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Pirates des caraïbes : jusqu'au bout du monde

Par Rob Gordon
Le troisième (et dernier, espérons) volet de la saga Pirates des Caraïbes est une vraie aventure. Pour ses personnages sans doute, mais aussi pour ses spectateurs. Tandis que certains se régaleront devant cette bouillie de n'importe quoi, d'autres vivront un calvaire, le voyage le plus long et ennuyeux qui soit, avec une impression de profonde solitude.
Comme le précédent, ce numéro 3 parle de moins en moins de pirates et de plus en plus de gros monstres. L'occasion pour Gore Verbinski de multiplier les scènes à effets spéciaux, avec des bestioles dégueulasses dans tous les sens, une madame qui mesure brusquement douze mètres, de la baston à tire-larigot... Ce qui est sûr, c'est que le spectateur peu exigeant risque d'en avoir pour son argent : du haut de ses trois heures (oui, trois heures), Jusqu'au bout du monde défie non seulement les lois de la gravité, mais aussi celles de la cohérence. Bien malin sera celui qui pigera un tant soit peu les enjeux du film et les comportements contradictoires des personnages. Bien stupide est celui qui ne se rend pas compte que tous les quarts d'heure les scénaristes changent d'orientation parce qu'ils ne savent pas comment se débarrasser de ce qu'ils viennent de construire.
L'épisode précédent ne brillait déjà pas par sa maîtrise, mais réussissait à se maintenir hors de l'eau grâce à de sympathiques touches d'humour et à ce fameux Jack Sparrow. Ici, malheureusement, ce n'est même plus le cas. Écrit en trois jours sur un coin de table, le film déverse de pleins seaux d'un humour potache franchement navrant, et gâche le joli potentiel de son célèbre héros. Ici, les gags sont remplacés par des effets numériques (Sparrow croit parler avec ses doubles), et Johnny Depp est contraint de verser dans le cabotinage le plus total, celui qui ne fait plus rire mais navre totalement. Quant à Keira Knightley (très bien maquillée) et Orlando Bloom (très bien dans Elizabethtown mais pas ailleurs), ils sont d'une transparence assez incroyable. C'est lorsque le film, à de rares instants, verse dans le comique de situation bien senti, que l'on imagine ce qu'aurait pu être la trilogie si son objectif premier n'avait pas été les dollars.
Le pire, c'est que la séquence placée après le générique de fin (restez, ça vaut son pesant d'or) laisse augurer d'une suite (si on a de la chance) ou d'une nouvelle trilogie. Avec douze mille méchants, quinze milliards de gags éculés et des tonnes de TNT, nul doute que ce cher public devrait suivre. Vivement.
2/10

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