Magazine Culture

Le lotus bleu

Publié le 26 avril 2013 par Wtfru @romain_wtfru

photo_1366954908610-1-0

Le président français a entamé hier une tournée chinoise en bon voyageur représentant placier (VRP).  Il nous aura heureusement épargné la marinière sous sa veste de costume noire. Noir comme l’avenir de l’Europe du XXIème siècle si les accords commerciaux entre Pékin et Paris virent au fiasco. Bon, une chose est sûre, il est parti pour négocier pour sa gueule et accessoirement la notre : soyons-clair, l’heure d’un grand projet sino-européen n’est pas vraiment à l’ordre du jour. D’ailleurs, qui aujourd’hui voudrait négocier avec l’Europe un accord de libre-échange ? Les Etats-Unis pardi ! Ne nous demandez pas pourquoi, les cain-ri ont toujours tout fait à leur manière de toute façon. Leur dernière perle est d’avoir réussi à trouver un terroriste à la fois, musulman, tchétchène (ex-URSS) et nous allons évidemment découvrir demain qu’il a une mère nord-coréenne, un cousin syrien et qu’il est patron d’un cartel de drogue mexicain favorable au régime cubain. Alors oui, un accord de libre-échange USA-UE est absolument envisageable, toutes proportions gardées.

Bon, ils ne sont pas si ahuris que ça et ont entamé leur programme « pivot » vers le pacifique depuis la première investiture de Barack Obama. Pour ceux qui en doutent encore, la terre est ronde et il suffit de regarder un planisphère américano-centré pour saisir que le potentiel à la gauche des States est plus important qu’à droite. Le risque de placer la Chine en tant que leader et de la tenter d’abuser de sa deuxième position au niveau mondial est élevé, alors autant essayer de se rabibocher avec ses cousins attardés européens pense l’administration américaine.

Pour en revenir à François le français, il a été accueilli chez le dictateur avec les honneurs alors qu’ils avaient réceptionné avec horreur celui qui a accueilli le libérateur (Nicolas Sarkozy avait reçu le Dalaï Lama en 2008). La Chine observe d’un œil très attentif les réactions européennes face au projet transatlantique de collaboration, et attendra de voir ce qu’il en ressort pour décider de la porte par laquelle elle va pénétrer le marcher. Les leaders d’un projet politique en panne tentent l’impossible pour garder la face et éviter l’échec cuisant au risque de se trouver au rang d’observateur d’une planète où le pacifique serait devenu le terrain de jeu préféré des investisseurs.

Cet accord transatlantique est l’une des priorités de l’agenda américain relativement ambitieux puisqu’il s’agit de convaincre 27 indécis d’adhérer à un projet qui permettrait de réunir autour de la même table 50% du PIB mondial et d’éviter que la Chine n’en fasse qu’à sa tête. En Europe, chacun reste un peu en retrait et avance à pas feutrés puisque la prise de risque est énormissime : nous risquerions de nous retrouver avec du bœuf stéroïdé dans nos assiettes, des OGM pleins le frigo et 4 iPhone par couple.

L’enjeu est de trouver la manière dont la puissance chinoise pourra être insérée dans un ordre mondial en transition – ou par où la Chine décidera-t-elle de s’insérer, tout dépend de point de vue. Le commerce et la sécurité vont de pair. La France, aussi bien que l’Europe d’ailleurs, n’a ni les moyens ni l’ambition de devenir acteur stratégique en Asie-Pacifique, le terrain y est déjà occupé par beaucoup plus robuste qu’eux. Il s’agit maintenant de décider et non plus de se blottir dans des ambigüités, le séjour en Chine de François Hollande en est l’occasion rêvée. 


Retour à La Une de Logo Paperblog

A propos de l’auteur


Wtfru 11406 partages Voir son profil
Voir son blog

Magazine