueux dans les plaies chroniques : Lorsque les scientifiques examinent plus en détail des prélèvements de peau d’ulcère chronique chez des patients atteints de diabète de type 2, ils montrent, que dans ce cas, les niveaux de miR-198 restent élevés et que la protéine FSTL1 est absente. Dans le cas des plaies chroniques qui ne parviennent pas à guérir, ce mécanisme de switch est donc défectueux.

Les plaies chroniques représentent un fardeau de santé publique majeur et cette découverte est la bienvenue dans un contexte de prévalence en augmentation continue avec le vieillissement de la population et la forte hausse mondiale de l’incidence du diabète. Une plate-forme prometteuse, concluent les chercheurs, à partir de laquelle il devient possible de développer de nouvelles thérapies des plaies chroniques.

Source: Nature doi:10.1038/nature11890 online 10 February 2013 See-saw’ expression of microRNA-198 and FSTL1 from a single transcript in wound healing et communiqué A* Singapore A*STAR Scientists Discover “Switch” Critical to Wound Healing

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