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Détournement de la Canebière: quand la ville brouille nos perceptions

Publié le 29 mars 2013 par Modandwa @modandwa

Après New York et le MoMa, nous voici de retour en France, dans la ville capitale européenne de la culture pour cette année 2013.

Détournement de la Canebière

 Ce détournement de la Canebière est la pierre inaugurale du festival Métamorphose qui invite artistes contemporains et architectes à repenser la dialectique si fragile entre ville, urbanisme et art contemporain.

Inauguré début janvier sur le Palais de la Bourse cet étonnant trompe l’oeil monumental créé par Pierre Delavie et mis en scène par Athem, a lancé les festivités autour de Marseille-Provence 2013 et assuré le rapprochement initié dans ce cadre entre culture et économie.

Percant le Palais de la Bourse d’une perspective sur la Canebière, l’illusion créée par cette immense toile imprimée est  renforcée par un véritable souci du détail; une partie du décor est ainsi mise en volume, troublant notre capacité à distinguer le vrai du faux, dans cette façade néoclassique du XIXème siècle : corniches et sculptures, encerclent cette perspective filante sur le boulevard emblème de la cité phocéenne à la manière d’une mise en abîme théâtrale.

Invitation à la rêverie, cette mise en scène poétique interloque.

« Mémoire ou poésie de l’instant, une brèche s’ouvre dans la certitude de nos architectures mentales »

Surprenant le passant dans ses déambulations en troublant ses sens, en lui faisant perdre ses repère mentaux, il l’invite à s’arrêter un instant dans sa course quotidienne, devant un bâtiment  banal, qui fait partie de son champ de vision quotidien et a pleinement intégré sa géographie cognitive.

« Le plaisir peut s’appuyer sur l’illusion, mais le bonheur repose sur la réalité » Chamfort

Immeuble déformé par Pierre DelavieC’est bien là l’un des points forts de cette oeuvre, un trompe l’oeil qui loin des évasions fantasmagoriques habituelles, n’invite pas à échapper à une réalité banale, mais à pleinement redécouvrir la beauté de la ville, à se la réapproprier. Il ne s’agit pas ici ni de sublimer, ni de transcender la réalité, mais de s’y confronter de façon crue, afin de s’y plonger avec délice.

Qualifiée par les Inrocks de spécialiste international du « mensonge » urbain pour son travail sur Lille 3000, l’artiste Pierre Delavie par ses mises en scène grandioses a l’habitude de se jouer de nos perceptions. Qu’il s’agisse, avec Athem comme comparse, de ramollir un immeuble haussmanien ou d’enfouir une aile de Versailles sous la végétation, ces oeuvres monumentales sont autant de surprises visuelles réjouissantes, pieds de nez à notre « paresse ophtalmique ».


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