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Jeudi 30/05/2013 à 20h30, au cinéma Le Zola : Persepolis de Marjane Satrapi

Publié le 11 mai 2013 par Journal Cinéphile Lyonnais @journalcinephil

Dans le cadre de l’évènement Les bobines du sacré  (festival religions et cinéma organisé par l’Institut supérieur d’étude des religions et de la laïcité (ISERL)).
La projection sera suivie d’une discussion sur le thème "femmes et religion" (animée par O. Saaida, université de Lyon)
Le site du cinéma Le Zola : http://www.lezola.com

Persepolis

Persepolis
de Vincent Paronnaud et Marjane Satrapi
Avec Iggy Pop, Gena Rowlands, Chiara Mastroianni, Catherine Deneuve
Animation
USA/France – 2007 – 1h35

Synopsis : Téhéran 1978 : Marjane, huit ans, songe à l’avenir et se rêve en prophète sauvant le monde. Choyée par des parents modernes et cultivés, particulièrement liée à sa grand-mère, elle suit avec exaltation les évènements qui vont mener à la révolution et provoquer la chute du régime du Chah.

Avec l’instauration de la République islamique débute le temps des "commissaires de la révolution" qui contrôlent tenues et comportements. Marjane qui doit porter le voile, se rêve désormais en révolutionnaire.

Bientôt, la guerre contre l’Irak entraîne bombardements, privations, et disparitions de proches. La répression intérieure devient chaque jour plus sévère. Dans un contexte de plus en plus pénible, sa langue bien pendue et ses positions rebelles deviennent problématiques. Ses parents décident alors de l’envoyer en Autriche pour la protéger.

A Vienne, Marjane vit à quatorze ans sa deuxième révolution : l’adolescence, la liberté, les vertiges de l’amour mais aussi l’exil, la solitude et la différence.

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"Subjectif et universel, sensible et profond, d’une grande force et ouvrant de multiples pistes, PERSEPOLIS fait sans cesse le pari de l’intelligence et de la dignité. Gagné, haut la main !" aVoir-aLire.com

 

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A Propos du film

Persepolis est l’adaptation sur grand écran des quatre albums de bande dessinée homonymes écrits et dessinés par Marjane Satrapi. L’histoire de ces albums est directement inspirée de la jeunesse de la dessinatrice. Celle-ci avoue qu’au moment de l’écriture des livres, il a été difficile pour elle de se rappeler seize ans de vie, "avec tout ce que vous voulez forcément enfouir, oublier".

Pour Marjane Satrapi, il a tout de suite été question de faire un film d’animation. Pour la réalisatrice, un film en images réelles aurait fait perdre l’universalité de l’histoire. "Avec les images réelles, ça devient tout de suite l’histoire de gens qui vivent loin, dans un pays étranger, qui ne sont pas comme nous. C’est au mieux une histoire exotique, et au pire une histoire de " tiers-mondiste " ! Si les albums ont aussi bien marché partout, c’est que l’abstraction du dessin – qui plus est, du dessin en noir et blanc – a permis à chacun de s’identifier totalement. Que ce soit en Chine, en Israël, au Chili, en Corée… Cette histoire est universelle. Il ne faut pas oublier non plus qu’il y a aussi dans “Persépolis” des moments oniriques, et qu’on n’allait pas faire tout à coup un film de science-fiction ! Le dessin nous permet de garder une cohérence, une unité. Le noir et blanc – j’ai toujours peur du côté vulgaire que peut avoir la couleur – participe à cela également. "

Marjane Satrapi et Vincent Paronnaud souhaitaient que les dessins de Persepolis soient absolument réalistes. Les réalisateurs ont donc travaillé sur un style visuel particulier le "réalisme stylisé". Pour se faire, ceux-ci se sont inspirés du néoréalisme italien et de l’expressionnisme allemand, mais également de films contemporains comme Les Affranchis dont la réalisatrice souligne "l’énergie du montage et l’utilisation de la voix off".

Les voix des personnages de Persepolis ont été enregistrées avant que le film ne soit réalisé afin que l’animation, les mouvements, les expressions s’appuient sur les dialogues et le jeu des comédiens et des comédiennes. Chaque acteur a doublé son personnage séparément, Marjane Satrapi faisant les autres voix pour faciliter le jeu.
La réalisatrice avoue avoir d’abord pensé à Danielle Darrieux pour la voix de sa grand-mère, " Elle est drôle, intelligente, pleine de fantaisie et de liberté. Elle aime rire, l’absurde ne lui fait pas peur. D’enregistrer les voix avec elle, c’était un très beau moment… ". Marjane Satrapi rêvait de voir Catherine Deneuve doubler sa mère, non seulement celle-ci a immédiatement accepté mais en a parlé à sa fille, Chiara Mastroianni, qui n’a pas hésité à appeler la réalisatrice pour faire des essais. Marjane Satrapi ajoute " Tout de suite, ça a collé entre nous. J’aime sa voix, son talent, sa personnalité. C’est quelqu’un d’incroyable. Nous sommes devenues de vraies amies. On a beaucoup travaillé, on a répété pendant deux mois… C’est quelqu’un qui adore le travail, qui est perfectionniste. Et elle est très généreuse. Elle a suivi toutes les étapes de la fabrication du film, elle est venue nous voir au studio régulièrement… "

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Un film polémique en Iran
La sélection de Persepolis au 60ème Festival de Cannes a soulevé la colère de l’Iran. Le pays ayant jugé le film de Marjane Satrapi trop critique sur la révolution islamique. Dans un courrier adressé à l’attaché culturel de l’ambassade de France à Téhéran, la Fondation du cinéma Farabi (qui dépend du ministère iranien de la Culture) dénonçait la sélection du long métrage à Cannes " Se peut-il que la sélection de ce film ne soit pas à mettre au compte d’un acte politique ou même anti culturel de la part du festival ? ". La polémique a repris de plus belle après l’attribution du Prix du jury au film de Marjane Satrapi, un conseiller culturel de la présidence iranienne a dénoncé un geste d’ "islamophobie" dans cette remise de prix. Persepolis a d’ailleurs été censuré en Iran.

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Récompenses
Persepoli
s, premier film de Marjane Satrapi et de Vincent Paronnaud, a été présenté en Compétition au 60e Festival de Cannes (2007), où il a remporté le Prix du Jury. Une récompense partagée avec Lumière silencieuse de Carlos Reygadas.


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