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La véritable histoire de Moa Bora à Phnom Penh

Publié le 29 avril 2013 par Cambodiaexpat @Cambodiaexpat

La presse recèle d'articles très intéressants et révélateurs de la " vraie vie ". Au Cambodge, où les medias sont encore en train de chercher leur liberté, la presse écrite sort son épingle du jeu avec quelques quotidiens à peu près indépendants tels le Phnom Penh Post et le Cambodia Daily. Le problème est malheureusement dans le lectorat : le taux d'analphabetisation est proche de 50%, et les cambodgiens qui savent lire se trouvent plutôt dans les villes, qui ne rassemblent que 20% de la population.

Cette partie " privilégiée " par rapport aux autres a donc pu lire l'article reproduit ce dessous, paru à l'origine dans le Phnom Penh Post en anglais puis dans Courrier International en français.

Une très belle histoire que celle du combat de l'inlassable Rithy Panh, autrement connu pour ces livres comme " l'Elimination " ( article ici, et en vente ici) et pour son combat pour la mémoire du peuple cambodgien.

Aujourd "hui, il part montrer comment vivent beaucoup de cambodgiens, avec 1 dollar par jour.

Découvrez l'histoire de Mao Bora, le " ministre de la papaye ", vous serez bluffé.

Et vous, seriez capable d'en faire autant ? Une véritable leçon d'humilité que la pluaprt des touristes feraient bien de s'approprier avant de s'apitoyer devant ce qu'ils appellent les " pauv' gens tout d'même ".

Plus d'infos sur : http://www.onedollar.bophana.org/

La page Facebook consacrée au projet : https://www.facebook.com/onedollarwebdoc

Comment vit-on avec un dollar par jour ?

Raconter le quotidien de ceux qui gagnent quelques dollars par jour, c'est l'ambition d'un webdocumentaire participatif proposé par Rithy Panh. Avec l'envie de développer une plateforme libre de droits accessible aux journalistes citoyens des pays en développement.

A la fin de la journée, Moa Bora, vendeur ambulant de Phnom Penh, calcule ce qu'il a gagné en vendant des mam [papayes fermentées] sur sa moto. Sur 20 000 riels [3,8 euros] de recette, il ne lui en reste plus que 5 000 une fois les frais déduits. " Même si je travaillais dix ans, je ne pourrais même pas m'acheter un pneu de 4 x 4″, observe-t-il dans une vidéo de sept minutes intitulée Le Ministre de la papaye. "Un jour, j'aimerais avoir une charrette avec une vitrine. [...] J'aimerais aussi recruter cinq ou six garçons, qui seraient habillés comme sous le protectorat français : pantalon court, chemise blanche et bretelles. "

Innovateur et bon vivant, Bora est le personnage du premier d'une série de portraits qui sera réalisé à travers le monde et diffusé sur Internet dans le cadre du projet One Dollar. Lancé au mois de mars par le Centre audiovisuel Bophana [un centre de ressources audiovisuelles], ce webdocumentaire vise à présenter sous un nouvel angle l'indicateur de pauvreté de " 1 dollar par jour ". Il s'agit de donner la parole sur ce sujet à ceux qui vivent dans le monde en développement, comme l'explique Damien Sueur, le directeur de production.

Le projet invite les réalisateurs en herbe et étudiants des pays en développement à proposer leurs portraits vidéo. A l'instar du Ministre de la papaye, réalisé par Roeun Narith, ces courts-métrages doivent montrer comment ces personnes parviennent à concilier vie familiale et travail, ce qu'elles peuvent s'offrir en gagnant si peu et, surtout, ce qu'elles voudraient changer dans leur vie.

Le projet a été impulsé par le réalisateur cambodgien Rithy Panh [l'auteur notamment de S 21 ou la machine de mort khmère rouge]. "Il m'a demandé de trouver des gens gagnant un dollar par jour et de faire des documentaires web sur eux ", raconte Damien Sueur. Au moment de leur rencontre et de la conception du projet la crise financière qui menaçait alors la Grèce soulevait dans toute l'Europe des questions sur la relation entre l'argent et le travail. " On entendait parler de spéculations et de déficits de plusieurs millions de dollars. [...] On a voulu revenir à la valeur concrète de 1 dollar. Quel genre de travail faut-il faire pour gagner un dollar par jour ? " poursuit Damien Sueur. Les documentaires doivent traiter le sujet des difficultés quotidiennes des personnages avec un sentiment d'espoir en s'adressant aux Occidentaux.

Selon les statistiques de 2008, quelque 22,8 % de la population cambodgienne vivent avec un dollar ou moins par jour. Pour Damien Sueur, le nombre croissant de réalisateurs de documentaires au Cambodge donne à penser que ce projet peut intéresser les étudiants et les militants des médias cambodgiens. " La jeune génération [...] est passionnée d'audiovisuel, toujours en train de créer pour YouTube à l'aide de smartphones ou d'autres nouveaux médias. Ils sont [aussi] très forts dans le montage de film ", souligne-t-il.

Ngoeum Phally, réalisatrice de 23 ans, travaille déjà sur un sujet. Employée du Centre Bophana, titulaire d'un diplôme en média et communication, elle entend consacrer son portrait à un jeune guide des temples de Siem Reap et lui demander notamment ce qu'il pense de la pauvreté. " Ces jeunes sont très actifs et, avec les 29 000 touristes étrangers quotidiens qu'ils doivent persuader d'acheter des souvenirs, ils ont l'habitude de parler à des adultes. Je pense qu'ils ont un esprit plus ouvert que les autres. Il est important de montrer que la pauvreté ne touche pas seulement des personnes adultes ou âgées, mais aussi des enfants. Pourquoi ne pas leur donner la parole ? "

Le site interactif du projet One Dollar permet aux réalisateurs intéressés de trouver, en un seul clic, des organisations locales pouvant leur fournir une assistance matérielle ou technique. La sortie, en 2014, d'une application One Dollar pour les tablettes et les smartphones promet une démocratisation numérique encore plus poussée. Si la technologie reste inaccessible pour la plupart des personnages des documentaires, elle est à la portée de ceux qui peuvent faire parler d'eux.


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