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Four à bois ou à gaz ?

Publié le 14 avril 2008 par Philippe Delage

La plupart des poteries mexicaines (pots, jarres, cheminées...) sont cuites dans des fours à bois à une température d'environ 800 degrés. Seule la céramique haute température (1 280 degrés), appelée Grès en France, est cuite dans des fours à gaz. Au Mexique, un four à gaz à un coût de l'ordre de 20 000 euros minimum, ce qui reste inaccessible à un petit artisan, tandis que l'on peut construire un four à bois pour 10 fois moins cher.

Quelques acheteurs étrangers possèdent leur propre atelier et four à gaz, comme ce sera le cas bientôt de Decomex mais en attendant, il faut bien sélectionner ses fabricants, ce que ne font pas toujours mes concurrents. Ce n'est pas une critique mais une réalité car je suis moi aussi passé par là. Il y a donc très peu de fours à gaz pour la terre cuite, ils sont moins de 3 sur toute l'agglomération de Guadalajara et travaillent uniquement pour l'exportation sans faire de publicité locale.

Dans un four à bois, on place les poteries sur la partie haute et on charge le feu par le dessous. La chaleur et les flammes montent à travers un quadrillage de briquettes et chauffent les poteries. Le toit (dessus du four) n'est couvert que par une tôle qui laisse s'enfuir la chaleur. Le problème est qu'il faut maintenir cette chaleur constante tout au long de la cuisson. Les fours à bois étant réalisés en petites briquettes rouges, il est courant, au fil du temps, de voir des briquettes se fendrent ou laisser des trous se former et ainsi laisser passer la chaleur au travers. Le premier problème est la qualité de la terre qui doit bien être malaxée. La technique traditionnelle se fait à la main, ou plutôt aux pieds, les nouvelles techniques incluent des broyeurs électriques de forte puissance. Le second problème vient du four lui même et son entretien et le troisième problème vient de l'enfourneur. Il faut qu'il soit présent parfois des heures devant le feu, à l'affût de la moindre baisse de température, sans charger de trop non plus. Les cuissons se faisant la plupart du temps la nuit, il est courant que l'artisan, sur un moment de fatigue, quitte son poste pour aller s'acheter quelques bières à la tienda de la esquina et c'est là que le problème arrive, le feu baisse sensiblement, l'enfourneur n'est pas là, quand il rentre il rajoute du bois mais le feu n'est plus maintenu à la même température et la qualité au final risque d'en pâtir. C'est en partie ce qui se passe avec les pots qui éclatent sous la pression, parfois des mois après leur cuisson. Le dernier problème, c'est le gel, la terre cuite étant poreuse, le moindre filet d'eau qui s'infiltre peut faire éclater le pot l'hiver si celui ci n'est pas rentré à l'abri.

Dans un four à gaz, le four lui même est complètement hermétique. C'est une grosse boite bien fermée de tous côtés et accessible seulement pour une porte géante. Lorsque les poteries sont empilées à l'intérieur et la porte fermée, la chaleur monte petit a petit jusqu'à 800 degrés. Elle est maintenue ainsi quelques heures puis on ferme le gaz, la chaleur va baisser tout doucement pendant encore plusieurs heures, sans aucune fuite de chaleur. La cuisson est optimale.

Avec plus de 14 ans d'achats au Mexique, nous avons sélectionné des petits ateliers ayant des générations d'existence. Certains malaxent encore la terre cuite aux pieds, d'autres possèdent des malaxeurs électriques tandis que nos cheminées braseros sont cuits dans un four à gaz, offrant ainsi la meilleure qualité qu'il soit possible de trouver au Mexique.

Bilan. Si l'on cuit au bois, il faut un four bien entretenu et un enfourneur sérieux. Si l'on cuit au gaz, plus de problèmes.


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